Comment améliorer son sol ?

Publié le par Vavou

Une fertilité réduite du sol se repère aisément : des plantes qui poussent mal, des végétaux parasités, une reprise lente, des récoltes faibles et qui se conservent mal… L’enrichissement du sol en éléments assimilables que l’on appelle fertilisation va permettre de corriger en partie la fertilité mais il n’est pas le facteur prépondérant contrairement aux idées reçues. La plupart du temps, le contrôle de l’humidité du sol, un amendement adapté, associé à un bon travail du sol suffisent à améliorer la fertilité du sol. Cet article aborde les principaux amendements que le particulier peut opérer aisément. Il sera parfois nécessaire de le compléter par une fertilisation au moyen d’engrais.

Palmier, Plantation, Audenge (33) Lucasson 26577 redimensioEpandage d'os broyé à la plantation pour prévenir une carence en phosphore en sols sableux (Photo Vavou)

 

1-Encouragez la croissance des racines

 

Le rendement dépend directement du volume de sol occupé par les racines puis, dans un deuxième temps de la richesse en éléments fertilisants se trouvant à proximité. Les éléments minéraux majeurs, souvent désignés par la première lettre de leurs noms néolatins, sont l’azote (N comme Nitrogenum), le potassium (K pour Kalium), l’acide phoshorique (P pour Phosphorus), le soufre (S comme Sulphur), le magnésium (Mg) et le calcium (Ca). Parmi ces différents éléments, l’acide phosphorique (P) est le plus difficile à extraire car il doit se trouver à une distance maximale de 2,5 millimètres de la racine. Ainsi, une carence minérale observée sur la plante est généralement le signe d’un mauvais développement racinaire et non pas de l’absence de cet élément dans le sol.

Dans certains cas, la présence d’un élément en excès empêche qu’un autre soit assimilé comme le fer en présence de calcium, le magnésium face à un excès de potassium. En sol acide tels que les sols sableux des Landes par exemple, le phosphore est bloqué, c’est pourquoi un apport de phosphore (sous forme de poudre d’os, de plumes ou de scories phosphatées) peut avoir un effet coup de fouet pour stimuler la croissance des racines.

 

1.1 - Une bonne humidité du sol

Pour contribuer au bon développement racinaire, l’humidité du sol est un autre facteur prépondérant car l’eau met en solution les éléments minéraux et stimule la vie microbienne. Attention toutefois aux excès d’humidité qui peuvent nuire à la respiration des racines notamment en sol argileux. Le premier souci du jardinier sera donc de contrôler l’arrosage et le drainage de son terrain. Le choix d’espèces et de porte-greffes adaptés à un sol sec ou au contraire très humide permet parfois de compenser à la marge les défauts d’un sol.

 

1.2 - Un travail du sol adapté

A humidité égale, un sol meuble et pauvre offre un meilleur rendement qu’un sol très tassé et riche. L’infiltration de l’eau dans le sol étant mauvaise, les racines restent en surface. Dans un sol travaillé de façon identique, les racines explorent le sol bien plus profondément en sol pauvre. Il est donc important d’effectuer un bon travail du sol afin de le rendre perméable à l’eau et à l’air d’une part et de ne pas surdoser les engrais, d’autre part.

 

Sol humus et horizon lessivé, Primelin (29) 26496 redimenHumus et 1er horizon (zone noire) explorés par les racines et horizon lessivé (zone claire et caillouteuse) sans racines car très pauvre, Finistère (Photo Vavou)

 

profil de sol 10840 redimensionnerSol podzolique avec horizon humifère noir, zone ferrique orangée quasi imperméable et sable blanc des Landes, Gironde (photo Vavou)

 

Certains sols argileux très compacts ou peu épais du fait d’une roche–mère affleurante, nécessitent un travail très profond, au moyen d’un double labour ou du passage d’une sous-soleuse, pour permettre aux racines de le coloniser. En revanche, un terrain régulièrement travaillé pour le potager ou un massif de fleurs n’a pas forcément besoin d’être labouré s’il ne subit pas de tassements importants.

 

1.3 Amélioration de la porosité du sol

Briser les mottes après labour ne signifie pas que le sol devient plus perméable aux pluies. Un sol possède une structure plus ou moins grumeleuse liée à sa proportion en argile, sable et limon. La structure grumeleuse est recherchée pour favoriser l’aération et la disponibilité en eau et en sels minéraux du sol.

Ainsi des sols argileux qui mettent beaucoup de temps à évacuer la moindre pluie sont amendés avec de la chaux pour l’amener à « floculer » c’est-à-dire à former des grumeaux. On peut aussi envisager d’ajouter du sable grossier de rivière, en grande quantité (un seau par mètre carré) sur de petites surfaces, afin d’améliorer l’aération.

Les sols très limoneux ont tendance à former une croûte imperméable, provoquée par l’éclatement des gouttes d’eau en surface et qui durcit en séchant. L’étalement d’un paillis, des scarifiages ou binages répétés contribuent à éviter la formation de cette croûte dite de « battance ».

 

Sol argilo-limoneux 23642 redimensionnerCroûte de battance sur sol argilo-limoneux  (Photo Vavou)

 

Un compactage du sol en profondeur empêchant l’eau de s’infiltrer est fréquent sous la semelle de labour. Il est lié au passage répété du rotavator ou à la présence d’un remblai. Un décompactage accompagné d’un drainage peut alors s’avérer nécessaire.

 

2 - Les autres améliorations physiques du sol

 

2.1 Les amendements organiques

 

La matière organique contenue dans le sol améliore beaucoup la porosité c’est-à-dire la pénétration de l’eau et de l’air ainsi que sa capacité à retenir l’eau. C’est pourquoi elle très utile aussi bien dans un sol lourd (contenant 25 à 45% d’argile) que siliceux (60 à 80% de sable).

De plus, elle se transforme grâce aux micro-organismes pour constituer une réserve d’humus (matière noire et spongieuse) qui s’associe à l’argile pour fixer les éléments nutritifs. Ces derniers proviennent de la transformation de la matière organique ou des apports d’engrais.

Pour ceux qui ont pratiqué une analyse de leur sol, sachez qu’un taux minimal de 2 % de matière organique est indispensable à la survie de la microfaune. En outre, la présence d’humus noir facilite le réchauffement du sol ce qui accélère la croissance des plantes.

 

 

 Rôles des paillis

 

Paillage, Biganos (33) chez Anita Durassier 39835 redimensPaillis entre plants de légume pour limiter l’évapotranspiration durant la saison estivale (photo Vavou)

 

La pose d’un paillis végétal en surface protège le sol en hiver contre le gel et limite son réchauffement excessif durant l’été. Il faut donc éviter de l’étaler au printemps sur un sol argileux et humide qui aura plus de mal à se réchauffer. La décomposition du paillis, plus ou moins rapide selon son origine, contribue aussi à fertiliser le sol.

 

Contrairement aux engrais, les amendements organiques contiennent moins de 3 % d’azote total et en majorité sous forme organique. Rappelons que l’azote minéral s’évacue rapidement vers les nappes phréatiques contrairement à l’azote organique. Les amendements améliorent l’état physique du sol mais jouent aussi un rôle dans la fertilisation à moyen terme. Même appliqués en quantité, ils ne risquent pas de brûler les racines excepté le fumier frais.

D’origine essentiellement végétale, les amendements organiques sont constitués par les fumiers plus ou moins mûrs c’est-à-dire des excréments mêlés à de la paille, les composts divers (n’utilisez que des composts urbains triés, pour le potager) et le lombricompost. Ce dernier est le plus riche en azote (2,19 %). Tous ces amendements contiennent une petite proportion d’azote minéral dissous et directement assimilable par la plante. C’est pourquoi il est préférable de les incorporer au printemps et à faible profondeur pour éviter le lessivage et ce, de suite après les avoir épandus.

Le fumier de cheval est conseillé en sol argileux et celui de bovins en sols siliceux (sableux). Des sacs de fumier déshydratés sont désormais disponibles en jardinerie.

 

Fumier frais ou mûr ?

 

Fumier frais 15005 redimensionner Fumier décomposé 15102 redimensionner

 

  Fumier frais (la paille est encore reconnaissable) et fumier bien décomposé (photo Vavou)

 

L’apport de matière organique fraîche peut entraîner une consommation excessive de l’azote par les micro-organismes qui la décomposent, conduisant à une « faim d’azote ». Cependant certains végétaux préfèrent ce type de fumier frais comme les fruitiers, la vigne, les cucurbitacées (courgettes, melons, potirons…), les poireaux, les aubergines, les poivrons. La pomme de terre et la betterave rouge vont au contraire demander un compost très mûr.

Par ailleurs, l’emploi d’un fumier mûr permet d’éliminer les parasites et graines de mauvaises herbes du fait d’une élévation de sa température à 60°C lors du compostage.

Dans un sol sableux, il est préférable d’apporter de la matière organique déjà transformée en terreau, qui a mûri plus de 6 mois, pour compenser la faible activité de la microfaune.

 

Quelles quantités d'amendements ?

Cela dépend bien sûr des disponibilités, du coût, des besoins en matière organique du sol et de l’intensivité de la culture. Il n’est pas utile d’amender chaque année toutes vos parcelles si vous pratiquez une bonne rotation des cultures pour répondre aux besoins de chaque plante.

Les sols sableux recevront des amendements plus fréquents mais en plus petites quantités. Un volume de 50 l à 100 l pour 5 m² (une ou deux brouettes), enfoui sur les 30 premiers cm, permettra d’améliorer le sol de façon conséquente. En sol humifère, déjà riche en matière organique, le maintien de la fertilité se fera par de petits apports correspondant à la quantité prélevée par la récolte.

Les amendements organiques apportent aussi du potassium, du phosphore ainsi que des oligo-éléments, indispensables à la croissance des végétaux.

 

 

azote (N)

potasse (K)

acide phosphorique (P)

1 tonne de fumier

5 kg

6 kg

3 kg

1 tonne de compost ménager

(50 % d'humidité)

3 kg

10 kg

5 kg

 

 

2.2 Une carence en chaux

 

Comment la détecter ?

 

Les terrains siliceux (sableux) et surtout humifères sont souvent très acides. La présence de plantes telles que renoncules, carex, fougères, genêts, bruyères, digitales, prêles, ajoncs, pissenlits, oseilles sauvages, ravenelles ou matricaires viennent appuyer ce diagnostic.

 

Les plantes indicatrices

de sols acides (sableux ou humifères)

de sols calcaires

Bruyère, digitale, fougère aigle, genêt, mousse, oseille, prêle, ravenelle, véronique

Bleuet, campanule, chardon, coquelicot, chicorée sauvage, sauges, mercuriales

 

 Sud-Gironde (33) Captieux 42317 redimensionner

Bruyère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Equisetum sylvaticum 13852 redimensionner

 

 

Prêle

 

Papaver rhoeas, Charente (16) Tusson 26192 redimensionner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coquelicot et chardons

 

Carduus, Chardon, Monistrol-sur-Loire (42) Chez Fred 33671

 

 

 

Si la décomposition de déchets végétaux vous paraît longue et difficile, c’est que la vie microbienne est faible du fait de cet excès d’acidité.

Des rendements faibles de cultures de légumineuses (pois chétifs, haricots peu productifs, luzerne malade) et de crucifères (navets creux et durs, choux peu développés…) sont aussi des signes indicateurs.

Si le pH de votre sol n’est pas compris entre 6 et 7,5, les éléments nutritifs sont moins bien absorbés par la plante bien que présents dans le sol. A moins de planter des végétaux adaptés (plante de terre de bruyère ou plantes calcicoles dans le cas d’un pH supérieur à 7,5), il est préférable de rectifier le pH pour cultiver un potager.

 

Pour augmenter le pH

 

Dans un sol acide, de pH inférieur à 6, apportez un amendement calcaire sous forme de dolomie, de calcaire broyé ou d’algues marines (lithothame). Evitez l’emploi de chaux vive ou éteinte qui modifient trop rapidement l’équilibre du sol. N’apportez jamais le calcaire en même temps que le fumier ou le compost ainsi qu’avant une culture de pommes de terre. Faites-le à l’automne si vous épandez la matière organique au printemps.

Ph, Audenge (33) Lucasson 36304 redimensionner

Test d'acidité du sol : un peu de terre dans un tube avec de l'eau, et une bande de papier pH; mon sol a un pH autour de 4-5 , autrement dit très acide (Photo Vavou)

 

En quelle quantité ?

 

Les doses d’emploi pour remonter le pH de 1 unité sont de 15 à 20 kg de dolomie (chaux magnésienne), de 15 à 50 kg de lithothame, de 30 à 80 kg de calcaire broyé pour 100 m² de terrain. Un fractionnement sur 2 années est conseillé, complété par une analyse de sol.

 

Un pH trop élevé (cas des sols calcaires ou salés)

 

Il n’est possible de faire baisser le pH que ponctuellement en apportant de la tourbe, de la vraie terre de bruyère ou du soufre tout en sachant que l’effet sera de courte durée si vous n’isolez pas le trou de plantation. Dans les sols très calcaires (pH supérieur à 8), la culture d’engrais verts et les apports de fumiers corrigent une partie des effets du calcaire ainsi qu’un drainage ou sous-solage. 

 

3 - En résumé…

 

terres argileuses

terres siliceuses

terres calcaire

terres humifères

 (25 à 45 % d'argile)

(60 à 80% de sable)

(15 à 30 % de calcaire)

 (8 à 15 % d'humus)

Fumier de cheval de préférence, (ou autres fumiers, compost, tourbe) en grosse quantité et régulièrement.

Fumier de vache de préférence, (ou autres fumiers, compost) en petites quantités et souvent.

Fumier, compost, engrais vert, en grosse quantité et souvent.

Compost ou fumier en petites quantités, de temps en temps.

Calcaire (calcaire broyé…)

Calcaire (dolomie)

 Bêchez avant l’hiver.

Plantez et semez à l’automne de préférence.

Si acide : dolomie.

Bêchez avant l’hiver

Phosphore (scories, os, plumes) si les racines se développent peu.

.

 

 

Voir aussi l'article : La fumure de fond pour améliorer son sol

 

4- Petites précisions  supplémentaires à propos du pH

 

La profondeur pertinente pour mesurer le pH est celle explorée par les racines : 5 cm pour les radis, 30 cm pour les arbres et arbustes. Dans les deux cas, vous aurez de grandes chances de mesurer le pH d'un seul et même horizon (ou couche) de sol. Chaque horizon (qui peut faire entre 10 et 30 cm) a son propre pH. Dans le cas d'un potager ou d'un jardin, il y a peu de chance que les végétaux descendent au-delà des deux ou trois premiers horizons (c'est-à-dire les 10 à 80 cm). Mais ces différences de pH ne sont pas toujours faciles à mettre en évidence surtout avec des méthodes de mesure aussi simples que celles employant du papier pH.

Pour mesurer des écarts, il faut un ph-mètre. On peut alors constater éventuellement une différence entre horizons mais surtout des variations saisonnières. En effet, le pH d’un même horizon de sol a tendance à augmenter en hiver à cause de la dilution des ions H+ sous l’effet des pluies. Il descend en été suite à la production d’acides organiques due à l’activité biologique importante en cette saison. Mais ces variations saisonnières sont faibles (de l’ordre de quelques dixièmes d’unité ph, voir 0,5 à 1 unité de pH en sols calcaires).

Conclusion : La mesure de pH dans les 10 premiers centimètres suffit pour la plupart des légumes. Autre précision : il convient de diluer la terre et l'eau toujours avec le même rapport, à savoir : 1 dose de terre pour 2,5 doses d'eau de façon à pouvoir comparer les échantillons de sol entre eux et surtout d'avoir une mesure de pH assez proche de la réalité. 

  

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Gaston Parizeau 06/03/2015 18:37

Nous venons de déménager dans une nouvelle maison et voulons bientôt mettons de la tourbe dans le jardin. Évidement nous voulons que le sol soit dans un état optimal pour recevoir la tourbe, mais nous ne savions pas vraiment comment vérifier ceci. Je crois que la première chose que nous allons faire sera de tester le pH du sol, comme explique l'article.

Vavou 06/03/2015 19:09

La tourbe n'est pas considérée comme un amendement car elle ne contient aucun fertilisant. En revanche elle allège le sol (augmente la porosité) et l'acidifie (le pH de la tourbe blonde est de 3-4, celui de la tourbe brune peut varier de 4,5 à 7,5).
Elle a l'avantage d'augmenter la capacité du sol à retenir les engrais que vous pourrez ajouter. Si votre sol est sableux et acide comme dans le bassin landais, cela va augmenter sa capacité à retenir les sels minéraux et l'eau mais ne va pas améliorer la vie du sol. Il serait bon de mélanger la tourbe avec de la terre végétale, du compost ou du fumier en tous cas, de ne pas l'utiliser pure à moins de mettre des plantes de terre de bruyère. Un apport de compost sera quand même souhaitable !
Il est vrai que la tourbe mélangée à des écorces s'emploie très souvent pour faire de la culture hors-sol mais un apport d'engrais est nécessaire.
J'espère avoir répondu à vos questions
Vavou

Lisa Gortler 28/05/2014 15:31

J'ai entendu dire qu'on peut utiliser la chaux agricole pour améliorer les sols lourds. Avez-vous jamais l'essayé ? J'ai des amis qui l'ont fait, ils ont dit que c'était réussi.

http://www.carrieredactonvale.ca/fr/chaux_agricole.html

Vavou 12/06/2014 17:16



Bonjour, 


Excusez-moi pour cette réponse tardive.  


Effectivement la chaux fait floculer l'argile et rend le sol plus drainant. J'utilise de la chaux dolomitique dans mon sol sableux , en vue de remonter le pH, qui permet d'ajouter du magnésium et
qui modifie lentement le pH. Les produits cuits et calcinés trop riches en chaux vives ou éteintes ne sont pas recommandés dans le sol car ils hâtent la décomposition de l'humus et déséquilibrent
le sol. Utilisez des carbonates non calcinés, non traités par une forte chaleur comme la dolomie ou le calcaire broyé et non de la chaux vive agricole. 



trombone 17/02/2011 20:01


je viens d'acheter le Rustica avec calendrier lunaire.Un article de ce document indique qu'il faut prendre les échantillons de terre à 10 CM de profondeur,je viens de lire ci-dessus,qu'l faut les
prendre à 30 cm de profondeur!!! Mes radis ne décendent pas si profondément.QUELLE EST LA BONNE SOLUTION ??? Merci


Vavou 18/02/2011 13:45



Les deux solutions sont bonnes. La profondeur pertinente pour mesurer le pH est celle explorée par les racines : 5 cm pour les radis, 30 cm pour les arbres et arbustes. Dans les deux cas, vous
aurez de grandes chances de mesurer le pH d'un seul et même horizon (ou couche) de sol. Chaque horizon (qui peut faire entre 10 et 30 cm) a son propre pH. Dans le cas d'un potager ou d'un jardin,
il y a peu de chance que vos végétaux descendent au-delà des deux ou trois premiers horizons (c'est-à-dire les 10 à 80 cm). Mais ces différences de pH ne sont pas toujours faciles à mettre en
évidence surtout avec des méthode de mesure aussi simples que celles employant du papier pH. Pour mesurer des écarts, il faut un ph-mètre. On peut alors constater éventuellement une différence
entre horizons mais surtout des variations saisonnières. En effet, le pH d’un même horizon de sol a tendance à augmenter en hiver à cause de la dilution des ions H+ sous l’effet des pluies. Il
descend en été suite à la production d’acides organiques due à l’activité biologique importante en cette saison. Mais ces variations saisonnières sont faibles (de l’ordre de quelques dixièmes
d’unité ph, voir 0,5 à 1 unité de pH en sols calcaires).


Conclusion : pour vos radis, la mesure de ph dans les 5 premiers cm suffit. Autre précision: diluer la terre et l'eau toujours avec le même rapport, à savoir : 1 dose de terre pour 2,5 doses
d'eau de façon à pouvoir comparer les échantillons de sol entre eux et surtout d'avoir une mesure de pH assez proche de la réalité



Marie-Noëlle 01/12/2010 18:58


Je suis ravie de retrouver mes copines jardinautes sur ton blog. J'espère que mon petit billet y est (un peu) pour quelque chose .. lol .. mais c'est avant tout la qualité de tes articles qui les
fidéliseront.
En ce qui concerne ma terre, elle est très acide dans certains endroits, surtout du côté des chênes centenaires mais j'ai aussi une terre neutre et plus lourde près de la pâture voisine. J'ai fait
plusieurs tests dont le résultat est assez différent. Donc, je plante en fonction de mes petites bandes de papier et de l'exposition bien sûr !!
Ce qui me permet de passer des plantes de terre de bruyère aux exotiques sans difficulté. En ce moment, le problème viendrait plus de la météo, hélas !!
A bientôt


Marie-Claude 01/12/2010 07:22


je vais acheter des bandelettes pour tester ma terre.
Comment réalises-tu ton test ? un peu de terre mélangée à de l'eau ?
Peux-t-on avoir de la terre argileuse mais aussi calcaire ?
Merci de tes conseils
MC


vavou 02/12/2010 18:40



Bonsoir,


Il existe des kits en jardinerie qui permettent de tester le pH de la terre avec de l'eau distillée. L'idéal est de prendre des échantillons entre 20 et 30 cm de profondeur, à plusieurs
endroits du jardin, de mélanger puis de tester un petit échantillon dans le tube à essai. On peut aussi n'acheter que le papier pH en utilisant de l'eau distillée (ou déminéralisée), ça revient
moins cher. On laisse reposer puis on trempe le papier pH dans l'eau qui prend une teinte spécifique en fonction du pH.


On peut parfaitement avoir une terre argilo-calcaire, cela caractérise une terre avec une forte proportion d'argile par rapport au sable et  limon d'une part et possédant une quantité
importante de calcaire actif d'autre part.



Capucyne 28/11/2010 09:50


merci pour cet article très complet et intéressant.


Sylvaine 27/11/2010 23:43


Ton article est vraiment très interessant et très riche d'enseignements.
J'ai une terre très calcaire, crayeuse pour être précise, au PH 8,5.Elle est aussi caillouteuse, poreuse et très drainante, le drainage étant accentué par la pente du jardin.
J'ai pris l'habitude de ne pas planter selon mes coups de coeur mais en étudiant les plantes qui pourraient se plaire dans un massif donné, en tenant compte de l'exposition, de la présence ou non
de racines d'arbres et d'arbustes, de la présence d'une couche d'humus en surface ou de terre "brute".
On pourrait penser que c'est un peu frustrant, eh bien, non ! Car des plantes adaptées au même milieu de culture s'harmonisent toujours bien, et elles sont belles et vigoureuses.


Vavou 30/11/2010 10:49



Bonjour,


Merci pour vos commentaires qui m'encouragent dans l'écriture de ces articles.


Il est évident que vouloir à tout prix modifier la nature de son sol ne sert à rien sauf peut-être pour le potager à qui l'on demande un bon rendement et de pouvoir y faire pousser un peu de
tout. L'essentiel est de favoriser la vie du sol en le maintenant couvert autant que possible et la nature fera le reste !