Palmiers au jardin et dans la maison

Publié le par Vavou

 Les palmiers ont toujours fasciné les hommes par leur élégance et leurs usages multiples. Les grands découvreurs du 17e et 18e siècle les qualifiaient « d’arbres les plus utiles au monde ». Dans la Grèce antique, la palme symbolisait la gloire et la victoire, elle représente aujourd’hui la paix dans beaucoup de cultures. Les palmiers constituent l’alimentation de base dans de nombreux pays chauds. Dans nos esprits comme dans nos jardins, ils évoquent avant tout l’exotisme et les voyages lointains. Nous allons donc voir les usages et les variétés qui peuvent orner nos parcs, nos jardins d’hiver et nos vérandas.


Petit air de jungle au détour d’une rue de la Roche-Gageac en Dordogne (24)-Photo VavouTrachycarpus fortunei, La Roche-Gageac (24) 32661 redimensi

 

1-Une multitude d’usages

En Inde, on considère que le palmier Borassus flabellifer connaît 800 usages différents, juste après le cocotier (Coco nucifera) qui en possède près de 1000 ! Pour nous autres, habitants de climats tempérés, c’est la production alimentaire que l’on connait le plus avec la noix de coco, les dattes, les cœurs de palmier (chou palmiste). Mais les palmiers fournissent aussi de l’huile à partir des fruits de l’aouara d’Afrique en particulier, du sucre et du vin de palme issus de la sève, d’autres fruits comestibles comme ceux du palmier de Guadeloupe Erythea edulis

Butia sp, Bayonne (64) 29155 redimensionner

Fruits de Butia, le palmier du Chili dans un jardin de Bayonne (64), Photo Vavou

Les fibres extraites du stipe (faux tronc) de Calamus donnent jour à nos meubles en rotin. Le Raphia procure de la ficelle. Son bois très dur sert à fabriquer des ustensiles, des charpentes et des cloisons de maisons. Les feuilles superposées offrent une bonne toiture tandis que les palmes tressées servent à confectionner des objets de vannerie. Elles sont à la source de la fabrication de papier en Inde où des écrits sont conservés depuis plus de 1000 ans sur des feuilles séchées de Corypha utan, etc.

 

2-Un habitat résolument chaud

 Phoenix theophrastii en Crête (photo Vavou)

Phoenix theophrasti119 redimensionner
Les palmiers ont conservé cette touche d’exotisme du fait de leur rareté en climat frais. Le bassin amazonien et la région indo-malaise accueillent la plus grande richesse en espèces. Beaucoup d’îles possèdent des palmiers endémiques qui témoignent d’une évolution postérieure à la formation de ces îles. Près de chez nous, le phoenix de Théophraste (Phoenix theophrastii) constitue un peuplement unique en Crête par exemple.

Le palmier de Chine (Trachycarpus excelsa), très commun jusque dans les jardins de la région parisienne, demeure le plus résistant au froid (-14°C) avec le Serenoa repens , beaucoup moins cultivé du fait de sa forme naine (60 à 90 cm de haut).

En zone méditerranéenne et sur le littoral atlantique, la plantation d’autres espèces comme les Phoenix, le Chamaerops ou le Sabal peut s’envisager avec des sujets suffisamment grands pour résister au froid. Réservez les zones ensoleillées et protégées du vent contre un mur pour installer les sujets plus fragiles. Dans le tableau ci-dessous, les limites de températures les plus basses indiquent qu’une partie du feuillage meurt sans que la vie de l’arbre ne soit mise en danger. Chez les jeunes palmiers, les dégâts sont plus graves. Parmi ces espèces, on constate que les palmiers à feuilles en éventail sont plus résistants que ceux en arêtes de poisson.

 

Menton (06) Jardin botanique du Val Rahmeh, Syagrus romanzo

Syagrus romanzoffiana au Jardin botanique du Val Rahmeh à Menton (06), Photo Vavou

Limites des températures

Feuilles en éventail

Feuilles pennées

Trachycarpus fortunei

Jubaea chilensis

-11 à – 14°C -12 à –15°C

Serenoa repens

Butia capitata

- 10 à –12.5°C - 10 à –12,5°C

Sabal minor

Phoenix canariensis

-10,5 à – 13,5°C - 9 à –10,5°C

Chamaerops humilis

Phoenix dactylifera

-9 à –11°C - 8 à –10,5°C

Livistonia chinensis

Phoenix reclinata

-9 à –10°C - 7 à – 10,5°C

Washingtonia filifera

-8 à -10°C  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Données issues du livre La beauté des palmiers de Dieter Kämpfer

 

    Washingtonia filifera 2940 redimensionner

Washingtonia et son jupon de feuilles séchées

au jardin botanique de Valence en Espagne (Photo Vavou)

 

3-Description des palmiers

On distingue les palmiers à tronc unique (Trachycarpus, Washingtonia) de ceux qui forment plusieurs troncs comme le palmier dattier (Phoenix dactilifera), le Chamaerops humilis ou l’Howeia fosteriana. Ce dernier est employé comme plante verte d’appartement du fait de ses touffes multiples qui restent de faible diamètre.

 

 Des feuilles en éventail ou en arêtes de poisson ?

Les feuilles adultes sont soit en éventail (feuilles palmées), soit en arêtes de poisson (feuilles pennées). Le Caryota que l’on rencontre parfois dans les serres tropicales fait exception avec son feuillage très divisé (feuilles bipennées).

Butia capitata, Saint-Jean-Cap-Ferrat (06) Villa Ephrussi d

Butia capitata ou palmier du Chili à la Villa Ephrussi de Rotschild à Saint-Jean Cap-Ferrat (06)(Photo Vavou)

La couleur est particulière chez certains palmiers comme le Brahea armata à feuilles palmées et le Butia capitata à feuilles pennées. Tous deux ont des feuilles gris bleuâtres qui permettent de les identifier facilement lorsque vous parcourez le sud de la France.

La présence d’épines sur le pétiole caractérise le palmier nain Chamaerops humilis qui ressemble beaucoup au Trachycarpus à l’état juvénile.

 

Des floraisons spectaculaires

En appartement assez peu de palmiers fleurissent, en revanche il n’est pas rare de voir poindre des grappes de fruits semblables à des dattes sur les arbres plantés en extérieur. Les floraisons de Brahea armata ou du Butia sont parmi les plus spectaculaires sous notre climat, avec leurs grandes gerbes jaune lumineux émergeant du feuillage bleuâtre.

Brahea armata, Saint-Jean-Cap-Ferrat (06) Villa Ephrussi de   

Floraison de Brahea armata à la villa Ephrussi de Rotschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat (06), (photo Vavou)

Une pollinisation par l’homme

Chez le palmier dattier, les fleurs mâles et femelles apparaissent sur des arbres distincts. Pour améliorer la fécondation, les hommes ont vite compris qu’en sectionnant des inflorescences mâles pour les rapprocher des fleurs femelles, la récolte de dattes était bien plus généreuse.

 


4- Comment les choisir ?

 Un espace suffisant

Trachycarpus fortunei 25278 redimensionner

Trachycarpus fortunei contre la façade d’une maison de campagne bordelaise (Photo Vavou)

 

La taille des palmes varie beaucoup selon l'essence. Si votre palmier est amené à passer l’hiver dans la maison, il faut d'autant plus prévoir un espace suffisant afin que les palmes se déploient sans occasionner de gêne. Prenez garde aux palmiers qui portent des épines acérées au niveau des pétioles comme les Livingstonia, Chamaerops et Washingtonia. Enfin certains espèces supportent de passer l’été à l’intérieur dans une pièce chaude et humide, tandis que d’autres apprécient de sortir pour bénéficier de la forte luminosité estivale.

Les palmiers d’intérieur

Ils se cultivent comme une plante verte dans un appartement à température constante toute l’année, à condition que l’air ne soit pas trop desséchant. En outre, ils peuvent recevoir très peu de lumière car ils sont habitués à pousser sous la canopée des forêts tropicales. Parmi ces palmiers, on trouve : les Chrysalidocarpus, Howeia, Areca, Livistona, Caryota, Chamaedora, Phoenix roebelinii, Euterpe, Cycas… Les Phoenix canariensis et dactylifera peuvent aussi vivre en appartement s’ils bénéficient d’une bonne luminosité mais attention à leur taille car ce sont des palmiers à grand développement.  

Pour éviter les écarts de température et les changements d’emplacement auquel le palmier est très sensible, réalisez vos achats en été de préférence.

Pendant la phase d’acclimatation qui suit :

- Choisissez un endroit éloigné d’une source de chaleur et qui ne reçoit pas le soleil toute la journée. Le rayonnement direct peut brûler le feuillage des espèces tropicales humides.

-  Evitez de le déplacer.

- Veillez à maintenir la motte humide en permanence sans ajouter d’engrais. Une humidité ambiante supérieure à 60% est l’idéal.

- Ne le rempoter pas tant que sa croissance n’a pas repris (1 à 2 mois plus tard voire plus).

Ensuite, le rempotage s’effectue lorsque la motte sort du pot. Si vous souhaitez ralentir la croissance d’un palmier devenu trop imposant, évitez de le changer de pot. Cela ne dispense pas de le sortir de son conteneur de temps en temps afin de réduire la motte en périphérie. Remettez-la dans son pot en apportant de la bonne terre sur le pourtour et en surface.

Une fertilisation pour plantes vertes (riche en azote) s’effectue lorsque de nouvelles feuilles sont apparues. Maintenez un maximum d’humidité en plaçant le pot sur un lit de billes d’argile mouillé constamment.


Les palmiers d’extérieur

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Trachycarpus excelsa - Bordeaux (33) (Photo Vavou)

Les palmiers figurant dans le tableau ci-dessus peuvent survivre toute l’année à l’extérieur sous un climat doux tempéré mais il faut savoir que d’autres facteurs influent sur les limites de résistance (l’acclimatation, l’humidité du sol, l’âge…). Dans les régions moins favorables, ils peuvent être conservés l’hiver dans une pièce chauffée ou mieux dans une serre au frais. Une acclimatation progressive des sujets est alors nécessaire pour les sortir en été.

 

Comment acclimater son palmier d'extérieur ?

Attendez que la température extérieure soit proche de celle de l’endroit où il séjourne. Puis procédez par étapes en ne sortant le palmier que pendant les heures les plus chaudes de la journée, dans un emplacement protégé du vent et surtout ombragé afin d’éviter de brûler les feuilles sous l’effet des coups de soleil .

Petit à petit, exposez davantage le feuillage aux rayons du soleil. Placez une feuille de telle sorte qu’elle reçoive les rayons directs du soleil. Au bout d’une semaine ou deux, si aucun signe de brûlure n’apparaît, vous pouvez mettre la plante en plein soleil. Vous le maintiendrez à l’extérieur jusqu’à ce que les premières gelées nocturnes se fassent sentir à l’automne.

Pour les gros sujets difficilement déplaçables, aérez la pièce pendant quelques heures tous les jours et sortez–les vers la mi-mai seulement lorsque tout risque de gelées est écarté

 

Chamaecyparis humilis 13071 redimensionner

Chamaerops humilis au jardin botanique de Bordeaux (33) - Photo Vavou

Certains palmiers acceptent d’être hivernés dans une pièce relativement sombre comme une cage d’escalier : Chamaerops, Butia, Phoenix canariensis, Washingtonia, Trachycarpus. Evitez de les placer trop à la chaleur pour ne pas perturber la mise en repos de la végétation. Rempotez quand la motte présente des racines en surface, pendant la période de croissance entre mars et mai de préférence.

 

Pour plus d'infos

vous trouverez des infos supplementaires sur le site des fous de palmiers et sur mon site quelques jardins qui contiennent de beaux spécimens de palmiers comme le jardin exotique du Val Rhameh à Menton (06) ou le conservatoire botanique de Brest.  


 

Espagne (2007) Séville Alcazar 20423 redimensionnerPhoenix dactylifera à l'Alcazar de Séville (Photo Vavou)


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Marie-Noëlle 28/08/2011 18:23


Faute de place, je n'ai qu'un seul palmier, le trachycarpus fortunei. Je me contente de lui créer un environnement exotique pour faire illusion et ne pas le laisser seul au milieu de la pelouse.
Billet très intéressant et belles photos.
A bientôt