Economiser l’eau et les arrosages au jardin

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Face à des restrictions d’eau de plus en plus fréquentes chaque été, le jardinier doit de plus en plus réduire sa consommation. Il faut savoir que l’usage de l’eau dans les foyers représente 65 % des dépenses globales en eau. En dehors de l’aspect financier, limiter le gaspillage de l’eau participe aussi à la préservation des ressources de notre planète. Différents moyens techniques permettent de stocker, recycler l’eau et surtout préparer votre jardin à supporter la sécheresse.

 Arrosage-asperseur 9079 redimensionner

1 - Reconnaître les symptômes d’un manque d’eau

Les plantes sont constituées de 90% d’eau, l’eau remplit les cellules et participe au maintien des parties molles herbacées. Elle sert aussi de moyen de transport aux éléments nutritifs dans le sol et dans la plante et elle entre dans le processus de photosynthèse, etc. Nous voyons bien qu’avant que les feuilles ne sèchent, bien d’autres dysfonctionnements interviennent. Le manque d’eau se traduit par un faible développement de la plante, des fleurs qui se détachent, des fruits médiocres.

Chez la salade, la montée en graines se manifeste rapidement et le plant Maladie du cul noir, nécrose apicale sur Lycopersicon escun’a pas le temps de pommer. Les tomates présentent un noircissement de leurs fruits (la nécrose apicale), etc. Enfin, les plantes sont plus sensibles aux attaques parasitaires.

Il est donc important de réagir à temps et surtout de préparer la plante à économiser son eau par différents moyens.

 

Nécrose apicale de la tomate liée à un déficit d’absorption du calcium consécutif au manque d’eau (Photo Vavou)

 

2 - Choisir des espèces adaptées au climat de la région

 

Concevez votre jardin avec le maximum de plantes adaptées au sol et au climat de votre lieu de résidence. Vous prendrez davantage plaisir à jardiner en voyant que vos plantes « profitent » de ce que vous êtes capables de leur offrir. La résistance à la sécheresse devient malheureusement un critère à prendre en compte dans beaucoup de régions françaises.

Les espèces dites « méditerranéennes » sont adaptées pour endurer des périodes sèches mais ne tolèrent pas des hivers rigoureux. L’humidité combinée au froid hivernal leur sont souvent fatals. C’est pourquoi, même si cela peut paraître paradoxal, il faut veiller à planter dans un terrain qui draine bien c’est-à-dire capable d’évacuer l’eau rapidement en profondeur afin de ne pas asphyxier les racines. Cette eau n’est pas perdue car elle alimente les nappes phréatiques qui servent de réserves pour les périodes difficiles.

 

Les plantes ont également su élaborer des moyens efficaces pour économiser l’eau. Un feuillage grisâtre résulte de la présence de poils sur l’épiderme qui jouent un rôle d’isolant. La transpiration du végétal est ainsi limitée ce qui réduit l’absorption de l’eau par les racines durant la journée puisque la plante se comporte comme une mèche.

La réduction de la surface des feuilles mais aussi du houppier ou de la touffe agit dans le même sens. La plante expose un minimum de sa surface aux rayons du soleil, limitant ainsi le réchauffement excessif de ses tissus. Cela évite que les feuilles grillent aux heures les plus chaudes. Le genêt, le pin, la lavande illustrent parfaitement ce type d’adaptation.

D’autres protègent les feuilles d’une épaisse couche de cire afin de limiter les pertes d’eau. Le feuillage paraît lustré sur la face supérieure et présente souvent une surface grise feutrée sur le dessous.

 Cistus laurifolius, Saint-Jean-de-Luz (64) Jardin botanique

Feuilles duveteuses grises du Cistus laurifolius (photo Vavou)

 

3 - Arroser au bon moment 

Les plantes n’ont pas les mêmes besoins en eau selon leur stade de développement. Un semis exige une humidité constante jusqu’à ce que les racines se soient bien développées alors qu’un arbre ou un arbuste installé depuis plus de 3 ans ou une haie adulte est capable de traverser l’été sans arrosage, sauf en cas de sécheresse exceptionnelle. Cependant, la satisfaction des besoins en eau des végétaux lors de la première année de plantation est déterminante pour leur reprise.

Lors de la plantation, trempez la motte dans une cuvette d’eau avant de l’enfouir. Après avoir ramené la terre, versez une bonne quantité d’eau (20 à 30 litres) pour éliminer les poches d’air et tassez la terre autour de la motte. Arrosez régulièrement, une à deux fois par semaine, surtout si vous avez effectué votre plantation au printemps.

Pisum sativum, petit pois 7056 redimensionnerPlus le feuillage est développé, plus les besoins en eau sont élevés du fait d’un accroissement de la transpiration. Une fois bien installée, c’est-à-dire un ou deux ans après la plantation, vous pouvez limiter les arrosages. Evitez d’accoutumer vos plantes à recevoir trop d’eau afin d’inciter les racines à venir chercher l’eau plus en profondeur.

Bien entendu, un arrosage le soir est beaucoup plus efficace que le jour d’autant qu’un mécanisme actif d’absorption de l’eau par les racines se met en place la nuit. Il supplante « l’effet mèche » très consommateur d’eau.

 

Arrosez pendant la formation des gousses du pois -Photo Vavou

 

 

 

 

 

Les périodes où les besoins en eau sont plus importants :

·       La fin d’été, pour les arbustes à floraison printanière qui forment leurs boutons (azalées, rhododendrons…) ;

·       du semis jusqu’au début de la formation des gousses chez le pois et les haricots ;

·       pendant la floraison de la pomme de terre et du maïs doux ;

·      pendant la formation des fruits des tomates, poivrons, courgettes, aubergines, etc. 

 

Chez beaucoup de légumes, lorsque les plants sont arrivés à maturité, les besoins en eau sont faibles : brocoli, chou de Bruxelles, choux pommés (sauf le chou d’été), chou-fleur d’hiver, carotte, poireau, oignon, radis, navet, betterave, etc.

 

4 - Adopter un système économique en eau

 

4.1 L’arrosage goutte-à-goutte


Goutteur arrosage goutte à goutte 7055L’arrosage au goutte-à-goutte est le système actuel qui entraîne le moins de perte en eau. Les plantes sont alimentées au niveau du sol et au plus près des racines. L’eau qui percole génère une zone humide en forme de « bulbe » sous la plante qu’il convient d’alimenter par petites quantités et souvent (une fois par jour et le soir ou la nuit). C’est pourquoi la pose d’un programmateur est fortement recommandée. L’ajout d’un paillage au-dessus du goutteur augmente encore l’efficacité du système en limitant l’évaporation de l’eau du sol.

 

« L’araignée » permet de faire varier le débit de l’eau pour chaque plante, dans le système d’arrosage goutte-à-goutte (photo Vavou) 

 

 

 

 

 

 

4.2 Le stockage de l’eau

 

Réserve d'eau 7062 redimensionnerL’utilisation au jardin de l’eau de pluie ou d’un puits permet de limiter la consommation de l’eau de ville, coûteuse à retraiter. Lorsqu’on ne dispose pas d’un puits, on peut installer un moyen de stockage adapté comme des réservoirs branchés sous les gouttières, une citerne ou un étang.

La pose d’un réservoir sous une gouttière est relativement simple. Choisissez plutôt une forme rectangulaire qui permet de stocker 300 litres contre le mur avec un minimum d’encombrement. Veillez à le placer suffisamment haut afin de pouvoir glisser un arrosoir sous le robinet. Sectionnez la gouttière et intercalez le dérivateur livré avec qui permet de rediriger le trop plein du réservoir vers son circuit habituel.

 

Dérivation de la gouttière pour alimenter le réservoir (Photo Vavou)

 

4.3 Binage et paillage valent deux arrosages

 

Le vieil adage qui préconise de biner la terre est tout à fait exact. Dans les terres argileuses et limoneuses, briser la couche superficielle permet de limiter les remontées d’eau par capillarité. Une autre moyen de limiter l’évapotranspiration de l’eau du sol est de protéger celui-ci par un épais paillis de copeaux de bois ou de feuilles. De fait, les rayons ardents du soleil sont arrêtés par cette couche de protection artificielle. De plus, la partie basse du paillis stocke l’humidité lors des arrosages et la restitue doucement à la manière d’une éponge au cours de la journée.

 Arrosage-tuyau poreux, Audenge (33) Lucasson 30608 redimens

Installation d’un paillis dans mon potager et d’un tuyau d’arrosage microporeux en début de printemps  (photo Vavou)

   

5 - Et quelques autres articles de saison

D'autres articles de saison peuvent vous intéresser sur mon blog, tel celui sur le pincement et la taille des légumes comme les tomates ou celui sur le choix des rosiers, la floraison des agapanthes et bientôt des hibiscus.

 

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lesviolettes 27/08/2012 03:15

merci pour ces conseils que bien souvent on connaît, mais qu'il faut toujours rappeler.Depuis maintenant bientôt 5 ans de jardin sur 7000m²,et malgré un gros travail de plantation nous avons réussi
à n'utiliser que l'eau de récupération de pluie grâce à 6000 l de cuves, enterrée pour l'une de 4000 l en fosse béton,et 2 de mille litres en plastique peu élégante mais que nous recouvrons de bois
,en complément la petite mare alimentée par une source ,je dois dire que cette année 2012 est particulièrement bien arrosée au printemps mais en ce mois d'août nous aimerions plus de pluie rien ne
remplace la pluie .il faut que je m'installe un arrosage programmé pour la nuit,auriez vous une idée du coup au mètre linéaire environ et quel méthode conseillez vous ? merci de vos billets très
documentés

Vavou 03/09/2012 16:10



Bonjour,


Excusez-moi pour ma réponse tardive.


Je vois que vous êtes déjà bien équipé en cuves et certainement en pompe puique vous avez une cuve enterrée. Le plus économique serait de brancher un programmateur tout simple de machine à laver
(à 10€ chez Auchan) à votre pompe. Des programmateurs automatiques peuvent aussi se brancher directement sur un robinet (50 à 80€).


Un système de microaspersion de surface me parait le plus flexible et économique en eau. Installez un circuit sur le sol à l'aide d'un tuyau polyéthylène de 16 mm dans lequel vous percez vos
trous pour insérer des asperseurs type "araignée" au plus près des plantes (qui permettent de régler de débit) ou des microtourniquets  (surface arrosée de façon plus homogène sur 1 m
de diamètre environ). Le tuyau coûte environ 60ct /m, vous pouvez ajouter des coudes, des dérivations, des bouchons, des robinets (chez Gardena, le système de clips est très pratique)
permettant de fermer des circuits pour augmenter le débit... Cette installation permet de modifier très facilement l'arrosage au gré des besoins, le type d'asperseur, de brancher des capillaires
pour  arroser des pots, et l'on peut même enterrer superficiellement le tuyau pour le rendre invisible, au sein d'un carré de pelouse par exemple.


A vos tuyaux !



Marie-Noëlle 19/06/2011 21:06


Billet bien documenté et utile. Les bienfaits du binage, je ne connais que cela !!
Habitant en Bretagne, j'ai toujours pensé que je ne serais pas concerné par les restrictions d'eau. Grosse erreur puisque nous sommes touchés pour la deuxième année. Ce sont naturellement mes
plantes de terre de bruyère qui ont été les plus touchées car même en arrosant tard le soir afin de diminuer l'évaporation, je ne pouvais offrir ce que ces plantes aiment, c'est à dire de l'eau de
pluie.
Ayant tardé à lire votre article,je pense que désormais, tout est rentré dans l'ordre chez vous comme chez moi, en attendant la prochaine sécheresse.
A bientôt


Capucyne 11/06/2011 18:59


Un article très intéressant auquel j'adhère!