Univers végétal au sein de la maison : esthétique, bien-être et santé

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09A bis Tillandsia 21988 redimensionnerLes plantes en pot sont invitées à pénétrer dans nos intérieurs depuis déjà bien longtemps. Elles occupèrent d’abord les terrasses et les loggias de l’Antiquité et de la Renaissance, puis conquirent les autres pièces de la maison ainsi que les espaces collectifs au début du XIXème siècle et ce, dans la plupart des cultures. Ce phénomène étudié par le sociologue Laurent Domec, apparaît aujourd’hui comme l’élaboration d’un art véritable qui suit les modes et révèle l’âme des habitants et leur vision du monde.

 

1 D’où viennent les plantes d'intérieur ?

Les spécimens exotiques suscitent encore l’émerveillement qui conduisit les explorateurs à rapporter ces plantes au prix de voyages souvent longs et dangereux. Les plantes vertes devenues courantes dans nos intérieurs sont pour la plupart originaires des zones tropicales ou subtropicales depuis les forêts équatoriales d’Amérique du Sud, jusqu’aux savanes et déserts d’Afrique et d’Amérique centrale en passant par les régions montagneuses de Chine. On peut comprendre les difficultés qu’ont dû éprouver les horticulteurs pour parvenir à acclimater ces raretés et les rendre accessibles à tous. En réalité, celles-ci se comportent bien mieux dans la maison que nos plantes locales qui ont besoin d’une véritable période de froid pour se reposer, voire refleurir.  

 

 09B bisAscocenda, Tillandsia 21519 redimensionnerTillandsia usnoides- Photo Vavou  

 

Cependant, malgré les soins apportés à l’élevage des plants, à la constitution d’un substrat idéal, au choix d’une fertilisation adaptée, il demeure indispensable de répondre correctement aux autres besoins que sont l’intensité lumineuse, la quantité d’eau, l’aération, l’humidité de l’air, une fois la plante installée dans le foyer. Il est toujours surprenant de découvrir la taille que peuvent atteindre un ficus, un poinsettia ou un caoutchouc dans leur aire d’origine. Nos plantes élevées dans un pot exigu, sur un coin de table ont parfois bien du mérite à pousser ! Et pourtant leur vitalité est parfois désarmante, un peu de soin, beaucoup d’amour, on dit que la musique classique les rend plus belles... Leur réactivité par rapport au monde environnant fait l’objet d’études de plus en plus nombreuses !

        

 

 

 

 

 

 

 

2 - D’un statut « d’objet » de luxe vers une force redynamisante

Encyclia cochleata ' Octopussy ' -Photo Vavou09B ter Encyclia cochleata ' Octopussy ' 24240 redimensionn

 

Jusqu’à la fin de XIXème siècle, le rapatriement des plantes exotiques se faisait par bateau dans des caisses ou tontines car il était presque plus difficile de rapporter les graines que les végétaux vivants. La germination était aléatoire et surtout la récolte des graines ne correspondant pas à la période de floraison, il devenait difficile d’identifier la plante sans la fleur et de connaître son intérêt. D’après les écrits de John Livingston en 1819, médecin botaniste hollandais de la Compagnie des Indes Orientales, pour une plante ramenée en Angleterre en parfait état, on comptait des milliers de pertes. On comprend que les plantes d’intérieur rapportées de ces contrées lointaines furent tout d’abord un objet de luxe qui s’est ensuite largement démocratisé. Aujourd’hui, posséder un chlorophytum, un caoutchouc, un ficus ou un yucca, n’étonne plus personne. Cela fait même partie de l’ordinaire.

L’architecture des maisons, au cours du 19ème et 20ème siècle a suivi cette évolution qui s’est traduite par l’agrandissement des fenêtres, la création de puits de lumière, de jardins d’hiver afin d’augmenter l’éclairement de l’habitation mais aussi nous offrir une vision plus grande sur le monde extérieur. On en vint à créer de véritables univers végétaux dans la maison afin, même si cela peut paraître paradoxal, d’augmenter l’intimité et la chaleur des lieux. La présence de plantes d’intérieur renforce notre lien avec la Nature, celles-ci symbolisent aussi la persistance du fait qu’elles ne suivent pas ou peu les saisons, mais elles introduisent dans le même temps la vie et sa dynamique au sein d’un décor d’objets inertes. Elles investissent même la salle de bain, lieu d’intimité où leur présence donne la sensation de replonger dans le cocon originel. Elles nous rassurent et nous redynamisent. Ce ne sont pas de simples objets de décoration, par leur force vitale, elles nous rattachent au passé tout en nous projetant vers l’avenir. Cette sensation de retour aux sources s’exprime davantage dans les aménagements contemporains où le végétal s’est affranchi du pot. Les palmiers plongent directement leurs racines dans le « sol », comme on peut le voir dans les bassins de baignade protégés dans leur tour de cristal.

 

 

 09C Ambiance tropicale sous serre 15974 redimensionner  Ambiance tropicale sous un dôme de verre -Photo Vavou

 

 

3 - Les plantes, élément salvateur de notre bien-être ?

Il n’est pas rare aujourd’hui de passer plus de 22 h par jour à l’intérieur d’un bâtiment que ce soit au bureau, à l’école, à la maison, ou pour faire ses courses. Or il est prouvé qu’une kyrielle de substances toxiques sont émises par les matériaux de construction. De nombreuses études ont montré le rôle bienfaiteur des plantes vertes dans l’élimination de ces toxines. Les recherches ont porté sur un certain nombre de substances avérées cancérigènes ou responsables du Syndrome des Bâtiments Malsains (SBS Sicks Building Syndrome). Cette maladie encore mal définie se manifeste par des maux de tête, des sensations d’inconfort, de la fatigue, des problèmes respiratoires, voire des réactions physiologiques ou sensorielles aiguës. Toujours est-il que nombres d’objets qui nous entourent qui vont de la moquette, du matériau d’isolation, des colles, des produits de nettoyage aux diffuseurs de parfums et aux papiers essuie-tout sont capables d’émettre plus de 300 composés organiques volatils (COV) à doses plus ou moins élevées mais potentiellement dommageables pour notre santé.

La capacité d’élimination de ces toxines a été testée pour les plantes les plus courantes de nos maisons. Les performances en matière de dépollution de l’air dépendent du polluant, du type de plante, de sa taille et de la présence d’un substrat vivant. Une équipe australienne a en effet mis en évidence le rôle du substrat et des bactéries associées aux racines dans la purification de l’air. Elles sont en effet capables de dégrader ou piéger et séquestrer ces substances sous des formes non toxiques dans le terreau. Des murs végétaux sont ainsi fabriqués aujourd’hui pour dépolluer l’air des parkings par le biais d’un extracteur d’air dirigé vers les racines des plantes.

Une école norvégienne a par ailleurs constaté l’effet bénéfique de plantes installées dans des salles de classe mal ventilées. Une amélioration de la santé des enfants (maux de tête, de gorge, rhumes) et même de leur concentration dans le travail a pu être mis en évidence. Les plantes qui sont des organismes vivants qui transpirent jouent par ailleurs le rôle d’un bon humidificateur !

 

4 - Tableau des performances vis-à-vis des principaux polluants

 

 

Substance toxique

Présente dans

Effets toxiques

Performance des meilleures plantes testées

Le formaldéhyde ou méthanal (formol)

La fumée de tabac, les peintures, la colle adhésive des revêtements de sol, les mouchoirs en papier, les fournitures de bureau, les vêtements nettoyés à sec, les produits bactéricides.

Cancérigène certain 

Aloe vera (90%)*

Monstera (86%)

Fougère (80%)

Ficus benjamina (75%)

Différents palmiers d’intérieur comme le Chamaedorea (70%),  Chrysalidocarpus lutescens

Chorophytum comosum (phalangère)

Philodendron 

Le benzène 

Les encres et les peintures, la fumée de cigarette, les plastiques et les détergents

Cancérigène

Lierre (Hedera (90%)

Spathiphyllum (80%)

Dracaena marginata (79%)

Anthurium (78%)

Scindapsus (pothos) (73%)

Cissus rhombifolia (70%) 

Le trichloréthylène 

Les solvants, vernis, encres d’impression, détachants.

Probablement cancérigène, altère aussi le système nerveux central et provoque des irritations des muqueuses et de la peau.

Spathiphyllum (50%)

Chrysanthème (30%)

Dracaena deremensis (24%).

 

Le monoxyde de carbone 

 

Emis par les chaudières lorsque la combustion est incomplète ainsi que par les voitures. 

Gaz mortel

Chlorophytum comosum (96%) Scindapsus (75%)

Schefflera (70%). 

L’ammoniac  

Gaz émis par les dégraissants, certains produits de nettoyage des sols et par les engrais. 

Irritant des voies respiratoires.

L'azalée d’appartement (Rhododendron simsii

le petit palmier Rhapis excelsa

Le pentachlorophénol (PCP)

 

Produits de traitement du bois et dans la pâte à papier. 

Dégage des dioxines lors de la combustion. 

Les plantes à grandes feuilles comme le Philodendron

Monstera +humidification de l’air. 

*Le pourcentage indique la quantité de produit toxique éliminé par unité de surface foliaire, dans les conditions du laboratoire (milieu confiné, éclairage identique…). On constate que le processus d’élimination s’accélère au bout du 2ème jour.

 

 

5- Vous pouvez aussi lire

 

Si le domaine des plantes d'intérieur vous intéresse, vous pouvez aussi lire mes articles sur la culture des orchidées et sur une drôle de plante très facile en appartement, le Zamioculcas. Enfin si vous avez quelques problèmes de  maladie, lisez l'article sur les soins des plantes vertes.

 

 

Et comme nous sommes au mois de septembre, il y a aussi quelques articles de saison sur les asters et sur le mûrissement des légumes en fin d'été.

 

 

 

Publié dans Plantes-d'intérieur

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ravenel sandrine 24/09/2011 17:33


Bonjour ,
tout d'abord bravo pour votre blog qui m'a permis de decouvrir de nouvelles plantes, ma petite derniere est un zamioculcas , j'ai craqué dessus surtout en la voyant toute seule dans son coin ....
bref lors de mon achat elle était dans un pot assez ridicule vu déja les pousses qu'elles faisait et ses racines dépassées de sous le pot!! du coup en rentrant j'ai décidé de la dépoter elle est
désormais dans un pot en terre de 20 cm de diametre mais je m'aperçois qu'elle a des racines qui sortent mais a la surface ??? pourriez vous me donner votre avis , est ce moi qui l'aie mal rempotée
ou est ce normal pour cette spécialitée de plante ??? j'ai lu plusieurs articles et forums mais je n'aie que des réponses différentes... merci d'avance si vous pouvez me donner votre avis...
bonne soirée


26/09/2011 16:38



Bonjour,


Je pense que la plante a gardé en mémoire l'exiguité de son pot d'auparavant. Peut-être que les racines comprimées ne parvenaient pas à ressortir par dessus la motte jusqu'à présent. Chez
les palmiers, c'est en effet  fréquent de voir les racines pousser vers le haut lorsque l'on tarde à les rempoter. 


Lors d'un rempotage tardif, il est bon d'éliminer tout le subtrat, de nettoyer les racines mortes et surtout de raccourcir les racines qui tournent (si ça n'empute pas trop la plante !) car
elles ont tendance à poursuivre leur "rotation" ce qui conduit à l'étouffement du plant lorsqu'elles grossissent en épaisseur. Je vous conseille donc de dépoter la plante, de vérifier que la
motte n'est pas restée comprimée et d'étaler les racines, toujours orientées vers le bas : après avoir mis la couche de drainage, placez les racines bien en profondeur en tenant le collet de la
plante au niveau de la surface du pot et rajoutez la terre en vous aidant d'un baton pour la faire pénétrer entre les racines. 


Bonne chance !



Duo Jardin 03/09/2011 17:54


On découvre votre blog et nous trouvons votre présentation des plantes d'intérieur bien intéressante.
Depuis quelques temps nous avons un engouement pour les plantes d'intérieur qui conquièrent de plus en plus notre espace et qui ont envahi la véranda. Le fait de créer de véritables massifs semble
constituer des environnements bénéfiques.


05/09/2011 12:28



Bonjour,


Je suis ravie que mes articles aient retenu votre attention. Je partage votre  observation sur l'intérêt de disposer les plantes d'intérieur par massif. pour ma part, je prends tout de même
soin de rassembler d'un côté les plantes qui préfèrent une atmosphère humide (anthurium, caltha, Gardenia...) et de l'autres les plantes de terrain secs (cactus, succulentes...° . cela évite els
problèmes de moisissures et de champignons liées à d'éventuels excès d'eau.


Bonne journée et bonne lecture


Vavou