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Réputé pour son jardin japonais, les jardins Albert Kahn à Boulogne-Billancourt (92) ne se résument pas à cela car la propriété est constituée de 6 autres jardins thématiques particulièrement intéressants à visiter au printemps et à l'automne. C'est donc à une petite présentation rapide que je vous invite de la vie d'Albert Kahn puis de ses jardins.
Le jardin japonais (photo Vavou)
1- Albert Kahn, banquier et mécène
Albert Kahn est né le 3 mars 1860 à Marmoutier, dans le Bas-Rhin. A l’âge de seize ans, il s’installe à Paris. Employé de banque, Kahn se distingue par
ses conseils avisés. En quelques années de 1889 à 1893, il bâtit une fortune en spéculant sur les mines d’or et de diamants d’Afrique du Sud. En 1898, il crée sa propre banque d’affaires, la
« banque Kahn ». Son aptitude à détecter les hausses de valeur des titres est exceptionnelle. Son patrimoine augmente considérablement et le financier jouit d’une excellente réputation
en France et à l’étranger. Entre 1898 et 1931, il devient aussi un mécène et consacre sa vie et sa fortune à l’établissement de la paix universelle. Il crée de nombreuses institutions destinées à
favoriser la compréhension entre les peuples et la coopération internationale : ses « bourses Autour du Monde » offrent à de futurs enseignants l’opportunité de voyager et de découvrir
les réalités du monde. Les « Archives de la Planète » qu’il constitue ainsi, recensent les aspects de la vie dans les cultures humaines.
2- Les Jardins d’Albert-Kahn
En 1893, Albert Kahn s’installe à Boulogne-sur-Seine où il acquiert un hôtel particulier. En 1910, après avoir réuni 23 parcelles autour de sa maison, il crée un jardin de près de 4 hectares.
Fidèle à son intérêt pour la diversité des cultures, Kahn choisit un genre de jardin particulier au XIXe siècle : le jardin dit « de scènes ». L’ensemble paysager se compose d’un jardin français complété par une roseraie et un verger, d’un jardin anglais, d’un marais suivi d’une prairie, d’une forêt bleue et d’une forêt dorée, d’un jardin japonais, et d’une forêt vosgienne.
Inspirés par les principes de dialogue et de communication, constitués de modèles horticoles de différents pays, les jardins Kahn contribuent à son œuvre au même titre que ses diverses fondations. Aujourd’hui, le visiteur peut admirer le jardin tel qu’il se présentait au début du XXe siècle, à l’exception de quelques bâtiments disparus.
3- Un jardin « mappemonde »
Des essences originaires d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Océanie et d’Asie sont réunies sur les 7 types de jardins qui composent le site. Le visiteur voyage lui aussi autour du monde…
a- Le jardin français et le verger-roseraie
Pour la création du jardin français, Albert Kahn fait appel à l’un des plus prestigieux paysagistes de son temps : Achille Duchêne. Au centre du site se dresse le palmarium, élégante serre vitrée surmontée d’une coupole aux formes arrondies, où s’épanouissent des plantes exotiques. En été, le verger se transforme en roseraie. Les rosiers grimpants s’entrelacent autour des troncs et des branches des arbres fruitiers.
Le Palmarium et les Pergolas de rosier (photo Vavou ci-dessous)
b- Le jardin anglais
La composition paysagère est ici entièrement guidée par la recherche de la nature : arbustes et arbres non taillés, gazon vallonné, bulbes fleurissant au printemps. Une rivière s’écoule dans un bassin surmonté d’une rocaille qui évoque une falaise. Un petit cottage souligne le caractère pittoresque de la scène. Au printemps, la prairie et les bords de la rivière s’ornent d’une myriade de bulbes printaniers, narcisses et fritillaires notamment (photo Vavou ci-dessous).
c- La forêt vosgienne
La forêt vosgienne est une évocation des paysages montagneux de l’enfance d’Albert Kahn. Sur les 3 000 m2 de ce jardin, les versants de la forêt vosgienne sont représentés : le
versant lorrain caractérisé par la présence d’épicéas et de hêtres plantés sur un éboulis de granit (photo Vavou ci-contre). Le versant alsacien, reconstitué après la tempête de 1999, est
caractérisé par des pins et des chênes se dressant dans un décor minéral composé de grès rose.
d- La forêt dorée et la prairie
Cette partie du jardin doit son nom aux bouleaux pleureurs qui prennent en automne une teinte jaune et or très lumineuse. La prairie, où la priorité est donnée aux couleurs et aux formes végétales, marque la recherche d’une nature libre en contraste avec les parterres réguliers du jardin français. Des plantes vivaces ou annuelles se mêlent à des herbes hautes.
e- La forêt bleue et le marais
Cette forêt réunit des arbres d’Afrique et d’Amérique : cèdres de l’Atlas et épicéas du Colorado. À travers leurs branches hérissées d’épines bleues, on distingue peu à peu le marais. Il s’agit de deux petites mares artificielles autour desquelles poussent de nombreuses plantes aquatiques comme les iris d’eau et les nénuphars (photo Vavou ci-dessous).
f- Le village japonais
C’est sans doute la plus belle partie du jardin Albert Kahn et la plus pittoresque. Un village composé d’un pavillon de thé (construction dédiée à la cérémonie rituelle du thé) et de deux maisons
traditionnelles transporte le promeneur dans cette partie de l’Asie chère à Albert Kahn.
Les roches et les végétaux se répartissent harmonieusement pour reconstituer un paysage japonais. On y trouve de très beaux magnolias, les traditionnels cerisiers du Japon, des pommiers d’ornements (Malus floribunda) et des spirées (japonaises.. bien sûr) (photo Vavou ci-contre). Les lanternes japonaises, les haies de bambous, les conifères taillés en nuages, le pont avec sa balustrade rouge, tous les éléments du jardin japonais traditionnels sont ici réunis.
g- Le jardin japonais contemporain
En 1989, le département des Hauts-de-Seine a souhaité rendre hommage à la vie et à l’œuvre d’Albert Kahn par la création d’une œuvre paysagère contemporaine. Ce jardin japonais, créé par le paysagiste Fumiaki Takano, est une métaphore de la vie de Kahn conçue autour de trois axes essentiels: la vie (yang), la mort (yin) et l’axe féminin-masculin. Ce jardin très minéral comporte une belle collection d’azalée taillé en topiaire (photo Vavou ci-dessous)
Et plus de renseignements :
Sur le site du jardin : http://www.albert-kahn.fr/ , 10-14, rue du Port 92100 Boulogne-Billancourt
Et comme c’est de saison, vous pouvez aussi consulter mes articles sur les rhododendrons et les magnolias ainsi que sur d’autres jardins que je vous ai déjà présentés : le conservatoire botanique de Brest et le Val Rhameh à Menton.