Protéger vos plantes du froid cet hiver

Publié le par Vavou

Avec l’arrivée de l’hiver, la protection des plantes les plus sensibles au froid et au gel s’avère nécessaire quoique sujette à de nombreux facteurs. L’intensité du froid provoque des dégâts plus ou moins importants mais aussi le taux d’humidité ambiante. De fait, il est toujours difficile d’indiquer les seuils de résistance pour une plante car les effets du froid sont très variables selon l’avancement de la saison. Un gel printanier de faible ampleur est capable d’avoir des effets bien plus destructeurs qu’un gel à -12°C au cœur de l’hiver. En définitive, tout vient de la façon dont la plante a été préparée à affronter l’hiver.

 

Neige sur le Bassin d'Arcahon 15831 redimensionner Neige sur le Bassin d'Arcahon 15832 redimensionner

Mon jardin sous la neige en janvier 2007 et en fleurs en juin 2007 ! (Photo Vavou) 

 

1 - L’emplacement

 

Chauffage au gaz, Pessac (33) Chez Mr Pin 42993 redimensionSelon les cultures, il est nécessaire d’adapter différents moyens de protection contre le froid intense. Les plantes semi-rustiques (-5°C) et d’origine tropicale ont besoin d’une véritable serre chaude pour résister sous nos climats, le plus simple étant de conserver la plante dans un pot et de la rentrer dans la maison dès septembre-octobre. Mais certaines plantes comme les agrumes tolèrent difficilement la chaleur sèche de la maison. Il est recommandé de les stocker dans une serre ou un tunnel contenant juste un chauffage d’appoint au pétrole ou au gaz pour le maintien hors-gel.

 

Chauffage au gaz à installer en serre froide et à déclencher manuellement quand la température descend en dessous de zéro degré (Photo Vavou)

 

Les plantes méditerranéennes sont capables de supporter des gels assez intenses à condition d’avoir les racines dans un sol bien drainé. L’installation d’une couche de graviers de 20 cm lors de la plantation est parfois très utile. L’exposition face au vent du nord est aussi un critère à considérer. En montagne, les vallées encaissées sont plus souvent soumises aux gelées tardives.

 

2 - La protection des racines

 

L’eau en gelant augmente de volume et blesse les racines, c’est pourquoi il est recommandé de planter dans un sol bien drainé les plantes un peu fragiles. Même si ce sont les parties aériennes de la plante qui sont les plus exposées, la protection la plus efficace s’opère au niveau du sol de manière à bien préserver les racines. Ainsi, même si les branches ont gelé, la plante peut repartir de la souche au printemps.

 

Pour des plantes tels que les artichauts ou les rosiers, le buttage peut être pratiqué dans les régions à hivers rigoureux. Il consiste à ramener la terre au pied des plantes. Il est également possible d’étaler une couche de terreau bien noir car cela permet au sol d’emmagasiner un peu plus de chaleur.

 

Artichaut redimensionner

Artichaut protégé par de la paille dans mon potager (Photo Vavou)

 

Sur les vivaces fragiles, vous pouvez déposer une bonne couverture de paille ou de feuilles mortes jusqu’à les ensevelir complètement. Si le climat est très humide, recouvrez le paillage lui-même d’une feuille plastique afin d’éviter que l'humidité ne le  fasse pourrir.

 

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L’érythrine crête-de-coq disparaît totalement sous ce manteau de feuilles mortes, Bordeaux, Jardin public, (Photo Vavou)

 

Pour les plantes en pot tels que les agrumes, les géraniums ou les sauges, une protection est aussi nécessaire au niveau de leur système racinaire qui se trouve davantage exposé au gel qu’en pleine terre. Il convient donc d’entourer ces plantes de plastique à bulles uniquement au niveau du pot. L’air est en effet un excellent isolant. Si la terrasse est en béton ou si elle est carrelée, glissez une plaque de polystyrène sous le pot. 

 

Certaines plantes à grande feuilles comme les Gunnera ou au feuillage abondant comme les agapanthes peuvent être protégées des rigueurs de l’hiver par leurs propres feuilles. Il suffit de les couper à la base et de les retourner tel un parapluie sur le cœur de la plante.

 

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Des Gunneras protégés par leurs propres feuilles au Conservatoire botanique de Brest (29), (photo Vavou)

 

Quant à certaines plantes à bulbes un peu fragiles comme les glaïeuls, les dahlias et les amaryllis, leur arrachage et leur stockage dans un endroit sec se pratiquent si le sol est froid et humide l’hiver (notamment en sol lourd, argileux et donc humide). Une fois rentrée, au garage par exemple, la caissette de stockage peut être remplie de sable pour éviter le dessèchement des bulbes.

 

3 - La protection des parties aériennes

 

3.1 - Les rameaux

 

Il arrive que les extrémités de rameaux gèlent chez des plantes un peu fragiles comme les Fuchsia magellanica 'Riccartonii', les Sesbania, les Caesalpinia gilliesii... Il suffit souvent de les tailler au printemps, après les dernières gelées, pour leur redonner une belle apparence.

 

Mis à part les conifères qui ont su réduire leurs feuilles à une surface minimale, les végétaux persistants comme le laurier rose, les agrumes ou l’olivier supportent moins bien le gel. Une exposition contre un mur sud capable de restituer la chaleur pendant la nuit est la première des précautions. Il est dangereux de protéger les parties aériennes avec du plastique à bulles car il induit un réchauffement pendant la journée susceptible de « réveiller » la plante bien trop tôt à cause de l’effet de serre.

 

Voile hivernage citrus 1660 redimensionner Voile hivernage citrus 1666 redimensionner Voile hivernage citrus 1665 redimensionner

Protection en plein air du citronnier avec une plaque de polystyrène à la base du pot et du voile d’hivernage sur la partie aérienne. Le tout est placé plein sud, à l’abri d’une sous pente pour éviter la pluie et donc le gel (Photo Vavou)

 

 

A la place du plastique à bulles, je vous conseille d’utiliser plutôt du voile d’hivernage non tissé. Ces voiles sont faits de matière polypropylène. Ils réchauffent l’atmosphère autour de la plante de quelques degrés, tout en lui permettant de respirer (ce qui évite la condensation et le pourrissement), d’être éclairé et de bénéficier de l’humidité ambiante. Ce type de voile s’emploie pour envelopper le feuillage des plantes persistantes en enroulant celles-ci de 2 ou 3 épaisseurs de voile. On peut aussi le poser à même le sol pour activer la germination et la croissance des semis au début du printemps.

 

La protection individuelle au potager peut se faire à l’aide de cloches en verre ou en plastique transparent qui emmagasinent la chaleur du jour et retiennent le rayonnement du sol durant la nuit. Le risque est d’augmenter la température de façon excessive durant le jour et de réveiller la végétation. Aussi, cette technique doit s’employer sur des plantes poussant en fin d’automne ou au printemps. La technique du châssis en plastique convient aussi parfaitement pour les légumes de début de printemps.

 

Chassis, Pessac (33) Chez Mr Pin 43010 redimensionner

Châssis en plastique et paille pour protéger de jeunes plants de salades, Bordeaux (33) (Photo Vavou)

 

3.2 - Le tronc

 

Pour les bananiers et palmiers, il est important de protéger le bourgeon terminal situé au cœur des palmes. La meilleure technique consiste à entourer le tronc d’un grillage à poule et de le remplir de paille ou de feuilles mortes. Le bananier conserve ainsi son stipe plusieurs années ce qui favorisera sa floraison au bout de 3 ou 4 ans. Pour les palmiers vous pouvez rassembler et lier les palmes ; cela offre une isolation supplémentaire du bourgeon.

 

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Bananier enroulé d’un manchon de paille retenu par du grillage à poule dans mon jardin sur le bassin d’Arcachon (33) (Photo Vavou)

 

Pour les fougères arborescentes comme les Dicksonia, il est d’usage de protéger soit le tronc en entier comme pour les bananiers soit seulement le bourgeon terminal avec une bonne couche de paille. C’est en effet au cœur du tronc que se trouvent les tissus vitaux de la fougère comme je l’ai expliqué dans un article précédent.

 

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Paille pour protéger le bourgeon terminal d’une Dicksonia, Conservatoire botanique de Brest (29), (photo Vavou)

 

Enfin, ne paniquez pas au printemps si la plante met quelques temps à reverdir. Certaines plantes méditerranéennes comme les Fuchsia, les Tecomaria, les érythrines ou les Tibouchina ne repartent de souche qu’au mois de mai voire de juin. Un peu de patience donc avant de tout arracher, tout espoir n’est pas forcément perdu…

 

Quant au froid lui-même, sa beauté s’apprécie dès les premiers frimas et lors des gels très humides comme vous le montrent les photos prises dans mon jardin au cours de ces derniers hivers.

 

 

 

 

Gel sur Camellia en bouton 15066 redimensionner Gel sur Campanula poscharskyana 15050 redimensionner

 

Givre sur feuille et bouton de Camellia (à gauche) et sur campanule des murailles ( à droite), (Photo Vavou)

 

Gel sur Verbena 23268 redimensionner Gel sur Dryopteris erythrosa 23090 redimensionner

 

Givre sur Verbena bonariensis et sur Dryopteris erythrosora (Photo Vavou)

 

Gel sur Rosa 23213 redimensionner Gel sur Erica carnea, Brest (29) Conservatoire botanique na

 

Givre sur fruit de rosier et sur la bruyère (Erica carnea) (Photo Vavou)

 

4 - Quelques articles de saison

 

Dans certaines régions de France, l’hiver n’est pas une saison où toute vie végétale s’arrête. C’est aussi un moment où fructifient les arbousiers et les houx comme je le rappelle dans deux de mes articles. On voit aussi poindre les premiers bourgeons des hellébores que l’on surnomme les roses de Noël. En serre froide, c’est la saison des agrumes, orangers et autres citronniers. Et dans la maison, celles des orchidées.

 

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conrotto 26/11/2015 10:43

j'aime bcp votre article très intéressant!!!

Trucons : protéger plantes contre le froid 22/12/2012 23:35

Superbe article extrêmement complet!
Merci et à bientôt

PACOXXL 16/12/2011 15:50

Excellent Bravo........

Sylvaine 12/12/2011 21:22

Je n'ai guère que les arums d'Ethiopie comme plante fragile et je les prtège par une bonne couche de feuilles mortes et une couette chaude de frondes de fougères. Cela semble leur convenir car ils
sont très vieux et toujours là !
Bonne soirée

Vavou 15/12/2011 15:01



Bonjour,


Je ne suis pas certaines que les Zantedeschia aethiopica aient réellement besoin de protection dans votre région mais ils ne s'en portent sans doute pas plus mal !


Pour ma part, cela fait des années que je protège mes agapanthes en pleine terre sous de la paille qui prend bien l'humidité. Elles repartent malgré tout de plus belle. Je pense que cette année,
je ne vais rien faire car mon sol est sableux et draine assez bien. Ceci dit les variations de température sont plus grandes dans ce type de sol. Je vais peut-être le regretter !



zoraly 12/12/2011 20:31

de très bons conseils qui arrivent à temps.
encore merci pour l'info et félicitations pour tout le travail de recherches

PACOXXL 12/12/2011 10:57

Excellent blog Bravo.....

Capucyne 12/12/2011 10:36

Merci de ces judicieux conseils!