Roses et rosiers de charme, quelle classification et comment les utiliser ?

Publié le par Vavou

Originaire de Perse et de Chine, les roses font l’unanimité depuis plus de 3000 ans. Les hybrides sont nombreux et il est difficile de s’y retrouver dans les dénominations. L’important est de savoir apprécier le port, la forme des fleurs, la couleur et bien entendu le parfum lorsqu’il est présent. Voici un petit aperçu des grands groupes de rosiers.

Rosa, Haie de rosier paysager, Vendôme (41) 26838 redimen

Haie de rosiers, oui, mais lesquels ? Vendôme (41), Photo Vavou

 

Petit tour d’horizon

Les types de rosiers ont été définis par la Fédération mondiale des sociétés de roses. On distingue les rosiers modernes, les anciens et les botaniques. Les horticulteurs adoptent parfois d’autres dénominations, c’est pourquoi il est conseillé de lire attentivement les étiquettes où sont mentionnés la taille adulte de l’arbuste, le port (grimpant, arbustif, couvre-sol…), la couleur et les mois de floraison avec la précision « non remontant », « remontant » voire « très remontant ». Un rosier non remontant fleurira une fois dans l’année alors qu’un rosier remontant fleurira souvent en mai-juin puis de nouveau à la fin août début septembre.

 Rosa banksiae 'Lutea' 17758 redimensionner

 Rosa banksiae ’Lutea’ au parc floral de Bordeaux Lac (Photo Vavou)

 

Rosa mutabilis, Saint-jean de Luz (64 39540 redimensionnerLes rosiers botaniques

Ils désignent les rosiers sauvages et les hybrides qui ont conservé une forte ressemblance avec leurs parents comme le rosier de Banks à fleurs doubles (Rosa banksiae ‘Lutea’) qui se différencie de ses géniteurs par la forme de ses fleurs en pompons. On trouve aussi des rosiers à fleurs simples, doubles, grimpants ou non qui ne fleurissent qu’une fois par an ou de façon continue du printemps à l’automne comme Rosa 'Mutabilis'.

  

Rosa 'Mutabilis' au Jardin Paul Jovet à Saint-Jean de-Luz (64)

(Photo Vavou)

 

 

 

Les rosiers anciensRosa gallica, Saint-jean de Luz (64) 39323 redimensionner

Dans ce groupe figurent les rosiers issus d’hybridations clairement identifiées en Europe, avant la création des hybrides de Thé, au début du 20e siècle. Les fleurs blanches, roses ou pourpres se présentent généralement en coupes parfumées et leur port, grimpant ou non, est assez touffu. On peut citer les rosiers Bourbon de Chine, de Damas, les galliques, les noisettes, etc.

 

Rosa gallica, Jardin Paul Jovet à Saint-Jean de-Luz (64) (Photo Vavou)

 

Rosa 'Hyde park' 6999 redimensionnerLes rosiers modernes

L’arrivée des rosiers de Chine par la route de la soie vers la fin du 18e fut décisive dans l’évolution des rosiers. Elle apporta un renouveau dans les hybridations par l’obtention de boutons turbinés, (pétales formant un cône), se renouvelant durant tout l’été. Ces rosiers sont également « remontants ». Assez frileux, on les cultiva d’abord en serre en Angleterre comme en France où on les croisa avec des rosiers plus rustiques. C’est vers 1850 que naquirent les premiers hybrides de Thé que l’on trouve le plus souvent dans les jardins. La première rose jaune apparut en 1910 et donna jour à tout un florilège de teintes jaune orangé et rouge minium, propres aux rosiers modernes.

(Photo ci-contre : Rosier 'Hyde park', Photo Vavou)

 

Rosa 'Dynastie Meilland' 7227 redimensionner

Rosier buisson 'Dynastie Meilland', Photo Vavou

 

Les hybrides de Thé sont des rosiers arbustifs à tiges dressées et trapues, munis de grandes feuilles luisantes et de grosses fleurs turbinées et remontantes. Avec leurs longues tiges, ils offrent d’excellentes fleurs à couper. Ils résistent mieux aux maladies que les rosiers anciens.  Mais pourquoi appelle-ton ces roses des hybrides de Thé ? Ces rosiers sont issus des rosiers chinois à l’odeur de thé fraîchement cueilli. Une autre version de l’histoire prétend que ces rosiers étaient transportés dans des corbeilles de thé depuis la Chine.

 

Rosa 'Rhapsody in Blue' 18664 redimensionnerDes rosiers robustes pour massifs font leur apparition vers 1950, exhibant des bouquets de fleurs plus petites mais plus nombreuses. Ils forment le groupe des Polyanthas hybrides dont font partie les « roses Poulsen ». Avec l’obtention de bouquets de roses plus grosses, un feuillage plus imposant, est créé le groupe des Floribundas, intéressant pour réaliser des effets de masse.

 

Rosier Floribunda 'Rhapsody in Blue' au Jardin de Ginette à Beynac (87), Photo Vavou

 

 

 

 

Les rosiers David Austin sont des rosiers anglais dits modernes. Ils réunissent le charme des roses anciennes à pétales multiples, au parfum suave et au port buissonnant et les couleurs variées, la remontance et la résistance aux maladies des rosiers modernes. Ils font partie des rosiers buissons car leur port touffu 1 m à 1,20 m de haut, ne réclame pas une taille courte comme chez les hybrides de Thé. Les fleurs se répartissent sur toute la surface de la touffe. On peut citer ‘Gertrude Jekyll’ rose foncé, ‘Graham Thomas’ à fleurs jaunes, ‘Abraham Darby’, etc.

 Rosa 'Ausmas' GRAHAM THOMAS, Audenge (33) Lucasson 31818 r

Rosier 'Ausmas' GRAHAM THOMAS, dans mon jardin sur le bassin d’Arcachon, photo Vavou

 

L’épopée ne s’arrête pas là puisqu’un rosier miniature survenu naturellement par mutation en 1818 engendra plus de 300 cultivars dès 1977. Ceux-ci sont plutôt employés pour la culture en pot.

 Rosier miniature rouge 5918 redimensionner

Rosiers miniatures, photo Vavou

 

Rosa 'The Fairy', Audenge (33) chez Claude Cornu 28432 rediEnfin les rosiers arbustifs rassemblent des plantes assez diverses, généralement plus hautes et larges que les buissons comme les rosiers rugosa aux fruits décoratifs, les rosiers « paysagers » formant une masse imposante de rameaux très florifères, mais aussi les rosiers couvre-sols. Ces derniers sont issus d’espèces sarmenteuses et forment une plante assez basse, couvrant une surface de 1 m² environ. Leurs tiges rampantes masquent la terre limitant ainsi les mauvaises herbes. ‘The Fairy’ paru en 1932 fut une des premières obtentions de ce type de rosiers.

 

 Rosier 'The Fairy', Bassin d’Arcachon, Photo Vavou

 

Parmi les rosiers modernes grimpants, on distingue les sarmenteux à tiges souples et les grimpants à tiges rigides plus faciles à palisser. Les remontants fleurissent de façon prolongée ou lors d’une deuxième période bien marquée. Les non remontants offrent une floraison limitée au printemps ou en été parfois avec une légère remontée à l’automne.

 

Un rosier pour chaque situation

 

Garnir un mur ou une palissade

Les rosiers ne grimpent pas de façon naturelle c’est pourquoi il faut veiller à retenir les tiges par du fil de fer plastifié ou galvanisé ou un treillage munis d’attaches. Pour orner la partie basse du mur, conduisez les tiges de la base de façon horizontale ou oblique de manière à faire naître des rejets verticaux. Les tiges sont liées au fil de fer avec de la ficelle goudronnée de manière à ne pas blesser l’écorce. Les variétés comme ‘New Dawn’ (fleurs turbinées rose pâle parfumées), ‘Altissimo’ (fleurs d’églantine cramoisi), ‘Summer Wine’ (fleurs semi-doubles corail et très parfumées) émettent de nombreuses repousses qui permettent de garnir le mur jusqu’à 3-4 m de haut.

Haie de rosier, Tours (37) 26593 redimensionner 

Haie de rosiers à Tours (37), Photo Vavou

 

Rosa 'Maria Lisa' 19153 redimensionner

 

Rosier 'Maria Lisa', rosier grimpant, Biganos (33) chez Laurence

 

Dans les zones peu ensoleillées, contre un mur orienté au nord ou à l’est, choisissez des grimpants aux teintes claires et très florifères telle que ‘Compassion’ aux grosses fleurs saumons parfumées, ‘Penny Lane’ de couleur ivoire ou ‘Mme Alfred Carrière’ aux teintes crème à reflets rosés, allant jusqu’à 6 m de haut.

Les variétés réputées sensibles à l’oïdium comme ‘Zéphirine Drouhin’ (grimpant ancien à grandes fleurs rose vif) réussissent mieux en exposition mi-ombragée qu’au soleil car un mur chaud favorise ce champignon. ‘Maigold’, rosier plutôt buissonnant à tiges souples, est en tête du palmarès des rosiers résistants aux pires conditions .

 Rosa 'Zephyrine Drouin' 7780 redimensionner

Rosa 'Zéphyrine Drouin' au Parc naturel de Pagoeta au Pays basque espagnol, photo Vavou


Rosa 'Pierre de Ronsard', Audenge (33) Lucasson 3231 redime

Rosa 'Pierre de Ronsard', dans mon jardin sur le bassin d’Arcachon, photo Vavou

 

Habiller une pergola ou la ramure d’un arbre

 

Les rosiers grimpants à port souple et si possible au parfum enchanteur sont privilégiés pour ce type d’emploi. Les rosiers sarmenteux comme ‘Albertine’ ou ‘Dorothy Perkins’ ont l’inconvénient de ne pas fleurir longtemps mais leur végétation permet de couvrir le haut de la pergola constituant ainsi un parcours ombragé sans besoin de les tailler. Les grimpants remontants aux tiges plus raides sont utilisés pour fleurir les piliers pendant une longue période.

Pour faire grimper un rosier dans un arbre, choisissez des espèces sarmenteuses et vigoureuses qui monteront à plus de 7 m comme ‘Alchymist’, Rosa filipes ‘Kiftsgate’, ‘Weeding Day’, etc. Plantez le rosier à 60 cm du tronc et maintenez les tiges autour du tronc au départ.

 

Rosa 'Danse du Feu', grimpant, Critérium au bouscat (33) A

Rosier grimpant 'Danse du feu' au parc de la Pépinière à Nancy (54), Photo Vavou

 

 

Pour former une haie ou occuper un fond de massif

 

Les rosiers Polyantha et Floribundas, avec leurs gros bouquets à la floraison qui dure, se prêtent volontiers à une coloration en masse d’une haie ou d’un fond de massif. N’hésitez à planter un minimum de 5 pieds de la même variété à fleurs d’églantines simples ou aux pétales multiples, leur effet est garanti de mai jusqu’aux premières gelées. Attention, l’appellation Florinbunda s’applique aussi bien à des rosiers nains qu’à des arbustes de plus de 2 m de haut comme ‘Queen Elysabeth’. Choisissez des rosiers comme ‘Fascination’ (Florinbunda) ou ‘Sweet Dream’ (miniature) qui présentent des bouquets de petites fleurs corail ou abricot parfumées pour réaliser des haies modestes de 60 cm. Ils conviennent aussi en pot. ‘Iceberg’ encore appelé ‘Fée des neiges’ produit un moutonnement blanc à 75 cm de haut.

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Rosa 'Iceberg' au parc de la Beaujoire à Nantes (44), Photo Vavou

 

Les rosiers rugosa sont tout indiqués pour former des haies champêtres avec leur beau feuillage plissé et leurs gros fruits rouges qui persistent jusqu’en hiver. Ils drageonnent spontanément ce qui crée une haie très dense. Attention aux variétés anciennes envahissantes, dans les petits jardins, choisissez plutôt des cultivars récents comme ‘Frau Dagmar Hastrup’ (90 cm en tout sens) aux jolies fleurs d’églantine rose argenté qui laissent place à une multitude de gros fruits oranges qui font le régal des oiseaux.

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Rosa rugosa, jardin botanique de Glasgow, Ecosse, Photo Vavou

 

En isolé ou en bordure de massifs

 

Les rosiers-tiges sont greffés à 1 ou 1,50 m de haut et ont besoin d’espace pour déployer leurs rameaux souples. Réservez-leur une place de choix dans un endroit dégagé ou au sein d’un massif de plantes basses. Plantez les hybrides de Thé dans une zone de passage afin d’être admirés de près et faciliter la récolte des fleurs pour les bouquets. Les rosiers paysagers comme ‘Lavander Dream’ déploient une masse impressionnante de rameaux souples sur 1,20 m de diamètre, constellés de fleurettes roses. Pour obtenir une forme en boule, évitez de le tailler et recépez le pied tous les 3–4 ans en coupant à 20 cm du sol.

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Rosa 'Lavander Dream', Bassin d’Arcachon, photo Vavou

 

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Rosier arbustif 'Sadler's Wells', au Parc naturel de Pagoeta au Pays basque espagnol, photo Vavou

 

Pour former des massifs ou occuper une jardinière

 

L’usage des rosiers couvre-sol s’est largement répandu dans les massifs ou les rocailles du fait de leur facilité d’emploi. Aujourd’hui, presque tous les coloris sont représentés : rose tendre à fleurs doubles chez ‘Vent d’Eté’, rose bonbon chez ‘Emera’ ou ‘Magic Meillandécor’, rouge chez ‘Tapis Rouge’, blanc ivoire avec ‘Opalia’ ou ‘Neige d’Eté’, jaune chez ‘Bordure d’Or’... Ces rosiers d’une grande résistance aux maladies ne réclament aucun soin et fleurissent sans discontinuité du mois de juin aux gelées. Ils peuvent orner aussi bien une potée ou former une bordure devant un massif de vivaces ou un étang car leur taille est d’environ 30 cm de haut.

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Rosa 'Emera' et bulbes de Tritelia , Bassin d’Arcachon chez Maria, photo Vavou

 

Taille rosier 13881 redimensionnerLa taille des rosiers

Faut-il tailler les rosiers et le cas échéant, à quelle saison ? De nombreuses théories s’affrontent. Personnellement, je fais au plus simple et au plus sûr. Je rabats les rosiers à la fin de l’hiver lorsque les grosses gelées sont passées et avant que les bourgeons n’aient démarrés. Puis en cours de saison, j’élimine les fleurs fanées que je garde pour faire des pots-pourris et de façon à stimuler la formation de nouvelles fleurs pour les rosiers remontants. J’évite en revanche d’enlever les fleurs fanées des rosiers botaniques et des rosiers rugosa afin de garder leurs jolis fruits durant l’automne et l’hiver. Et, au printemps, je fais comme avec les rosiers plus classiques, je les taille à trois ou quatre yeux (ou bourgeons). Attention, les non-remontants se taillent (si besoin) à la fin de leur floraison car ils fleurissent sur le bois de 1 an !

Photo ci-contre :  Taille d’un rosier buisson, raccourcir à 3 yeux et ôter le bois mort suffit, photo Vavou

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