Les magnolias, une effusion de fleurs de porcelaine
1-Le Magnolia, rescapé du Crétacé
Le magnolia fait partie des premières plantes à fleurs apparues sur terre au Crétacé, il y a environ 100 millions d’années. L’arbre a survécu aux différentes glaciations et se trouve encore aujourd’hui à l’état sauvage en Himalaya, au Japon et en Amérique du Nord. Le magnolia est devenu très populaire depuis son arrivée à Nantes en 1730, dans les cales d’un vaisseau en provenance d’Amérique du Nord. Le botaniste Charles Plumier le baptisa ainsi en l’honneur de Pierre Magnol, directeur du jardin botanique de Montpellier. L’arbre mit 20 ans avant de dévoiler sa majestueuse floraison en forme de tulipes rose-carmin... Ce magnolia en provenance de Martinique fut baptisé M. plumeri. Quelques années plus tard, le botaniste Carl von Linné décrivit le fameux Magnolia grandiflora, originaire de l’est des Etats-Unis et apprécié pour son feuillage persistant.
On compte aujourd’hui plus de 200 variétés de magnolias à feuillage caduc ou persistant. Leur taille varie entre 3 m (Magnolia stellata) et 30 m de haut (Magnolia grandiflora ‘Florida Géant’). Les hybridations sont très fréquentes ce qui explique la variété de feuillages et de fleurs existant dans la nature.
Le Magnolia x soulangiana (5 à 7 m) connaît toujours un franc succès depuis sa création vers 1825 par le botaniste Soulange-Bodin dans sa propriété de Fromont en région parisienne. Il est issu d’un croisement entre M. liliiflora et M. denudata et possède de nombreux cultivars. Il demeure le magnolia le plus répandu dans nos jardins avec son homologue à feuilles persistantes, Magnolia grandiflora.
2-Les magnolias à feuilles caduques
Leur floraison spectaculaire paraît dès le mois de mars chez les plus précoces et jusqu’en juin. L’arbre se couvre, généralement avant l’apparition des feuilles, de fleurs aux pétales épais ronds ou longilignes, rassemblés en forme de coupes dressées qui ressemblent à des tulipes. Il existe des magnolias moins connus à floraison estivale dont les fleurs plus petites, retombantes, dévoilent un cœur rouge comme Magnolia sieboldii.
Le fruit du magnolia est typique ; il se caractérise par une spirale de capsules contenant chacune une graine écarlate.
Contrairement au M. x soulangeana, presque inodore, beaucoup de magnolias diffusent des effluves puissants de citron ou de fruits exotiques.
La dimension des fleurs peut atteindre 40 cm de diamètre. Les tons varient du jaune pâle (Magnolia x ‘Elysabeth’) au blanc immaculé (Magnolia denudata) en passant par différentes nuances pourpres.
Les Magnolia stellata et kobus présentent des fleurs aux pétales multiples, effilés faisant penser à une pluie d’étoiles blanches ou rosées. Attention l’espèce kobus est bien plus vigoureuse que stellata avec 9-12 m de haut au lieu de 3-4 m.
Magnolia liliiflora offre des fleurs en fuseau aux pétales blancs en dedans et pourpre intense à l’extérieur. La floraison apparaît avant ou en même temps que les feuilles, et même souvent au cours de l’été, de façon sporadique.
La plupart des magnolias à feuilles caduques résistent jusqu’à -20°C. Une gelée tardive peut entraîner toutefois le brunissement des pétales en une nuit. Préférez donc une exposition sud, au soleil ou mi-ombragée pour pallier ce risque. Les jeunes arbres ont des racines plus sensibles au froid et à la sécheresse. Prévoyez un bon paillage à base de feuilles mortes ou de tourbe dès la plantation. L’ombre dense projetée par le feuillage incite à le planter en isolé ou bien en compagnie de bulbes de printemps, au côté d’un cognassier du Japon.
3-Le magnolia à feuilles persistantes
Le Magnolia grandiflora constitue une des rares espèces conservant ses feuilles avec M. delavayi. Il a donné naissance à beaucoup d’hybrides souvent méconnus. Sa floraison paraît moins grandiose que chez les espèces caduques du fait de son étalement durant tout l’été et de la présence permanente des feuilles formant une masse sombre. En revanche, elle diffuse des parfums puissants les soirs d’été.
Plantés souvent dans les demeures de bord de mer, du fait de leur prédilection pour les endroits chauds et humides, de nombreux cultivars présentent, malgré tout, une très bonne rusticité. Magnolia grandiflora ‘North,’ par exemple, résiste à –35°C. Un été long, chaud et ensoleillé permet au bois de se durcir davantage et de supporter de plus grands écarts de température.
Par ailleurs, sa résistance à la pollution a conduit certaines villes comme Nantes à planter M. grandiflora ‘Gallissoniensis’, au port étroit, en zone urbaine.
Dans les pays anglo-saxons, on le trouve souvent en bac ou palissé contre un mur sur une terrasse. Il existe des espèces à petit développement comme M. grandiflora ‘Little Gem’ qui ne dépasse guère 2 m. Ses fleurs blanc crème forment des coupes très parfumées entre juin et septembre.
4-Les exigences du magnolia
Le magnolia préfère un sol profond, fertile, bien drainé et légèrement acide. Le sol peut être argileux à condition que l’eau ne stagne pas. Enfoncez le(s) tuteur(s) dans le trou de plantation avant de mettre l’arbre. Positionnez le sommet de la motte au ras du sol. Le magnolia déteste être déplacé en raison de la fragilité de ses racines.
Le feuillage a tendance à jaunir en présence de calcaire. Apportez de la tourbe ou de la terre de bruyère lors de la plantation et chaque année si les symptômes persistent.
L’arbre est assez indifférent à l’exposition, pensez seulement à l’abriter des vents froids. Son large feuillage (surtout chez M. grandiflora) produit une ombre épaisse qui limite le développement de plantes sous sa frondaison. En climat sec l’été, les magnolias caducs à grandes feuilles ont tendance à se dessécher contrairement au M. grandiflora, résistant à la sécheresse avec l’épaisse cire qui recouvre ses feuilles.
Pour obtenir des arbres plus trapus, il est conseillé de pratiquer une taille de formation sur les jeunes sujets. Réduisez de moitié le bois de 1 an après la floraison pour les espèces caduques et au début du printemps pour les persistantes.