Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 21:08

La verveine (Verbena) est une petite plante grêle à l’allure dégingandée qui a séduit les Egyptiens, les Romains de l’Antiquité, sans oublier les Celtes et les Germains. Vénus en avait fait une plante sacrée, utilisée dans la confection de philtres d’amour. Son usage en médecine n’est plus à démontrer… Aujourd’hui ce sont des formes bien plus ornementales que l’on plante au jardin depuis la verveine hybride aux inflorescences plates vivement colorées jusqu’aux tiges dressées à plus de 1 m de la verveine de Buenos-Aires (Verbena bonariensis).

 

Verbena bonariensis 20947 redimensionner

 

 Association de verveines de Buenos Aires (Verbena bonariensis) et de Gaura lindheimeri au Jardin des Paradis à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn  (Photo Vavou)

 

1 - Tapis colorés pour massifs d’été

 

Les verveines de jardin (Verbena x hybrida), proposées dans les jardineries comme plantes à massif, proviennent d’obtentions sélectionnées au 19e siècle. Elles sont issues d’espèces sud-américaines qui leur ont transmis une certaine faiblesse face au froid. Cependant la rapidité de leur croissance et la profusion des fleurs richement colorées permettent de confectionner d’opulents massifs pendant toute la belle saison. Les inflorescences se présentent en bouquets plats de 6 à 8 cm, composés de petites fleurs étoilées au cœur parfois blanc.

 

Verbena 'Escapade High Eye' 9521 redimensionner

 

Verveine 'Escapade High Eye' au jardin Dominique Alexandre Godron à Nancy en Meurthe et Moselle (Photo Vavou)

 

Lorsque les corolles ne sont pas complètement épanouies, les verveines aux tons roses comme ‘Cléopâtre’ ou TEMARI ‘Coral Pink 2003’ affichent plusieurs nuances de pourpre. Utilisez les coloris pastels bleu ciel, violacés, saumonés pour mettre en valeur d’autres végétaux aux tons plus soutenus.

Les verveines de type TAPIEN ont un feuillage et des fleurs finement ciselés, semblables à l’ouvrage d’une dentellière. Leurs tiges souples et le foisonnement de la touffe offrent de superbes suspensions très simples à entretenir.

Les tiges grêles et rampantes des verveines des jardins se faufilent parmi le feuillage d’autres plantes ce qui permet de les intégrer dans une composition fleurie sans souci de volume.

 

Verbena hybrida, Impatiens, Salles (33) chez Saulière 4564

 

Potée fleurie à base de verveine pourpre (photo Vavou)

 

Du point de vue cultural, la solution la plus simple consiste à acheter des plants en godets prêts à planter dans un sol réchauffé aux mois d'avril-mai. Ces jeunes plants peuvent provenir de boutures mises à raciner au printemps et conservées dans une serre hors-gel pendant l’hiver ou de semis réalisés en mars à chaud (21-24°C). La floraison a lieu la même année que le semis chez les races modernes mais la levée des graines est souvent capricieuse. C’est une des raisons pour laquelle l’achat de jeunes plants en jardinerie est souvent une solution plus simple que le semis fait par soi-même. Mais le plaisir n’est pas le même, je vous l’accorde…

 

Les verveines requièrent une exposition ensoleillée pour bien fleurir et sont relativement résistantes à la sécheresse. Elles apprécient cependant un arrosage régulier en période caniculaire. Elles se contentent d’un sol pauvre si vous veillez à bien l’ameublir lors de la plantation et à maintenir l’humidité au moyen d’un paillage (billes d’argile, mulch, déchets de tonte…). Pincez les tiges à plusieurs reprises pour les obliger à ramifier si le plant n’est pas très touffu lors de l’achat.

Pour constituer un tapis de fleurs, n’hésitez pas à enterrer une partie des tiges pour favoriser le marcottage c’est-à-dire l’émission de racines au niveau des tiges horizontales. Plantez un plant tous les 30 cm.

En juillet, effectuez une coupe à la cisaille pour supprimer les fruits et relancer la floraison. En pleine terre, certaines variétés parviennent à survivre plusieurs années si l’on prend soin de pailler la souche pour maintenir le sol sec.

 

2 - La verveine de Buenos Aires

 

Inflorescence de Verbena bonariensis (photo Vavou) Verbena bonariensis, Audenge (33) Lucasson 26920 redimensio

 

La verveine de Buenos-Aires (Verbena bonariensis) est une plante de caractère avec ses tiges rigides, surmontées d'un nuage de minuscules fleurs rose lavande, dressées jusqu’à 1,50 m de haut. Les feuilles allongées, dentées vert-gris restent assez discrètes, à la base de la plante. Au cœur de l’inflorescence, de nouvelles fleurs apparaissent tout au long de l’été et de l’automne. Le travail de suppression des fleurs fanées est donc inutile et surtout peu recommandé ! Le parfum qu’elles dégagent attire une nuée d’insectes pollinisateurs et de papillons du genre vulcain ou vanesse. En plantant un pied non loin du potager, vous favoriserez la fécondation des légumes-fruits (tomates, pois, haricots …). La frugalité de la verveine n’entraîne pas de concurrence avec les espèces potagères. Semées çà et là, le côté aérien de la plante permet de créer un rythme au sein des parcelles fleuries.

 

 Verbena bonariensis, La Romieu (32), Jardin de Coursiana 45  Verbena bonariensis, Audenge (33) Lucasson 26908 redimensio Verbena bonariensis 1072 redimensionner

 

   La verveine de Buenos Aires s'associe très bien avec des fleurs de même couleurs comme les agapanthes (photo Vavou au centre) et encore mieux avec des fleurs blanches comme des sauges sclarées, des pétunias (photos Vavou à gauche et à droite)

 

En plantant une série de pieds en ligne, distants de 30 cm, vous obtenez une bordure de bonne taille qui peut servir à isoler un coin du jardin ou à abriter des regards pour la durée d’un été.

Verbena venosa, Begonia, 10844 redimensionnerPour constituer une bordure de moindre envergure, plantez la Verbena venosa (photo Vavou ci-contre). Souvent cultivée en annuelle, elle arbore des têtes plates mauves à 40 cm du sol. On l’utilise souvent dans les massifs des espaces verts pour créer un effet de masse. En climat doux, la touffe se reconstitue chaque année, à partir de ses racines tubéreuses.

 

Questions pratiques

La verveine de Buenos Aires (Verbena bonariensis) est vendue au rayon vivace même si sa durée de vie reste brève. Si elle ne résiste pas aux rigueurs de l’hiver, elle se ressème sans difficulté dans le jardin sans devenir envahissante pour autant.

Elle pousse dans les champs humides d’Argentine ou du Brésil mais offre une grande résistance à la sécheresse malgré tout. Elle n’a pas besoin d’engrais pour fleurir. Les tiges florales peuvent être laissées telles quelles au cours de l’hiver, formant un enchevêtrement léger où le araignées viendront tissées leur toile. Il n’est pas rare de voir surgir de jeunes plants au printemps issus d’un semis naturel.

La multiplication se fait par division de touffe au printemps, bouturage ou semis au chaud, en mars.   

 

3 - La verveine citronnelle (Lippia citriodora)

 

Ilippia-01l s’agit d’un arbrisseau chilien de la même famille que la verveine (Verbénacée) mais qui appartient à un tout autre genre. Le nom scientifique de la verveine citronnelle est Lippia citriodora. Elle a supplanté la verveine officinale en Europe, à la fin du 18e siècle en raison de son parfum plus prononcé pour concocter des infusions. Comble du paradoxe, la verveine officinale s’est aujourd’hui naturalisée en Amérique du Nord.

La verveine citronnelle est recommandée pour améliorer la digestion et guérir les maux de tête en infusion, aux doses respectives de 15 et 30 g/l d’eau, de feuilles séchées et de sommités fleuries. L’arbuste n’est par dépourvu d’intérêt ornemental, même si une partie des rameaux sèche avec le gel. Plantez-le contre un mur sud et protégez bien la souche en hiver avec de la paille ou des feuilles mortes. Dans mon jardin, la verveine citronnelle a résisté à des températures avoisinant -10 à -13°C. Elle repart ainsi régulièrement de souche vers la fin du printemps. En été, elle supporte très bien les températures élevées et les manques d’eau occassionels. Elle s’adapte aussi très bien dans tous les types de sols, à condition qu’ils soient bien drainés en hiver.   lippia 02

 

 

Le saviez-vous ?

Dans l’Antiquité romaine, le nom de Verbena était octroyé à toutes les plantes sacrées utilisées pour frapper le texte d’un pacte. Ce geste conférait ainsi une plus grande valeur au traité. Ce nom est resté à notre verveine officinale qui servait aussi à purifier les autels, à confectionner les couronnes des ambassadeurs…

 

4- Autres articles de saison

 

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

Les plantes d’ornement :

o Les rhododendrons, feu d’artifices printanier

o Les fleurs et feuillage pourpres

o Les agapanthes aux fleurs d’azur

 

Le potager

o Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

o Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o Les légumes perpétuels

o Les semis de tomate

o Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

Des idées de visites de jardins

o Les Tropiques au Conservatoire botanique de Brest

o Le Val Rahmeh, un jardin d’acclimatation à Menton

o Le jardin botanique de Montréal

 

Vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne de droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles (dans la même colonne).

 

Par Vavou - Publié dans : Plantes méditerranéennes et de climat doux
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 08:07

Le jardin botanique de Montréal est l’un des trois plus grands jardins de ce type au monde. J’ai eu la chance de le visiter l’an dernier au mois de mai et je souhaitais vous donner un petit aperçu des impressionnantes collections de ce jardin. Nous découvrirons ainsi les serres tropicales, le magnifique jardin chinois et le jardin alpin… Il y a plus de 20 000 espèces et cultivars de plantes à découvrir. Rassurez-vous, on s’arrêtera avant… Et, trêve de bavardages, commençons la visite !

 

Montréal (2011), Jardin botanique de Montréal 44899 redim Canada (2011) Montréal Biodôme et Stade olympique44897 re

L’entrée monumentale du Jardin botanique de Montréal avec le bâtiment de l’école horticole et, pas loin de là, la tour du stade olympique (Photos Vavou)

 

1 - Un jardin même pas centenaire

 

Le frère Marie Victorin (photo Wikipedia)

 

Marie-Victorin

L’idée de doter Montréal d’un jardin susceptible de rivaliser avec les grands parcs européens comme Kew ou le jardin des Plantes de Paris remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle. Les autorités municipales attendront plus de 50 ans avant de doter enfin cette ville d’un lieu dédié à la botanique digne de ce nom. C’est un jeune professeur de botanique, le frère Marie Victorin, auteur d’une flore des Laurentides, qui convainc la ville de passer des paroles aux actes. En 1931, il obtient un terrain de 75 hectares au nord-est de la ville de Montréal, tout près de l’actuel stade olympique. Il confie l’architecture générale du jardin au paysagiste d’origine allemande Henry Teuscher, dendrologiste au jardin botanique de New York. Il deviendra quelques années plus tard le conservateur du jardin botanique de Montréal.

 

Montréal (2011), Jardin botanique de Montréal 45187 redim

La serre principale (photo Vavou)

 

Dès le début, le jardin accueille une école d’horticulture construite dans le style Art déco typique de cette époque et qui existe toujours. En 1956, le jardin s’orne de  très belles serres. Au début des années 1980, le parc accueille les Floralies internationales. Les activités scientifiques s’intensifient au point d’accueillir un institut de recherche en biologie végétale de tout premier plan. Bref, loin de se cantonner à une collection de plantes, le jardin est un lieu de sciences.

 

2 - Les serres tropicales

 

Belloperone guttata, Montréal (2011), Jardin botanique deLa serre tropicale avec des Belloperone guttata et des Vriesia (plante à droite), Jardin botanique de Montréal (photos Vavou)

 

En pénétrant dans le jardin par l’entrée principale, on découvre d’abord l’imposant bâtiment d’accueil qui fut l’école d’horticulture et juste derrière les serres tropicales. Celles-ci comptent cinq modules. Deux serres m’ont particulièrement séduite. Dans la serre des forêts tropicales humides, de très belles broméliacées telles que des Vriesa, des Aechmea, des Tillandsia frôlent vos cheveux dans une atmosphère moite où il ne manque que le chant des oiseaux. Puis vient la zone des fougères où se trouvent près de 200 espèces très bien disposées autour d’un petit ruisseau qui coule à l’intérieur même de la serre.

 

Fougères sp, Montréal (2011), Jardin botanique de MontréLa serre des fougères, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

Montréal (2011), Jardin botanique de Montréal 45199 redim

A l’autre bout du bâtiment, vous trouverez la serre des régions arides. Bonjour l’Arizona et le Mexique illustrés par des collections de cactus cierges, les fameux Cereus. Les jardiniers y ont aussi reconstitué une petite hacienda où le dépaysement est garanti.

 

Une partie du jardin de cactées, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

 

 

 

 

      Montagnes jardin du ciel, Montréal (2011), Jardin botaniquPlus curieux encore, se trouve au bout de cette serre une collection très curieuse de penjings, l’équivalent chinois des bonsaïs japonais. Sobre, dépouillé, presque austère, on ne reste pas insensible devant l’harmonie et la puissance dégagées par les compositions qui mêlent le végétal et le minéral de fort belle manière.  

 

Un exemple de penjings : les Montagnes, jardins du ciel, Jardin botanique de Montréal (Photo Vavou)

 

 

 

 

 

  3 – Le paradis céleste à Montréal

 

Montréal (2011), Jardin botanique de Montréal, J-copie-1Pavillon de l’Amitié, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

Le jardin chinois est sans aucun doute le point fort de la visite. Construit en 1991, il résulte d’une collaboration entre les jardiniers de Shanghai et ceux de Montréal. Ce jardin s’étend sur 2,5 ha et compte sept pavillons très bien intégrés dans leur écrin de verdure. Ils ont été entièrement construits en Chine puis transportés en pièces détachés dans quelques 120 conteneurs. Et comme rien n’était visiblement trop beau pour ce jardin, les concepteurs chinois ont aussi amené dans leurs soutes plus de 500 tonnes de pierres ! Disposé autour d’un petit lac, on pénètre dans le jardin par une cour rectangulaire gardée par deux lions de pierre et pavée de mosaïque de galets et où s’épanouissent des cerisiers à fleurs et des azalées.

 

Montréal (2011), Jardin botanique de Montréal, Jardin chiLa cour carrée du jardin chinois, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

On quitte ce jardin, sobre et reposant, par la porte de Lune. De là, on jouit d’une vue d’ensemble sur le jardin et notamment le lac. Un petit pont en zigzag permet de laisser derrière soi les éventuels mauvais génies qui, dans la culture chinoise, sont aussi faibles d’esprit car ils ne savent se déplacer qu’en ligne droite. Des tapis de muscaris et de jonquilles s’épanouissent sous les floraisons de Magnolia kobus – symbole de la ville de Shanghai – et des pommiers d’ornement – symbole de la ville de Montréal –.On entre alors dans le pavillon de l’Amitié, sans poser le pied sur le seuil de la porte mais en le franchissant allègrement pour ne s’attirer la malchance selon la tradition chinoise. D’inspiration Ming, ce bâtiment très imposant se distingue par son impressionnante charpente en bois.

 

    Ulmus parviflora, 80 ans, Montréal (2011), Jardin botaniqu

En sortant, on découvre alors la montagne, ses rochers et sa pagode. C’est le domaine des érables du Japon, des rhododendrons et des pins taillés en nuage. Mais avant de vous y rendre, cherchez dans les dédales de jardin, la petite cour carrée où est exposée en plein air une collection de penjings, les bonsaïs chinois. C’est un de mes endroits préférés pour son calme et la beauté des bonsaïs présentés.

 

    Un orme à petites fleurs (Ulmus parviflora) de 80 ans, Jardin botanique de Montréal (Photo Vavou)

 

Un dernier coup d’œil sur le curieux bateau de pierre qui semble flotter à même les eaux du lac et on poursuit la visite. On n’est encore que dans le premier quart du jardin botanique…

 

4- Le jardin alpin

 

Montréal (2011), Jardin botanique de Montréal, jardin desPetit aperçu de la collection de conifères du jardin alpin, jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

Juste à côté du jardin chinois se trouve le jardin alpin qui, vues les conditions climatiques de Montréal l’hiver, se devait d’accueillir un jardin digne de ce nom. Disposé autour d’un monticule rocheux, le jardin alpin se caractérise par une collection de conifères typiquement nord-américains tel le mélèze larcin (Larix laricina), le thuya géant (Thuja plicata) des Tsuga et des pins blancs (Pinus strobus), rouges (Pinus resinosa), gris (Pinus contorta), argentés et pleureurs de surcroît (Pinus monticola 'Rugby's Weeping'), tous adaptés aux hivers rigoureux du Canada.

 

Mais, en ce mois de mai, l’arbre que j’ai trouvé le plusPicea asperata, Montréal (2011), Jardin botanique de Montr curieux est un épicéa de Chine, Picea asperata, qui présente de fort jolis bourgeons tout roses sur un fond d’aiguilles bleutées. Rien de plus, seulement la simplicité et la surprise de ces petits bourgeons tout craquants.

 

Picea asperata, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou ci-contre à droite)

 

Et puis, tout à coup, un drôle d’espace rocailleux constitué de longues barres de grès attire mon attention. Et là, surprise ! Pensant ne voir là que quelques vulgaires pins nains, me voici face à une variété de pin dont certains sujets vivants aux États-Unis sont contemporains de Mathusalem : le fameux Pinus aristata. Certains exemplaires de ce pin typique des montagnes Rocheuses atteignent plus de 2000 ans dans leur milieu naturel. Ici, les arbres ont tout au plus 20 ans. Ce ne sont donc encore que des nourrissons qui deviendront peut-être centenaires si la nature et les hommes leur prêtent vie.

 

Pinus aristata, Montréal (2011), Jardin botanique de MontrPinus aristata, Jardin botanique de Montréal (Photo Vavou, ci-contre à gauche)

 

Dans l’idée d’un jardin alpin soumis aux rudes conditions de la haute montagne, les créateurs du parc ont mis l’accent sur les nombreuses plantes vivaces rases et tapissantes que l’on trouve souvent en altitude. Savamment disposés sur un sol rocailleux, sec et entrecoupé de crevasses, des tapis de Globularia cordifolia jouxtent des massifs de phlox nains et des ancolies du Canada (Aquilegia canadensis). On trouve aussi une belle collection de pulsatilles, avec des cultivars roses, rouges, bleues…

 

 

 

 

 

   Aquilegia canadensis, Montréal (2011), Jardin botanique de Globularia cordifolia, Montréal (2011), Jardin botanique d

Aquilegia canadensis (ci-dessus à gauche) et Globularia cordifolia (ci-dessus à droite), Jardin botanique de Montréal (photos Vavou)

 

Pulsatilla pratensis ssp Zimmermanni, Montréal (2011), JarPulsatilla pratensis ssp Zimmermanni, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

Lewisia tweedyi, Montréal (2011), Jardin botanique de MontEt au milieu de tout cela, trois plantes ont retenu mon attention en ce début de printemps : un petit Lewisia tweedyi aux charmantes fleurs saumon et que je ne pensais pas être aussi rustique. Ce Lewisia, originaire de l’État de l’Oregon est très rare ce qui lui vaut le statut de plante protégée. S’il résiste à des températures avoisinant les -30°C, il déteste en revanche l’humidité stagnante qui provoque la pourriture de sa rosette de feuilles. Il pousse donc souvent dans les crevasses où l’eau ne fait que passer sans s’attarder. À défaut de vous procurer L. tweedyi, vous pourrez toujours satisfaire vos envies de petites fleurs saumon avec Lewisia cotyledon, plus facile à trouver mais pas forcément à cultiver car il ne résiste guère à -8°C ce qui en fait une plante de serre froide chez nous.

 

Lewisia tweedyi, Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

J’ai aussi repéré une belle tulipe aux pétales flammées tant par la forme que la couleur jaune et orange feu : Tulipa acuminata. Mais rien de canadien puisque cette tulipe est une vielle variété d’origine turque. La dernière curiosité est un Polygala chamaebuxus, un petit arbuste de 20 à 30 cm de haut et couvert de ravissantes fleurs jaunes et mauve pâle. Avec le jardin botanique du Lautaret en France, c’est un des plus riches jardins alpin qui m’a été donné de voir.

 

Tulipa acuminata, Montréal (2011), Jardin botanique de Mon  Polygala chamaebuxus, Montréal (2011), Jardin botanique de

Tulipa acuminata (à gauche) et Polygala chamaebuxus (à droite), Jardin botanique de Montréal (photos Vavou)

 

5 - L’arboretum

 

Malus florinbunda, Montréal (2011), Jardin botanique de MoMalus floribunda, jardin botanique de Montréal (photo Vavou)

 

Un bon tiers de la surface totale du jardin botanique est occupé par un arboretum créé en 1970 et contenant une impressionnante collection de conifère nord-américain qui complète celle du jardin alpin, une collection de tilleuls venant de lieux aussi improbables que la Mandchourie ou la Mongolie. Mais, spécialité canadienne oblige, deux espèces d’arbres ont particulièrement retenu mon attention en ce début de printemps : les magnolias jaunes dont je vous ai déjà parlé dans un article précédent et une collection de pommetiers. Des pommetiers…, mais qu’est-ce donc ? Ce sont tout simplement ce que nous appelons chez nous les pommiers d’ornements (Malus floribunda). Ces pommiers sont très rustiques puisqu’ils résistent sans problème aux hivers boréaux. Au jardin botanique de Montréal, vous trouverez toutes les combinaisons possibles chez les pommetiers : feuilles vertes ou pourpres, fleurs blanches ou roses, fruits rouges ou orange, les mariages semblent infinis. Il y avait enfin un très beau jardin de vivaces de mi-ombre mais dont je vous parlerai dans un autre article.

 

6- Autres articles de saison

 

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

D’autres jardins à visiter

o Les Tropiques au Conservatoire botanique de Brest

o Val Rahmeh, un jardin d’acclimatation à Menton

o Le jardin Albert Kahn 

 

Les plantes d’ornement :

o Les rhododendrons, feu d’artifices printanier

o Les fleurs et feuillage pourpres

o Les primevères de jardins

 

Le potager

o Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

o Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o Les légumes perpétuels

o Les semis de tomate

o Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

Vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne à droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles (dans la même colonne).

 

Par Vavou - Publié dans : Jardins d'ici et d'ailleurs
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 18:24

 

Les campanules (Campanula) constituent une vaste tribu de plantes vivaces, bisannuelles ou annuelles qui ont ce pouvoir d’enchanter les sous-bois ou les murs de pierre. La fraîcheur de leurs coloris bleus, blancs ou mauve s’accorde à la simplicité de leurs fleurs en clochettes pendantes ou dressées.

 

1 - Portrait de famille

     

08B Campanula portenschlagiana (syn muralis) 7185 redimensiLes campanules présentent pour la plupart une grande rusticité du fait de leur sol d’origine, les régions tempérées de l’hémisphère Nord. Le genre Campanula comprend plus de 250 espèces herbacées qui poussent au soleil comme à l’ombre, dans les sols profonds humifères ou bien rocailleux et calcaires. Certaines produisent des coussinets recouverts de clochettes, comme la campanule des murailles tandis que d’autres élaborent des hampes florales de plus de 2 m comme la campanule pyramidale, après que le feuillage de la base a complètement disparu.

Leur durée de vie, assez brève, implique de diviser la touffe de façon régulière à l’automne ou au printemps. Certaines se ressèment toutes seules dans un sol bien drainé et chaud comme la campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia) et la C. portenschlagiana.

 

 

Campanula portenschlagiana –Photo Vavou

 

 

 

 

2 - Pour les bordures, dallages et murets

 

Campanula portenschlagiana 'Blue Sky' –Photo Vavou

 

C-Campanula-portenschlagiana--Blue-Sky--ADDENDA--BLUE-SKY--.JPG 

Pour tapisser le pied des rosiers arbustifs ou orner une rocaille, la campanule des Carpathes (Campanula carpatica) est excellente. Elle forme un tapis de grosses clochettes, bleues, lavande ou blanches, d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur, du printemps jusqu’en fin d’été. Il existe des variétés plus compactes comme ‘Turbinata’ et ‘White Clips’, à fleurs blanches.

Les petites campanules de murailles, affublées de noms assez barbares tels que, C. portenschlagiana et porscharskyana n’ont pas d’égal pour s’immiscer dans les moindres interstices d’un dallage ou d’un muret. Elles constituent de petits amas d’étoiles bleues sous le soleil de mai-juin. Leur floraison est prolongée en situation mi-ombragée. C. porscharskyana est plus vigoureuse, elle forme des touffes de 30 cm de haut. Toutes deux originaires d’une région montagneuse de Croatie, la Dalmatie, elles s’adaptent à des terrains pauvres et calcaires et leur seule exigence est de pousser dans un sol bien drainé. Elles se ressèment à l’envie et ne demandent vraiment aucun entretien. Elles s’utilisent aussi en suspension tout comme l’étoile de Marie (C. isophylla) aux tiges très souples, mais non rustique, munie de clochettes étoilées blanches ou bleu pâle.

 

 

 

3 - Pour éclairer lisières et sous-bois

 

08D Campanula aliarifolia, Audenge (33) Lucasson 33168 rediC. alliariifolia devant le feuillage panaché du Persicaria virginianum 'Painter's Palette' et Hydrangea paniculata - Photo Vavou

  

  

Les campanules en provenance du Caucase comme C. alliariifolia et C. lactiflora ornent avec élégance les terrains lourds, frais et fertiles. La première dresse à 60 cm des épis lâches de grosses clochettes blanches, de juin à août.

  

 

 

08E-Phlox-rose-pale-parfume_20061b_redimensionner.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

La seconde, beaucoup plus vigoureuse, atteint 1,50 m. Elle se pare de fleurs bleu clair à soutenu, rose lilacée chez‘Loddon Anna’ ou blanches, en été et refleurit sur les pousses latérales en automne. Evitez de rabattre la tige, contentez-vous d’ôter les fleurs une à une pour favoriser la ramification de la hampe florale. En climat humide et dans un sol riche et un peu ombragé, elle peut prendre d’énormes proportions !

  

    C. lactiflora ‘Loddon Anna’ mêlée au Phlox - Photo Vavou

 

 

4 - Pour former des plates-bandes

 

La plus populaire des grandes campanules pour zone ensoeillée est la campanule persicifolia qui forme de grosses touffes de feuilles allongées vert vif semblables à celles du pêcher. La floraison, en juillet-août, est composée de clochettes globuleuses perchées à 90 cm, bleu clair ou blanc pur comme ‘Fleur de neige’, à fleurs doubles chez ‘Pride of Exmouth’ et ‘Boule de Neige’.

  

     

08Fbis Campanula persicifolia, Le Teich (33) Chez -copie-1      08G-Campanula-pyramidalis_2077_redimensionner.JPG  

 

   C. persicifolia, Knifophia et Eschscholtzia californica   et C. pyramidalis -Photo Vavou

  

  

La spectaculaire campanule pyramidalis avoisine les 2 m de haut ! Elle se plaît aussi bien au soleil qu’à mi-ombre et affectionne les sols rocailleux et calcaires. Vivant 2 ou 3 ans, elle a l’inconvénient de ne fleurir bien qu’une année mais se ressème spontanément. Pensez à la diviser au printemps ou à l’automne pour conserver de jeunes souches.

 

  

5 - Le carillon des jardins de curés

 

    bCampMedia_redimensionner.jpgLa campanule des jardins (Campanula medium) est une espèce bisannuelle qui dresse des tiges robustes de 1 m en fin de printemps et début d’été. Elle porte de grosses clochettes simples ou doubles, à bords retroussés, blanches, bleues ou roses. Les cultivars « nains » mesurent 60 cm. Semez les graines en juin parmi vos massifs ensoleillés de pivoines ou de rosiers anciens pour une floraison l’année suivante. Elle aime les sols fertiles et calcaires, exige du soleil et constitue de belles fleurs à couper.

   

 

 

  Campanula medium – Photo Vavou

 

6 - Les asiatiques en tenue lie-de-vin

Campanula takesimana 'Elysabeth' – Photo Vavou

Campanula-takesimana--Elisabeth-_18511_redimensionner.JPGL’espèce coréenne Campanula takesimana colonise en quelques mois un massif grâce à ses rhizomes traçants. Son feuillage triangulaire vert clair est très lumineux. Plusieurs tiges de 60 cm de haut portent, de juin à août, des clochettes exceptionnellement longues, colorées de vieux rose notamment chez la variété ‘Elysabeth’. Elle demande un sol humifère et requiert une exposition mi-ombragée.

L’espèce japonaise punctata porte de grosses clochettes assez similaires, à la texture plus épaisse, blanc crème à pourpre. Elle apprécie les sols légers et la mi-ombre. La floraison est moins dense et la végétation moins haute (50 cm) que chez la précédente.

        

 Plantation

-Installez les campanules à l’automne ou au printemps dans un sol plutôt frais et compact pour les grandes campanules et bien drainé pour les variétés tapissantes.

- Arrosez régulièrement pendant l’été et paillez pour maintenir la fraîcheur.

Associez les tapissantes aux œillets, à la corbeille de mariée (Cerastium), aux rosiers Polyanthas (à petites fleurs)…

Les grandes campanules s’accordent avec toutes les plantes de terrain frais comme la digitale ou le delphinium. Leur simplicité confère un esprit champêtre à vos massifs.

 

7- Autres articles de saison

Outre un article sur le  jardin Albert Kahn qui est très beau à visiter en ce début de printemps, vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

·       Soit les plantes d’ornement :

 

o   Les rhododendrons, feu d’artifices printanier

o   Les  magnolias à fleurs blanches et rose

o   Les magnolias à fleurs jaunes

o   Les primevères de jardins

o   En Jaune et Blanc, les floraisons arbustives printanières

 

·       Soit le potager

o   Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

o   Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o   Les légumes perpétuels

o   Les semis de tomate

o   Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

Vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne à droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles (dans la même colonne).

 

Par Vavou - Publié dans : Vivace
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 20:30

Arbre aux colombes, arbre aux mouchoirs ou encore arbre aux fantômes, le Davidia involucrata collectionne les qualificatifs qui évoquent tous sa floraison hors du commun. Cet arbre a marqué les esprits lorsque le Père David en fit sa description pour la première fois en 1871. Le célèbre naturaliste effectuait alors un voyage en Chine de 11 ans, très riche en découvertes comme celle du panda. Le Davidia fait encore figure de rareté dans nos jardins, alors que sa culture n’a rien de particulier.

 

Davidia involucrata var vilmoriniana - les barres 074 redim

 

Davidia involucrata var vilmoriniana, l'arbre aux mouchoirs à l'arboretum des barres à  Nogent-sur-Vernisson (45) (Photo Vavou)

 

1 - Un arbre unique

 

Le Davidia est quasiment le seul représentant de la famille des Nyssacées avec un arbre américain le Nyssa sylvatica. Sa silhouette pyramidale puis arrondie et son feuillage vert tendre et denté ne sont pas sans rappeler un arbre de nos régions : le tilleul. Si vous laissez l’arbre en port libre, il n’est pas rare qu’il forme plusieurs troncs. Sa hauteur à l’âge adulte varie entre 12 et 20 m. Ses feuilles sillonnées de nervures exhalent un léger parfum à leur naissance et mesurent 15 cm.

 

11- Les tumultes de sa découverte.

 

Le Davidia fut décrit pour la première fois par le Père David (1826-1900), célèbre naturaliste (découvreur du panda) qui a donné son nom à plusieurs plantes chinoises comme le Buddleia davidii (arbre aux papillons) et bien sûr le Davidia. L’arbre fut découvert dans la région de Chengdu au centre de la Chine. Onze ans plus tard ce même explorateur tomba sur une autre variété très proche. Ce sont des pépiniéristes collectionneurs comme Vilmorin en France et Veitch en Angleterre qui chargèrent respectivement les missionnaires Fargès et Wilson de rapporter des graines.

Le Français fut le premier à faire parvenir les semences d’un arbre dont une seule graine germa au bout de 2 ans en 1899. L’arbre fleurit en mai 1906 pour la première fois. On peut encore admirer sa floraison de mai, dans la collection des Vilmorin, à l’Arboretum des Barres (Loiret) sur l’arbre qui porte désormais le nom de Davidia involucrata var. vilmoriniana. En effet, Wilson n’avait pas tout perdu dans sa quête puisqu’il rapporta une forme un peu différente de celle de Fargès, à feuillage duveteux qui fut considérée comme l’espèce type.

 

armand david01   armand david 02 redimensionner   armand david03

 

C'est bien le même homme ! Le père Armand David, missionnaire lazariste d'origine basque et visiblement imprégné par la Chine (photo Wikipedia)

 

12 - Des fleurs, un vol d’immenses papillons

 

Davidia involucrata var vilmoriniana - les barres 073 redimC’est ainsi que Wilson décrivit sa floraison. A l’âge de 10-12 ans, les branches se couvrent d’un foisonnement de « mouchoirs » blancs, longs de 20 cm qui lui ont valu ses multiples dénominations. En réalité, ces organes ne sont pas les fleurs mais des feuilles transformées – des bractées - comme dans le cas du poinsettia, de la bougainvillée ou du tilleul. Les fleurs minuscules forment une boule ronde de 2 cm de diamètre au creux des bractées.

En octobre des fruits solitaires semblables à des olives, longs de 4 cm virent peu à peu au brun rougeâtre et persistent sur l’arbre après la chute des feuilles. Ils contiennent 3 à 5 graines mais comme l’Histoire nous l’a révélé, la germination n’est pas facile ! Les fruits blets sont comestibles.

 

2 – A quoi servent ces « mouchoirs » ?

 

Les fleurs du Davidia rassemblées autour d’une petite sphère appelée capitule sont appelées à être fécondées et à former les futurs fruits. Mais à quoi servent les immenses « mouchoirs » blancs, ces « faux pétales » de 7 à 12 cm, appelés bractées, et qui sont en fait, d’un point de vue physiologique, des feuilles différenciées ? Servent-ils à attirer les insectes polinisateurs ou à autre chose ? Deux chercheurs chinois –J.F. Sun et S-Q Huang – ont récemment éclairci ce mystère et ont montré que la Nature ne fait jamais rien au hasard.

Pour vérifier l’attrait des bractées vis-à-vis, des insectes polinisateurs, ils ont tout simplement enlevé les bractées blanches. Le résultat fut sans appel : les insectes ne venaient jamais ou presque polliniser les fleurs sans mouchoirs. Ils ont aussi constaté cette même absence de pollinisation en début de floraison lorsque les bractées étaient encore vertes.

Plus subtiles encore, ils ont remplacé les bractées naturelles par des mouchoirs en papier blanc ! Et là surprise, les insectes venaient allégrement butiner les capitules de fleurs. Les bractées et leur couleur blanche jouent donc un rôle indéniable dans la pollinisation des fleurs.

 

Davidia-experimentation Sen et Huang

Les quatres dispositfs expérimentaux de Sun et Huang (2011) : des bractées vertes, naturelles ou en papier (en haut), des capitules avec et sans bractées (en bas à gauche) et des capitules avec des mouchoirs en papier (en bas à droite) (Photo Sun et Huang)

 

Pour aller au bout de leur expérimentation, Sun et Huang ont compté les grains de pollen des fleurs avec et sans bractées et avant même que les insectes ne viennent les butiner. Pour la petite histoire, cela fait près d’un million de grains de pollen à compter par capitules et il y avait 62 capitules à observer !

Et encore une surprise de taille : les fleurs sans bractées avaient beaucoup moins de pollen alors qu’aucun insecte ne les avait visitées. Sen et Huang ont alors trouvé le second rôle majeur des bractées : situées au-dessus des capitules de fleurs, les bractées protègent les fleurs de la pluie, très abondante dans cette région de la Chine, et évitent ainsi le lessivage des grains de pollen par les précipitations.

Le Davidia est en fait un arbre aux parapluies, un arbre à couvre-chef, un arbre à chapeaux ! Ses bractées sont la marque d’un trait évolutif où un organe accumule les fonctions : quand les bractées sont encore vertes, elles participent à la photosynthèse ; quand elles blanchissent, elles attirent les insectes pollinisateurs et quand il pleut, elles protègent les grains de pollen et évitent ainsi la coulure des fleurs qui empêche la fécondation.

 

3 - Sa culture, simplissime…

 

Dans son aire d’origine, le Davidia pousse dans les forêts de feuillus entre 1000 et 2600 mètres d’altitude. Il apprécie une ombre légère surtout en été. Mais dans les régions humides, il forme un très bel arbre en isolé. Il résiste à - 15°C sans problème voire -20°C.

Si vous souhaitez ne garder qu’un seul tronc, il est nécessaire d’éliminer les troncs secondaires qui poussent en oblique, au cours des 5 premières années de culture.

Offrez-lui un sol frais mais bien drainé, riche et bien travaillé. Plantez-le à l’abri du vent pour éviter la casse des branches. On ne lui connaît aucun parasite. Il se multiplie par bouture en fin d’été ou pendant l’hiver.

 

Davidia involucrata var vilmoriniana - les barres 071 redim

Davida involucrata en association avec des cerisiers du Japon et des rhododendrons, Arboretum des Barres, Nogent-sur-Vernisson (45) Photo Vavou

 

Seul petit bémol que j’ai gardé pour la fin de cet article afin de vous tenir en haleine : le Davidia met quelques années avant de fleurir ; il n’est pas rare d’attendre 10 à 15 ans avant de voir s’épanouir les premières « colombes », « chapeaux », « parapluies »… enfin les bractées.

 

4- Autres articles de saison

 

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

• Soit les plantes d’ornement :

 

o  Les rhododendrons, feu d’artifices printanier

o  Les magnolias à fleurs blanches et rose

o  Les magnolias à fleurs jaunes

o Le Forsythia, des fleurs de soleil pour le printemps

o Les primevères de jardins

o Les arbustes à fleurs précoces au printemps

o En Jaune et Blanc, les floraisons arbustives printanières

 

• Soit le potager

o Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

o Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o Les légumes perpétuels

o Les semis de tomate

o Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

Vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne à droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles (dans la même colonne).

 

Par Vavou - Publié dans : Arbres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 00:00

Avec la fin des grands froids et même s’il y a encore quelques gelées matinales, les plantations et les semis de printemps peuvent commencer au potager. Cela vaut particulièrement pour l’ail, les échalotes, les laitues et les radis. Qui plus est, ces semis sont très faciles à réaliser, y compris pour les jardiniers débutants. Le respect de quelques règles de base et de petites astuces peut vous y aider.

 

Potager de Greignac 18879 redimensionner

Potager du jardin de Greignac dans le Limousin (photo Vavou)

 

1 – Ail, échalotes et oignons, des valeurs sûres

 

Allium sativum 23044 redimensionnerLe début du printemps (février-mars) est l’époque idéale pour planter les caïeux d’ail rose et disposer ainsi d'une récolte en juillet-août. Facile à réaliser, la culture de l’ail nécessite malgré tout deux conditions. Premièrement, l’ail apprécie les sols un peu lourds (siliceux ou calcaire) où l’eau ne stagne pas. Ensuite il préfère être planté dans une parcelle qui n’a pas reçu de fumier ou de compost depuis au moins 1 an. Pour la plantation elle-même, détachez les gousses périphériques de la tête d’ail (photo Vavou ci- contre) et plantez-les dans des sillons espacés de 20 cm en laissant 12 cm entre chaque bulbe. Placez la pointe vers le haut et recouvrez de 1 cm de terre seulement. Arrosez de temps en temps si le printemps est sec.

 

Allium ascalonicum , échalote, Audenge (33) 29661 redimenSi votre sol est sableux, l’ail ne poussera pas très bien. En revanche, c’est un type de sol qui convient parfaitement à l’échalote (hormis la grise) car son bulbe est particulièrement sensible à la pourriture. Si votre sol est argileux, l’échalote poussera aussi, mais il est peut être préférable, dans ce cas, de la planter au printemps plutôt qu’à l’automne. Le mode opératoire pour la plantation de l’échalote est le même que pour l’ail, il faut juste laisser affleurer la pointe des bulbes.

 

A partir du 15 février, vous pouvez aussi mettre en place les bulbilles d’oignon ‘Jaune de Mulhouse’ pour récolter de très gros oignons en juillet. Jusqu’en avril, c’est aussi l’époque des semis d’oignons jaunes et rouges. Pour réussir son semis, il convient de semer le plus clair possible en lignes ou sur bandes, directement en place, en pépinières ou sous tunnel. Ratissez légèrement et tassez en montant sur une planche. Eclaircissez lorsque les plants ont 4 ou 5 feuilles et repiquez les plus beaux qui arriveront à maturité un peu plus tard. Arrosez puis binez régulièrement entre les plants. Il est inutile d’arroser par la suite.

 

Allium cepa, oignon 19972 redimensionner

Oignons blancs chez Biaugerme à Montpezat d'Agenais (47), (Photo Vavou)

 

2 – Les laitues, une large gamme de variété possibles

 

Lactuca, Doubs (25) Arc-et-Senans 27017 redimensionner

Mélanges de laitue aux Salines d'Arc-et-Senans dans le Doubs (25) (Photo Vavou)

 

La fin d’hiver est aussi le moment de semer les laitues pommées de printemps pour uneLactuca sativa, laitue sous tunnel P17 16077 redimensionner récolte fin avril-mai : vous pouvez vous essayer à la laitue batavia ‘Dorée de printemps’, ‘Rossia’, ‘Marsala’, la laitue ‘Reine de Mai de pleine terre’. La laitue romaine comme ‘Verte Maraîchère’, à la pomme allongée et aux feuilles croquantes, se sème un peu plus tard à partir de fin mars jusqu’en juillet.

  

Il n’est pas inconsidéré de penser d’ores et déjà aux semis des laitues pommées d’été et d’automne des variétés ‘Appia’, ‘Verpia’ ou ‘Elsa’. Vous pouvez aussi mettre en place directement des plants hivernés sous châssis.

Quelles que soient les variétés choisies, semez le plus clair possible en lignes, directement en place, en pépinières ou sous tunnel. Eclaircissez lorsque les plants ont 4 ou 5 feuilles et repiquez les plus beaux qui arriveront à maturité un peu plus tard. Arrosez et binez régulièrement entre les plants.

 

3 – Les radis, faciles à réussir

 

Raphanus sativus, radis 16080 redimensionnerLa campagne de semis des radis débute dès février sous abri et dure jusqu’à fin septembre. C’est l’occasion d’essayer les radis longs, les ronds, les rouges, les violets, les blancs… Lors du semis, veillez simplement à enterrer davantage les graines des radis longs (à 2-3 cm de profondeur). Choisissez des variétés pour culture hâtée sous châssis tant que le sol n’est pas bien réchauffé comme le radis ‘Kiva’, ‘Gaudo’, ‘Gaudry’, ‘Flamino’…

Maintenez un sol frais tout le long de la culture pour éviter le « piquant » de la chair. Cela limitera aussi les invasions d’altises, ces petits coléoptères noirs qui rongent les feuilles.

Comme pour le radis, le navet se sème le plus clair possible, en ligne ou en rang large mais à mi-ombre.

 

L’astuce du jardinier :

Sous un châssis ou tunnel bien exposé, semez en mélange des graines de carottes à forcer, courtes ou demi-longues (type ‘Buror’ ou Nancor’), des radis et plantez de jeunes laitues distantes de 25 cm. Vous obtiendrez une récolte échelonnée des différents légumes.

 

Chassis, Pessac (33) Chez Mr Pin 43007 redimensionner   Potager Lespinasse 16800 redimensionner

 

Plantation de salades sous châssis et légumes en plantation surélevées sur banquette, chez Jean-Marie Lespinasse (auteur du livre Le jardin naturel) Bordeaux (33), (Photo Vavou)

 

4- Autres articles de saison

 

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

• Soit le potager

o Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o Les légumes perpétuels

o Les semis de tomate

o Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

• Soit les plantes d’ornement :

 

o Les magnolias à fleurs blanches et rose

o Les magnolias à fleurs jaunes

o Le Forsythia, des fleurs de soleil pour le printemps

o Les primevères de jardins

o Les arbustes à fleurs précoces au printemps

o En Jaune et Blanc, les floraisons arbustives printanières

o La taille raisonnée et l’élagage des arbres d’ornement

o L’Hamamelis, l’arbuste aux fils d'or

o La taille des rosiers (il n’est pas encore trop tard pour le faire)

 

Vous pouvez également vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles (voir sur la colonne de droite).

 

Par Vavou - Publié dans : Potager
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Rechercher

Présentation

Nombre de visiteurs

Profil

  • Femme
  • nature curieuse passionnée jardin aménagement
  • Ingénieur horticole et journaliste indépendante, passionnée de plantes et de jardins, je suis à disposition de la presse professionnelle pour leur écrire des articles de fond et mettre à leur disposition une photothèque de 50 000 clichés.
  • Vavou

Partager

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés