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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 13:07

 

Lors de fin de printemps-début d'été très pluvieux, des températures fraîches entraînent une attaque assez fréquente du mildiou, sur la tomate et la pomme de terre. Apprenez à la détecter précocément afin de juguler la contamination.

13A-Lycopersicon-escullentum--Tigirella-_21249_redimensionn.JPG

 

1 Reconnaître la maladie dès les premiers symptômes

 

La biologie du champignon

Le mildiou qui sévit sur la tomate est dû à un champignon (Phytophtora infestans) qui s’attaque aussi aux pommes de terre. Des spores survivent dans le sol pendant l’hiver. C’est d’ailleurs souvent par les repousses de pomme de terre laissées en place que les premières contaminations ont lieu. Le champignon se développe dans des conditions bien particulières de température et d’humidité. En deçà de 10°C et au-delà de 30°C, il cesse totalement d’évoluer. Il meurt en 4 h à 38°C. C’est entre 18 et 20°C que la propagation du champignon est optimale ce qui correspond généralement au début du printemps et en fin de saison mais à condition que le temps soit humide. Les spores ne germent en effet que des feuilles recouvertes de gouttelettes d’eau. Le printemps pluvieux et frais a été le facteur déterminant de la contamination cette année-ci.

 

 

Les symptômes sur tomate et pomme de terre

Les premiers symptômes se repèrent par des taches huileuses sur la face supérieure des feuilles qui se dessèchent au centre et par un duvet blanc au revers de la tache (Photo 1). Les nervures se mettent à brunir au niveau des taches. On observe aussi des plages marron bien nettes sur les tiges et les pétioles des feuilles (Photo 2). Les jeunes fruits qui n’arrivent pas à mûrir sont marqués de bosselures brunes, dures et marbrées partant souvent de la base du fruit. Le plant dépérit très rapidement.

Chez la pomme de terre, les spores, tombées au sol contaminent également les tubercules qui présentent des zones noirâtres, déprimées devenant sèches à la longue qui finissent par pourrir. Il existe d’autres formes de mildiou qui s’attaquent aux oignons, à la laitue, à la vigne...

 

  Symptômes sur les feuilles et les tiges de tomate - (Photo Vavou)

 13B-Mildiou-sur-tomate_19618_redimensionner.JPG13C-Mildiou-sur-tomate_19617_redimensionner.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 Les moyens de lutte

Les moyens de lutte sont essentiellement préventifs car une fois la maladie installée dans les tissus, éliminez sans attendre les parties infestées voire les plants entiers. Traitez ensuite au cuivre (bouillie bordelaise ou oxychlorure de cuivre à 16% (soit 15g/litre)) pour éviter une nouvelle germination des spores. Les purins de prêles ou d’ortie agissent également à titre préventif si vous les appliquez en période humide.

Lors de la mise en place de la culture, évitez de trop serrer les plants afin que l’air puisse circuler aisément à travers le feuillage. N’arrosez pas le feuillage mais au pied.

Renouvelez le traitement au cuivre tous les 8-10 jours afin de protéger le feuillage nouvellement formé.

Dans les régions fraîches et humides l’été, optez pour des variétés de tomates résistantes au mildiou comme F1 ‘Maestria’, F1 ‘Fandango’ ou F1 Lorenzo (à fruits jaunes)

Concernant les pommes de terre, on peut limiter la contamination des tubercules en buttant les pieds ou en posant un paillage afin d’isoler les parties souterraines et aériennes de la plante. Evitez de cultiver les variétés particulièrement sensibles comme ‘Bintje’ et ‘Sirtema’.

Traitez avec un fongicide (bouillie bordelaise, extrait de prêles…) dès que le feuillage sort de terre.

 

3- Autres articles de saison

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être (voir le tableau ci-dessous). Vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne à droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles sur le jardin.

 

 

 

Plantes d’ornement

Potager et verger

Techniques

Jardins d’ici et d’ailleurs

Divers

Les Echinacea

Maladies des arbres fruitiers

Créer son jardin

Val Rahmeh

Dicksonia antarctica

Les Hibiscus

Vertus des légumes de saison

Economiser l'eau

 

Fleurs et feuillage pourpre

Les Agapanthes

Pincer et tailler les tomates

 

 

Les Palmiers

Les Verveines

 

 

 

 

 

18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 23:00

Créer un jardin en partant de rien n’est pas si difficile qu’il n’y paraît. Je ne dis pas que tout le monde peut s’improviser paysagiste ou faire aussi bien que les professionnels des espaces verts. Mais un peu de méthode, d’organisation et d’imagination permet d’aménager un petit jardin de ville de manière tout à fait satisfaisante. Pour vous y aider, voici quelques questions à se poser. Et pour illustrer cette démarche, nous allons nous appuyer sur un exemple que je connais bien... celui de mon jardin. Après tout, je n’ai pas encore eu l’occasion de vous le présenter.  

 

1 - Quel style de jardin et quelle ambiance voulez-vous ?

Cordes-sur-Ciel (81) Jardin des Paradis 20935 redimensionne

Jardin ethnique aux jardin des Paradis à Cordes-sur-Ciel (81) (photo Vavou)

 

La question est simple mais il n’est pas toujours facile d’y répondre. Certains veulent un jardin utile, avec un potager et un verger, d’autres préfèrent une ambiance zen, dépouillée et relaxante, d’autres encore aiment le fouillis et la luxuriance des jardins anglais ou tropicaux.

Dans un premier temps, je vous invite donc à bien cerner vos envies et vos capacités : êtes-vous prêt à être aux petits soins avec un jardin méticuleux et bien ordonné ? Aurez-vous le temps de vous en occuper ? Voulez vous aménager tout le jardin dans un seul style ou mélanger les univers ?

 

Pour vous aider à faire vos choix, je vous invite à visiter quelques jardins publics ou privés très différents : jardins japonais, jardins champêtres, jardins à l’anglaise, jardins sauvages, jardins méditerranéens, jardins réguliers à la française, jardins contemporains. L’objectif est de vous rendre compte de l’atmosphère dégagée par ces différents styles et de l’entretien qu’il génère.

   

Un jardin à la française est exigeant en matière de taille et de tonte ; un jardin champêtre est moins contraignant de ce point de vue mais il faut aimer un léger « désordre ». Certains jardins contemporains sont très sobres, aux lignes épurées et fortes mais il s’en dégage parfois une certaine austérité. Préférez-vous le minéral ou le végétal, une combinaison ordonnée ou aléatoire des deux… ? Rien de tel qu’un petit tour au festival de Chaumont-sur-Loire, au Jardin des paradis à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn ou à la Saline d'Arc-et-Senans en Franche-Comté ou, tout simplement, une balade dans des jardins très différents autour de chez vous  pour mieux appréhender ce qui vous plaît le plus et vous semble le plus accessible .

 

Ecosse (2007) Benmore Botanical Garden 21666 redimensionner   Carlux (24) Les jardins de Cadiot 32862 redimensionner

 Deux styles très différents : le jardin anglais typique de Benmore Botanical Garden en Écosse et le style à la française légèrement remanié aux jardins de Cadiot à Carlux en Dordogne (photo Vavou)

 

Demandez-vous aussi quels types de plantes vous voudriez dans votre futur jardin. Si vous aimez les roses, tous les styles de jardin vous sont permis sauf peut-être les jardins japonais. Si vous êtes fou de palmiers ou de cactus et que le climat de votre région le permet, le jardin méditerranéen s’impose avec pourquoi pas une variante tropicale, mexicaine, australienne ou sud-africaine, la flore variant beaucoup entre ces différents pays. Et si vous n’êtes pas vraiment fixé sur un style, vous pouvez en combiner deux ou trois mais en les séparant nettement de façon à ne pas tout mélanger.

 

Boulogne-Billancourt (92) Jardin Albert Kahn 24938b redimen   Jardin de Lugon (33) Jardin du Fond de l'Or 32378 redimensi

Tout le classicisme du Jardin japonais Albert Kahn à Boulogne-Billancourt et une interprétation plus conceptuelle au jardin du Fond de l'Or à Lugon (33) (Photo Vavou)

 

2 - Comment aménager votre jardin ?

Plan de jardin 3058 redimensionnerUne fois le style choisi, se pose la délicate question de l’aménagement de l’espace lui-même. De manière assez binaire, cela consiste à se poser la question suivante : où laisser des espaces vides et où planter ? Je vous propose la méthode suivante : dressez un plan très sommaire de votre propriété : placez-y la maison et les cheminements obligatoires (accès au garage, aux portes-fenêtres. Identifiez aussi les endroits où il est déconseillé de planter des arbres : proximité des gouttières, limites mitoyennes avec vos voisins (voir mon article sur ce sujet), réseaux aériens (téléphone, électricité) et enterrés (eau). Choisissez les vues que vous souhaitez conserver dégagées (vue sur la forêt voisine, un bel arbre à proximité, le soleil sur la terrasse, une longue perspective qui donnera de la profondeur de champ à votre jardin…) et celles que vous voulez au contraire cacher (le cabanon du voisin, le parking, la rue…) comme sur le schéma de mon jardin ci-contre (photo Vavou) 

 

A partir de là, c’est le style de jardin retenu qui commande. Si vous voulez un jardin régulier, tracez sur votre plan de grandes lignes droites, orthogonales ou en biais et privilégiez les formes géométriques simples (carrés, rectangles, triangles, voire cercles). Si vous préférez un jardin de style naturel, tracez de grandes lignes courbes qui délimitent de grandes zones de plantation. Evitez le saupoudrage de petits massifs dispersés vaguement circulaires mais qui manquent un peu de caractère.

 

Plan de jardin 3059 redimensionner  Plan de jardin 3061 redimensionner Plan de jardin 3062 redimensionner 

Plan de jardin 3063 redimensionner Plan de jardin 3065 redimensionner Plan de jardin 3066 redimensionner

 

Différentes dispositions possibles pour un même jardin : à gauche, la plus simple mais aussi la plus banale avec des massifs disposés aléatoirement, puis des formes plus complexes à base de triangles, de parallépipèdes, de formes naturelles ou un mixte des deux en bas à droite (Dessin Vavou)

 

Pour mon jardin, j’ai opté pour un style géométrique à base de grands massifs rectangulaires de différentes tailles. Pour apporter un peu de souplesse à ce cadre un peu rigide, j’ai aussi opté pour un plan circulaire sur une partie du jardin. Au nord, je me suis isolée de mon voisin en créant un long massif de plantes de 1 à 2 mètres de haut qui bordent toute notre clôture. Je n’ai surtout pas planté de haie car je ne voulais pas être esclave de son entretien saisonnier. Au Sud, j’ai conservé de vastes espaces ouverts car j’ai une très belle vue sur la forêt. Je me suis dit que je n’y planterai que des plantes basses sans savoir encore exactement lesquelles. A l’Est, il y avait la rue. Je ne voulais donc pas y placer le coin détente mais plutôt le potager et j’ai aussi réduit le parking existant. A l’ouest, l’espace était un peu plus grand et je pouvais voir le jardin depuis mon salon à travers les portes-fenêtres de la véranda. Je me suis dit que cet espace devait être particulièrement soigné : une ambiance zen où je pourrais profiter de mon jardin sans bouger de mon canapé ! J’ai donc décidé de placer le bassin en pleine ligne de mire de mon fauteuil préféré… toute cette zone est aussi organisée selon un plan circulaire pour multiplier et découvrir des angles de vues variés au cours du cheminement.

 

Plan de jardin 3067 redimensionner   Jardin Audenge (33) Lucasson M Triangle 26754 redimensionn

Le plan final de mon jardin avec des massifs par domiante de couleurs et de formes, rectangulaires à l'est avec des fleurs roses et un plan circulaire à l'ouest avec une dominante de fleurs rouges et un muret en briquettes roses, typiques au XIXe siècle de la région d'Arcachon (Dessin et photo Vavou) 

 

Quant au style de jardin et de plantes finalement retenus, le choix fut cornélien. Avec mon mari, nous aimons les plantes rares et plutôt exotiques. Habitant le bassin d’Arcachon, nous pouvions créer à la fois une zone sèche de type méditerranéen au Sud et une zone de terre de bruyère au Nord car le sol est très acide et les précipitations suffisantes. Et pour le reste, nous allions bien voir. Nous savions qu’il y aurait une zone potagère à l’Est et un bassin à l’ouest. Mon mari voulait aussi organiser les massifs de plantes par dominantes de couleurs afin d’affirmer le caractère de chacun d’entre eux. Nous avons donc installé les floraisons blanches au nord pour éclairer cette zone souvent à l’ombre, les fleurs bleues et jaunes au Sud, le rouge et le rose dans des massifs spécifiques est et Ouest. D’autres dispositions auraient bien sûr pu être possibles.

 

Audenge (33) Lucasson M Nord 33584 redimensionner   Audenge (33) Lucasson M Cabane 0131728 redimensionner  Audenge (33) Lucasson M jaune 44366 redimensionner

 

Quelques photos de mon jardin sur la bassin d'Arcachon, avec au nord, le massif d'Hydrangea et à l'ouest un massif à base de fleurs blanches et jaunes disposées de manière géométrique mais laissées en port libre (Photo Vavou)

 

3 - Commencer par le gros œuvre, allées, murets, escalier…

Planter des fleurs est la dernière chose à faire. Surprenant n’est-ce pas ? Je vous conseille en effet de commencer par le « gros œuvre » car ce type de travaux nécessite de la place et, s’ils sont réalisés après la plantation, vous risquez d’abîmer vos plantes. On commence donc par le minéral : tracé et réalisation des allées, petites maçonneries telles que des murets, grillage et clôture, arrosage et réseau électrique enterrés si nécessaire, creusement du bassin. Notre terrain étant totalement plat, nous avons décidé de surélever certains massifs en utilisant la terre déblayée lors du creusement du bassin. Pour retenir cette terre, mon mari a construit des murets en réutilisant de vieilles briquettes de terre cuite traditionnelles dans la région d’Arcachon. Cela donne un peu de volume à un terrain qui était complètement plat à l’origine.

 

Une fois l’essentiel du gros œuvre terminé, vous pouvez apporter de la terre végétale si la qualité de votre sol n’est pas bonne sachant que d’autres moyens d’améliorer votre sol existent comme je vous en ai parlé dans un article précédent.     

 

4 - Planter les arbres et les massifs de fleurs

Une fois le gros œuvre fini, vous pouvez piqueter le tracé de vos massifs (à moins que vous ne l’ayez déjà fait lors de la construction des murets), retournez la terre si nécessaire et… abandonnez-vous enfin à votre envie irrépressible de planter fleurs, arbres et arbustes. Mais là aussi un peu de méthode ne nuit pas. Sauf situation particulière, on n’installe pas les plantes à la volée. Il est préférable d’installer les grandes plantes dans le fonds des massifs et les plantes basses au premier plan à moins que vous ne vouliez créer des effets en jouant sur les transparences.

Stipa tenuifolia, Sedum spectabile, Sedum spurium 11159 red

Exemple d'ordonnancement avec au premier plan des Sedum spurium tapissants , à droite des Sedum spectabile et à gauche une touffe de Stipa tenuifolia au Domaine de Trévarez dans le Centre Finistère (Photo Vavou) 

 

Pour notre part, la composition des massifs s’est faite ainsi : une couleur de fleurs et de feuillage dominante par massif (fleurs jaune, rouge, bleu et feuillages vert, gris, pourpre, doré…), un étagement ordonné des plantes par hauteur (les grandes au fond, les petites devant), un style par massif (méditerranéen sec avec des lavandes, cistes et des sauges, tropical humide avec les bananiers, Hedychium, Hibiscus coccineus, japonisant avec les azalées, érable japonais et Hydrangea, champêtre avec des associations de rosiers anciens et de vivaces…).

Audenge (33) Lucasson 44289 redimensionner

Une association que j'apprécie particulièrement dans mon jardin : une aubépine rouge rosé (Crataegus 'Paul Scarlett') et une glycine blanche (Wisteria floribunda 'Alba') (photo Vavou)

 

Et la pelouse me direz-vous ? C’est la dernière chose à faire car une fois semée, il ne faudra plus marcher dessus avant qu’elle n’atteigne 4-5 cm de haut et que la première tonte ne soit effectuée (voir mon article sur le semis du gazon).

Ces quelques principes n’ont rien de systématique et d’intangible. Ils sont très généraux et nous les avons survolés très rapidement. Ils ne transformeront pas non plus votre terrain en haut lieu de l’art des jardins. Mais j’espère qu’ils vous permettront, tel un écrivain, de ne plus être effrayé par la page blanche que votre terrain est peut-être encore. Si vous le souhaitez, nous pourrons voir dans de prochains articles d’autres aspects plus précis de l’aménagement paysager : les différents styles de jardins, les allées et divers cheminements possibles, les types de murets et de clôtures, l’association des plantes et des couleurs… Faites-moi passer vos demandes dans la ligne « écrire un commentaire », je verrai ce que je peux faire dans les semaines à venir!

5 - Autres articles de saison

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

• Le potager et le verger

o Economiser l'eau et les arrosages

o Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

o Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o Les légumes perpétuels  

o Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

• Les plantes d’ornement :

o Roses et rosiers de charme, quelle classification et comment les utiliser ?

o Les hibiscus d'été   pour tous les goûts

o Verveines, élégance et profusion de fleurs d'été

o Fleurs et feuillage pourpre

o Les agapanthes aux fleurs d’azur  

 

• Des idées de visites de jardins pour cet été

o Les Tropiques au Conservatoire botanique de Brest

o Le Val Rahmeh, un jardin d’acclimatation à Menton

o Le jardin botanique de Montréal

o Le jardin Albert Kahn à Boulogne-Billancourt

 

Outre cet article sur la création et l'aménagement d'un jardin, vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne à droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles sur le jardin (dans la même colonne).    

4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 09:45

Que planter quand une partie de votre jardin est à l'ombre et les plantes fleuriront-elles aussi bien ? Les plantes nécessitent un minimum d’heures d’ensoleillement notamment pour fleurir. C’est pourquoi, il n’est pas toujours facile d’implanter des végétaux à l’ombre d’un bâtiment ou sous la voûte d’un arbre. Les essences adaptées à l’ombrage sont souvent des plantes de lisière de forêt ou de sous-bois. Pour égayer l’atmosphère un peu froide de ces zones, les couleurs du feuillage et des floraisons sont importantes à considérer. Etudiez également le port des plantes qui donnera le relief à la composition.

Hydrangea macrophylla, Locronan (29) 41637 redimensionner

Hydrangea macrophylla à Locronan dans le Finistère (29) (Photo Vavou)

1 - Une tolérance réciproque

 

1.1 – Quels arbres laissent pousser des plantes à leur pied ? 

 

Les végétaux ont besoin d’explorer un volume de terre suffisant pour subvenir à leurs besoins en eau et sels minéraux. Les frênes, les bouleaux et certains érables comme l’Acer saccharinum (érable argenté) sont peu accommodants en raison d’un enracinement très superficiel qui assèche le sol. Seuls les petits bulbes printaniers et le lierre arrivent à pousser dans ces conditions de sécheresse aussi forte.

 Cyclamen sp, Audenge( 33) Lucasson 42678 redimensionner Hedera helix 'Sagittifolia Variegata' 8347 redimensionner

Cylamen de Naples et Lierre panaché (Hedera helix 'Sagittifolia Variegata') (Photo Vavou)

Les autres érables et les chênes ont en revanche un enracinement profond qui permet l’implantation d’espèces à système racinaire fasciculé, ce qui laisse un choix de plantes plus important.

La plupart des autres arbres permettent la croissance de plantes à système racinaire traçant (superficiel et horizontal) capable d’explorer une surface de terrain plus large, comme celui des Lamium ou des Epimedium.

 

Epimedium alpinum, Montréal (2011), Jardin botanique de Mo  Epimedium alpinum au Jardin botanique de Montréal (Photo Vavou)

Erica violette et blanche 16506 redimensionnerSous les conifères, la qualité du sol intervient également car les aiguilles acidifient le sol. Vous pouvez installer des plantes acidophiles comme des bruyères ou des genêts du genre Cytisus sous l’ombre légère des pins.

 

Tapis de bruyère contre un mur exposé au nord, Rambouillet (78) (Photo Vavou)

 

1.2 - Considérer l’habitat naturel

 

Selon qu’il s’agit d’espèces de lisière de forêt ou de sous-bois, la tolérance au manque d’ensoleillement est plus ou moins importante. Les plantes de bordure de forêt supportent l’ombre une partie de la journée. Vous pouvez les planter à l’ombre d’un bâtiment, dans une zone orientée au nord, voire à l’est ou à l’ouest, à proximité de grands arbres à condition qu’il n’y ait pas trop de concurrence au niveau racinaire. Dans cette catégorie, on trouve le houx (Ilex), le magnolia, le cornouiller (Cornus), le rhododendron, le seringat (Philadelphus), les Prunus et les viornes (Viburnum).

 14B-6-2007 banc ombragé 7726 redimensionner

    Scène reposante  autour de ce banc niché parmi des touffes d’hortensias que les rameaux blancs de Cornus kousa viennent caresser mollement (Photo Vavou)
    
    Raphiolepis 17782 redimensionner  Rhododendron, azalée rose 17780 redimensionner

Raphiolepis et azalée rose sous les frondaisons des arbres du Parc floral de Bordeaux Lac à Bruges (33)  (Photos vavou)

Pieris sp, Trévarez (29) 30854 redimensionner

Jeunes feuilles rouges de Pieris au Domaine départemental de Trévarez (29), (Photo vavou)


Acer palmatum, Bordeaux (33) le Jardin public 48666 redimenAu sein même des forêts de feuillus ou mixtes, ce sont principalement des arbustes à feuilles persistantes qui parviennent à pousser. On y retrouve le rhododendron, le Magnolia grandiflora mais aussi le camélia.

En sous-bois clair, quelques arbustes caducs comme l’Hamamelis à floraison hivernale, et les azalées à feuilles caduques ont l’habitude de pousser. Les espèces d’ombre plus profonde peuvent leur être associées ainsi que le Corylopsis, les hortensias (Hydrangea), l’Enkianthus, le Mahonia et les bambous.
  

Sous la frondaison d’un chêne, l’association d’un érable japonais et d’un Hamamelis x intermédia permet d’illuminer ce sous-bois au jardin public de Bordeaux (33) à l’automne (photo Vavou)



Hydrangea divers, Huelgoat (29) Arboretum du Poërop 27925

Hydrangea macrophylla bleu et Hydrangea quercifolia aux feuilles découpées à l’Arboretum du Poërop à Huelgoat (29) (Photo Vavou)

2 - Les couleurs mises en valeur

Aucuba japonica 5836 redimensionnerSous une faible luminosité, choisissez des plantes aux tons clairs comme le jaune acidulé, le rose pâle, le bleu mauve et surtout le blanc. Les plantes à feuillages panachés de blanc ont l’avantage de faire de l’effet pendant de longs mois comme celui de l’Hydrangea macrophylla ‘Tricolor’, de l’Aucuba japonica, des lierres à feuillage panaché et des fusains comme Euonymus fortunei 'Emerald Gaiety'.

Jouez sur les contrastes de teintes pour donner vie au massif. Pour cela, vous pouvez choisir des plantes dont le feuillage se pare de couleurs vives au printemps ou à l’automne tels les érables japonais.
   

L’Aucuba japonica est une plante à réserver aux zones ombragées car ses feuilles grillent et noircissent au soleil (photo Vavou)

 

   

14C-6-2007 Hosta bleue 9285 redimensionner Floraison bleu mauve d’un tapis d’Hosta à Mimizan (40), Photo Vavou

 

  Acer japonicum 'Vitifolium' 22879 redimensionner

  Feuillage automnal de l’érable du Japon Acer japonicum 'Vitifolium' au Parc floral de Bordeaux Lac à Bruges (33) (photo Vavou)

Euonymus fortunei 'Emerald Gaiety' 8094 redimensionner

  Feuillage panaché de Euonymus fortunei 'Emerald Gaiety' à Bordeaux (33) (Photo vavou) 

 

Moins hautes que les arbustes cités précédemment, les Hosta constituent un genre particulièrement adapté aux zones peu ensoleillées. Leur feuillage offre un dégradé de teintes extraordinaires allant du vert acidulé au vert sombre en passant par des glauques. La taille des feuilles plus ou moins étroite et très variable ajoute un effet de structure au parterre.

14D-6-2007 Hosta, 'Spinners' (panaché), 'Piedmont Gold' (j

  Patchwork de feuillages avec les Hosta 'Spinners' (panaché), 'Piedmont Gold' (jaune) et 'Love Pat' (bleu glauque) (Photo Vavou) 

 

Brunnera macrophylla 'Jack Frost' 11766 redimensionnerL’orange est mis en valeur lorsqu’il se détache devant un feuillage sombre, vert ou pourpre. Pensez à introduire des plantes à feuillage décoratif, tacheté de blanc comme celui des Lamium, des pulmonaires ou des Brunnera. Elles sont intéressantes pour éclairer un coin ombragé et mettre en valeur des floraisons vives qui passeraient inaperçues.

 






Brunnera macrophylla 'Jack Frost' (photo Vavou)

 

   

        
3 - Les tapis de vivaces

 

3.1 - Des fleurs en pointillisme

 

Tiarella 'Spring Symphony' 18143 redimensionnerLes plantes d’ombre ont un feuillage souvent important pour compenser le manque de lumière et qui permet de couvrir le sol intégralement. Chez le Tiarella, le feuillage vert clair forme une toile de fond aux étonnantes inflorescences plumeuses blanches ou rosées, durant l’été. Le feuillage est quasi persistant. Plantez en terrain frais un pied tous les 30 cm pour couvrir le sol, sous une ombre même épaisse.

Tiarella wherryi (photo Vavou)

 

 

Le feuillage luxuriant vert vif de l'Omphalodes verna tapisse les coins même très ombragés. C’est une vivace semi persistante de 20 cm qui offre ses bouquets lâches de fleur bleu porcelaine de février à mai. Distancez les pieds de 40 cm. Dans le même style de plante très tapissantes, vous pouvez aussi compter sur l’Houttuynia et la généreuse famille des Epimedium. Les fleurs sont jaunes chez certaines espèces, blanches ou roses chez d’autres. Dans les cas, le feuillage est extrêmement dense et forme un tapis de feuilles très compactes.

Houttuynia cordata, Salles (33) 45613 redimensionner

  Houttuynia cordata (photo Vavou)

 

Le cornouiller vivace Cornus canadensis est un sous-arbrisseau original qui pousse aussi bien à l’ombre de feuillus que de conifères dans un sol neutre ou acide. Son feuillage lisse se couvre de grandes fleurs blanches en juin, suivies de fruits rouge clair en fin d’été.

 

Etonnantes, ces petites fraises rouge vif (insipides) qui ponctuent le feuillage du Duchesnia indica. La floraison jaune se déroule tout l’été même dans les coins les plus ombragés et forme une toile de fond originale au pied de fougères ou autres grandes vivaces.
14F-6-2007 Duchesnea indica 7264 redimensionner  Duchesnia indica (photo Vavou)

 

Pour une même plante, les floraisons sont souvent moins spectaculaires à l’ombre qu’au soleil. Pour pallier cela, vous pouvez jouer sur les contrastes de formes des feuillages : feuilles lancéolées et fines de l’Ophiopogon, feuilles rondes et vernissées des Ligularia, des Bergenia et des saxifrages, feuilles découpées des Mahonia, Actaea et des Dicentra (Cœur de Marie), feuillage panaché des Persicaria. Bref, à défaut de fleurs, les compositions de feuillage tant en formes qu’en couleur peuvent tout à fait égayer un sous-bois. A vous de découvrir ces feuillages en flânant dans les jardins publics où les grands arbres sont légions et, forcément les coins ombragés et aménagés en conséquence par des professionnels.

 

Dicentra spectabilis 5221 redimensionner  Dicentra spectabilis 'Alba' 18164 redimensionner

  Dicentra spectabilis ou Coeur de Marie aux fleurs roses ou blanches et associés à des Muscari dans mon jardin sur le Bassin d’Arcachon (photo Vavou)

Bergenia sp, Pulmonaria angustifolia, Montréal (2011), Jar

  Composition de Pulmonaria angustifolia, Bergenia et Myosotis au Jardin botanique de Montréal (photo Vavou)
Actaea erythrocarpa 21669 redimensionner

  Actaea erythrocarpa aux fleurs blanches en épi et fruits rouges au Benmore Botanical Garden en Ecosse (Photo Vavou)

 

Persicaria filiformis 'Painter's Palette' 18137 redimensioPersicaria filiformis 'Painter's Palette' dans mon jardin sur le Bassin d’Arcachon (photo Vavou). Cette vivace pousse très bien en zone ombragée tout en gardant ses constrastes de couleurs de feuillage. Elle se multiplie aussi très facilement. La floraison est un épi discret et très fin de 5 cm mais d’un rouge très soutenu


Persicaria amplexicaulis, Huelgoat (29) Arboretum du Poëro

 

Persicaria amplexicaulis à l’Arboretum du Poërop à Huelgoat (29) (Photo Vavou)







   
Saxifraga stolonifera, Biganos (33) 39946 redimensionner

Feuilles panachées et arrondies de Saxifraga stolonifera (photo Vavou)

 

Je ne résiste pas non plus à vous présenter l’helxine, petite vivace très rampante dotée de toutes petites feuilles et qui aime les situations très ombragées et humides. Elle se plaira beaucoup près d’un point d’eau permanent. Des menthes à petites feuilles ou de la sagine peuvent aussi jouer le même rôle.
   

Soleirolia soleirolii 5844 redimensionner    Sagina subulata, Le Teich (33) 32178 redimensionner

A gauche, Soleirolia soleirolii ou Helxine soleirolia, jacinthe et primevères dans une cour à Quimper (Photo Vavou) et à droite Sagina subulata au premier plan et Lysimachia nummularia 'Aurea' dans le fonds de ce jardin sur le Bassin d’Arcachon (Photo Vavou)

 

3.2 - Qui court et grimpe

  Clematis-integrifolia--Alsace--67--Jardin-botanique-de-Stra.JPG

Les clématites vivaces comme Clematis integrifolia forment des touffes dressées de 60 cm tandis que Clematis tangutica serpente au ras du sol jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un support pour grimper. Elles apprécient un sol assez riche, bien drainé et supportent le calcaire, contrairement aux clématites à grosses fleurs. La floraison est estivale.

 

Clematis integrifolia (photo Vavou)

 

Une autre façon de réveiller vos recoins les plus sombres est de faire appel à la floraison jaune vif du Lysimachia punctata ou le feuillage doré de l’herbe aux écus (Lysimachia nummularia ‘Aurea’). Les lysimaques sont des vivaces robustes et vigoureuses qui apprécient les sols frais et les situations mi-ombragées. Un minimum de 3 h de soleil par jour est suffisant.

Le Teich (33) chez Alain Bocquelet 33205 redimensionner

 Exemple de composition de feuillage diversifié par leur forme et leur couleur : une touffe dressée de Carex oshimensis 'Evergold' à gauche émerge d’un tapis de Lysimachia nummularia jaune vif à droite et tout cela sur un arrière-plan de feuillage sombre de Brunnera et d’Actea, Bassin d’Arcachon (photo Vavou)

 

 

3.2 - Les frondes à l’honneur
    14H-6-2007 Cyrtomium falcatum 8008 redimensionner

    La beauté du graphisme des feuilles de Cyrtomium falcatum (photo Vavou)

 

Les fougères avec leurs frondes archaïques mais ô combien élégantes confèrent un charme tout particulier aux zones ombragées. Le feuillage très graphique fait miroiter les rayons de lumière à travers la frondaison, déclinant toutes les nuances de verts mêlées de roux en fin d’été. C’est un vrai terrain de jeux pour les enfants qui aiment se perdre dans les fougères géantes comme l’osmonde royale (Osmunda regalis).

Osmunda regalis, Mimizan (40) promenade du Lac 34512 redime

  Tapis d’Osmonde royale à Mimizan (Photo Vavou)

 

Dryopteris erythrosa 18171 redimensionner

Dryopteris erythrosora Bassin d’Arcachon (photo Vavou)

 

 

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 20:45

Le genre Cornus compte environ 45 espèces d’arbres (Cornus kousa, florida, mas, capitata, etc..) ou d’arbustes caducs ainsi que quelques herbacées, particulièrement intéressants dans les jardins de terre de bruyère. Leur intérêt est multiple, certaines espèces brillent par leur floraison hivernale ou printanière, d’autres par leur fructification, leur feuillage automnal ou encore par la couleur du bois nu. Les cornouillers dits « à fleurs » forment de grands arbustes assez méconnus qui sont pourtant spectaculaires en compagnie de végétaux plus classiques comme les rhododendrons, les azalées ou hortensias.
 

Cornus florida 'Rubra' - les barres 128 redimensionner

Bractées colorées du Cornouiller de Floride, Cornus florida‘Rubra’ à l’Arboretum des Barres à Nogent-sur-Vernisson (45) (photo Vavou)


 

1 - Voyage au pays des Cornus
 

1.1 - Les origines des cornouillers

Natifs de l’hémisphère nord, les cornouillers se retrouvent des régions arctiques jusqu’aux latitudes de Taiwan. Les espèces indigènes comme Cornus mas et C. sanguinea, sont secondées par des végétaux venus d’Asie (C. controversa, kousa, capitata) et d’Amérique du Nord à l’instar de Cornus florida, alternifolia et nuttallii.

Le nom latin « Cornus » fait référence à la dureté du bois comparée à celle de la corne, qui caractérise notamment le cornouiller mâle (Cornus mas). Ses rameaux à la fois souples et résistants étaient en effet utilisés pour fabriquer des manches d’outils mais aussi des flèches d’où son nom associé à la virilité.
 

Cornus mas 4415  Cornus mas 0362 redimensionner

Fleurs et fruits du Cornus mas et fruits (photo Vavou)
 

1.2 - Comment les identifier ?

 

Le genre Cornus a donné son nom à la famille des Cornacées. Il se reconnaît à ses feuilles ovales opposées – excepté pour les espèces alternifolia et controversa à feuilles alternes – dotées de nervures proéminentes qui suivent la courbe du limbe de façon caractéristique. Si vous coupez la feuille, des filaments de sève retiennent les 2 parties. A noter que l’espèce capitata est persistante. Les petites fleurs réunies en inflorescences compactes sont parfois entourées de 4 grandes bractées colorées de blanc ou de rose qui font l’intérêt de la floraison, comme chez Cornus florida et kousa.

La fructification est composée soit de baies, comestibles parfois comme celles du C. mas, soit d’un fruit multiple très décoratif, rappelant la fraise (C. capitata, C. kousa).
 

Cornus capitata 2376 redimensionner

Fruits multiples de C. capitata au mois d’août (photo Vavou)

 

2 - Un choix diversifié 

Les qualités des cornouillers étant multiples, orientez votre choix selon l’effet recherché au cours des saisons. Leur croissance lente en fait des arbustes idéaux pour les petits jardins. Leur rusticité ne pose aucun problème sous nos latitudes si ce n’est pour les 2 espèces suivantes : C. nuttallii (-15°C) et capitata (-12°C).

 

2.1 - Eclatants en hiver

 

Le Cornus mas est admirable en février-mars lorsque ses rameaux nus jeunes ou âgés se constellent de bouquets de fleurs jaunes aussi jolis que chez l’Hamamelis. Les baies rouges qui succèdent sont aussi attractives et comestibles de surcroît. Le feuillage des cultivars comme ‘Elegantissima’ (panaché de rose et jaune) ou ‘Variegata’ prolonge son attrait durant l’été. L’arbuste assez compact au début mesure jusqu’à 8 m de haut mais une taille sévère après la floraison est bien tolérée. Il pousse en tout sol même très calcaire et sec et constitue une plante sans soucis pour une haie libre ou taillée.

 

Le Cornus officinalis moins courant, est aussi intéressant pour sa floraison hivernale, son écorce couleur cannelle qui s’exfolie et ses couleurs automnales.

Cornus sanguinea 'Winter Beauty' 15386 redimensionnerLes cornouillers à écorce décorative sont bien entendu appréciés pour illuminer les massifs lors de la saison hivernale. Reportez-vous à l’article Cornouillers à bois décoratifs pour le détail des variétés. Il s’agit de buissons très peu exigeants, à planter en groupe de préférence, sur un fond sombre. Ces cornouillers produisent aussi des baies blanches ou bleues attractives en hiver.

Cornus sanguinea ‘Winter Beauty’ (photo Vavou)

L’architecture tabulaire des Cornus controversa et alternifolia s’admirent également en hiver lorsque les rameaux sont nus.





 

2.2 - Spectaculaires au printemps

Cornus florida 'Rubra' - les barres 129 redimensionner

Cornus florida ‘Rubra’ et sa forme blanche au second plan à l'Arboretum des Barres à Nogent-sur-Vernisson (45) (photo Vavou)

 

La floraison des cornouillers à fleurs a lieu en avril-mai selon les régions. Elle débute avec le Cornus florida qui pousse parfaitement en sous-bois de feuillus. Il réclame un sol acide, humifère mais tolère les sols légèrement calcaires. L’ombre partielle est préférable dans les régions aux étés chauds, la chaleur estivale est cependant indispensable pour obtenir une floraison généreuse. Il forme un petit arbre à croissance lente allant jusqu’à plus de 6 m de haut, aux branches tortueuses et aux feuilles légèrement enroulées, vert bleuté au revers. L’abondance de la floraison affichant des bractées ovales rose à blanche est vraiment spectaculaire. En été, le feuillage vert se ponctue de baies rouges groupées en bout de pousse avant de vêtir sa parure automnale d’un rouge pourpre.

Il existe de nombreux cultivars offrant des floraisons originales comme ‘Cherokee Chief’ d’un rose rubis flammé de blanc à la base, ‘Rubra’ rose uniforme, ‘Apple Blossom’ rose pâle, ‘White Cloud’ très florifère aux bractées blanc crème. ‘Welchii’ à fleurs blanches, possède un feuillage panaché de vert, blanc et rose qui devient bronze pourpre à l’automne, ‘Rainbow’ avec ses feuilles vertes marginées de jaune et qui résiste bien à la canicule et au froid.
 

Cornus florida - Varennes-Changy 020 redimensionnerCornus florida à Varennes -Changy (45)
 

Cornus capitata moins répandu, fleurit entre mai et juillet. Des bractées d’un jaune soufre très lumineux constellent son feuillage assez rugueux et persistant entre mai et juillet. De gros « fraises » rouges (insipides) ornent la frondaison.

 

2.3 - Charmants en été


Cornus kousa possède une élégance rare avec ses longues branches retombant avec souplesse. Le feuillage dense d’un vert profond, aux limbes pointus se recouvre d’un manteau blanc de « fleurs » aux « pétales » effilés en juin-juillet. L’arbuste peut atteindre une dizaine de mètres. La variété C. kousa var chinensis s’étale moins et possède de plus grandes bractées que la variété type.

 
Cornus kousa 'Satomi' 7790 redimensionner

Cornus kousa Satomi (photo Vavou)

 

Tous les cornouillers à feuillage panaché notamment Cornus controversa ‘Variegata’ méritent une place au jardin. Ce dernier forme un arbre tandis que les Cornus alba ‘Elegantissima’ ou C. mas ‘Variegata’ conservent un port buissonnant facile à introduire dans un coin de jardin pour l’éclairer.

 

2.4 – Des couleurs flamboyantes à l’automne
 

Cornus florida 13337 redimensionnerLes coloris des feuillages sont tous intéressants à l’automne souvent secondés de fruits décoratifs. A noter que Cornus kousa var chinensis affiche des tons rouges soutenus.

Cornus florida à l’automne (photo Vavou)

 

Tous les cornouillers à fleurs réclament un sol fertile plutôt riche et bien drainé excepté chez les cornouillers à bois décoratif qui acceptent les sols marécageux. Plantez-les en septembre-octobre pour assurer une bonne reprise et à l’abri du vent.






3 – Autres articles de saison

Et alors que fleurissent les cornouillers, vous serez peut être tentés par d’autres plantes de saisons telles que :

- les campanules

- les rhododendrons

- le Davidia ou arbre à mouchoir

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 17:32
Cornus kousa 'Satomi', Bordeaux (33) Jardin botanique de la
Cornus kousa ‘Satomi’ au Jardin botanique de la Bastide à Bordeaux (Photo Vavou)
 
 Le mois de mai correspond à une saison où les fleurs explosent à tous les niveaux de la végétation. Profitez-en pour composer des scènes où sont associés un arbre, des arbustes et des herbacées. Choisissez des arbres de petit développement aux jolies floraisons printanières qui laissent suffisamment de lumière aux autres végétaux. Voici notre sélection du mois.

1 - Le lilas à petites feuilles

16B-5-2007 Syringa microphylla 'Superba' 041b redimensionneSyringa microphylla‘Superba’
(Photo Vavou)

Syringa microphylla est un lilas qui ressemble beaucoup au lilas commun (Syringa vulgaris) mais il est de plus faible dimension et beaucoup moins envahissant. Il forme un arbuste ou un arbre sur tige ne dépassant pas 2 m de haut, parfaitement à l’aise dans un petit jardin ou sur un balcon. Sa floraison en grappes mauves et parfumées de 5 à 7 cm de long, intervient au mois de mai et souvent une seconde fois en septembre. Les rameaux souples ployant sous le poids des grappes, confèrent une silhouette légère et gracieuse à l’arbrisseau. Son nouvel atout réside dans la coloration jaune d’or de ses petites feuilles pointues, à l’automne.
Le lilas pousse dans tout terrain même calcaire et résiste bien aux pollutions des villes. Il s’associe à merveille avec les arbustes à floraison printanière comme le Weigela, le Kolkwitzia ou le pommier à fleurs reposant sur un tapis de narcisses à petites fleurs. Evitez la concurrence en réservant un espace de 1m autour de l’arbre. Pour renforcer l’attrait du feuillage à l’automne, plantez du carex à feuilles dorées ou du lysimaque (Lysimachia nummularia ‘Aurea’) qui poussent aussi bien en pot.
 

2 - L’aubépine

16C-5-2007 Crataegus x media 'Paul's Scarlet' 6146 redimensCrataegus x media'Paul's Scarlet' (Photos Vavou)
L’aubépine ou épine blanche est un arbre bien connu de nos campagnes parfois éradiqué pour sa sensibilité au feu bactérien. Les variétés commercialisées présentent une résistance renforcée à cette maladie mais leur vente est toutefois interdite dans certaines régions.
La profusion des bouquets de petites fleurs blanches ou roses embaument l’air depuis la fin mai jusqu’en juillet. Le spectacle se poursuit avec la formation des baies comestibles, rouge vif chez l’espèce Crataegus oxyacantha. Les aubépines sont plus ou moins épineuses comme l’indique leur nom vernaculaire, elles conviennent à la perfection pour former des haies défensives. En isolé, l’aubépine peut être conduite sur tige et former un bel arbre d’ombrage de 5 à 10 m de haut.

16D-5-2007 Crataegus x media 'Paul's Scarlet' 6149 redimensL’aubépine est indifférente au sol, supporte bien la sécheresse et n’est pas trop exigeante vis-à-vis de l’ensoleillement. Elle est aussi très rustique. Les cultivars comme ‘Paul ‘s Scarlet’ ou ‘Rubra Plena’ sont souvent greffées sur une espèce sauvage.
 

3 - L’arbre de Judée


16E-5-2007 Cercis siliquastrum 6289 redimensionnerCercis siliquastrum (Photo Vavou)

 

 

16F-5-2007 Cercis siliquastrum 7850 redimensionner










 
Gousses colorées du Cercis(Photo Vavou)

Bien que typique des paysages méditerranéens, l’arbre de Judée Cercis siliquastrum pousse jusqu’en région parisienne. Il est une des rares espèces à présenter le phénomène de cauliflorie. Les petites fleurs, caractéristiques de la famille des Papilionacées, naissent en bouquets serrés, directement sur les troncs et en soulignent le contour de façon étonnante. Les teintes sont plus ou moins intenses mais se rapprochent du rose cyclamen. Les feuilles rondes vert clair accompagnées des gousses rouge brun, apparaissent à la fin de la floraison et fournissent un ombre légère. L’arbre adulte mesure entre 5 et 10 m.
Choisissez un endroit abrité du jardin pour le planter. Il pousse en tout sol, de préférence calcaire et bien drainé. Il résiste bien à la sécheresse. Il n’aime pas être transplanté, choisissez des arbres élevés en conteneur pour faciliter la reprise. La taille est inutile.

4 - Le Melia azedarach

16G-5-2007 Melia azedarach 7295 redimensionner
 
16H-5-2007 Melia azedarach 7744 redimensionnerFloraison et restes de fruits de l’année passée (Photo Vavou)










Melia azedarach  (Photo Vavou)



Encore appelé margousier ou lilas des Indes (ne pas confondre avec le Lagerstroemia qui porte le même nom), le Melia est un petit arbre du sud de l’Himalaya, à croissance très rapide. On le trouve beaucoup en zone méditerranéenne et sur le littoral atlantique mais il parvient à pousser jusqu’en région parisienne. Il arbore un feuillage composé, légèrement denté qui disparaît l’hiver, cédant la place à des chapelets de fruits jaunâtres très décoratifs jusqu’au printemps suivant. La floraison qui a lieu en mai-juin se présente sous la forme de panicules de fleurs étoilées, blanches au cœur pourpre, agréablement parfumées. Les fruits sont toxiques pour l’homme mais appréciés par les oiseaux. Les graines très dures percées au milieu servent à la confection des chapelets tandis que les feuilles sont utilisées comme insecticide.
Plantez-le dans tout sol même pauvre et aride, surtout bien drainant et dans un endroit ensoleillé. Il résiste à -7°C mais repart facilement de la souche.

5 - Le Paulownia tomentosa

16I-5-2007-paulownia.jpgPaulownia tomentosa (Photo Vavou)


Le Paulownia tomentosa est une espèce chinoise, remarquable par la dimension de ses feuilles et sa floraison en épis violets. Son nom est dédié à la fille du tsar de Russie Paul 1er, la princesse Anna Paulowna. Il peut atteindre une taille honorable de 15 m, c’est pourquoi il est souvent planté dans les parcs mais vous pouvez aussi le rabattre les troncs chaque année au ras du sol. Vous obtiendrez alors des pousses de 3 m à feuilles énormes en forme de cœur qui forment un véritable mur de verdure. Malheureusement, ce procédé sacrifie la floraison. Cette dernière s’annonce avant la naissance des feuilles, vers le mois de mai et se présente sous forme d’épis dressés de 25 cm de long, en bout de branches. Les fleurs d’un beau violet clair sont parfumées. Les boutons formés à l’automne peuvent souffrir du gel.


Petite astuce
Pour distinguer le Paulownia, du Catalpa également pourvu de grandes feuilles, comptez le nombre de feuilles insérées sur un même nœud. Le Catalpa en a 3 comme le nombre de « a » dans son nom, au lieu de 2.

Cet arbre, indifférent à la pollution et très rustique (-25°C), apprécie un sol fertile, bien drainé et frais l’été. Plantez-le dans une zone abritée des vents et bénéficiant d’un bon ensoleillement. Des boutures faites en hiver puis coupées à ras vous donneront un buisson de 1 m de haut dès la première année.

6- Autres articles de saison

 

Pour les travaux du mois et la newsletter, voir la colonne à droite, sinon une petite sélection d'articles de saison dans le tableau ci-dessous

 

Plantes d’ornement

Arbres

Vivaces

 

Les rhododendrons

 

Cryptomeria japonica, cèdre sacré du Japon

 

Metasequoia, le sapin chinois

 

Palmiers

 

Roses et rosiers de charme

 

Les campanules

 

Fleurs et feuillage pourpre

 

Davidia, arbre aux mouchoirs

 

Primevères des jardins

Jardins d’ici et d’ailleurs

Techniques

Potager

 

Le jardin Albert Kahn

 

Plantes bio-indicatrices

 

Plantez vos tomates 

 

Val Rahmeh, Menton

 

Osier, le saule de vannerie

 

Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

Divers

 

 

 

 

Dicksonia antarctica, une fougère arborescente

 

Ecorces et troncs décoratifs

 

Echinacées, nouvelle gamme

 

Verveines, élégance et profusion de fleurs d'été

 

 

 

 

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 14:05

Le Magnolia, rescapé du Crétacé, hybridé par un français

 

Magnolia liliflora - les barres 146 redimensionnerLe magnolia fait partie des premières plantes à fleurs apparues sur terre au Crétacé, il y a environ 100 millions d’années. L’arbre a survécu aux différentes glaciations et se trouve encore aujourd’hui à l’état sauvage en Himalaya, au Japon et en Amérique du Nord. Le magnolia est devenu très populaire depuis son arrivée à Nantes en 1730, dans les cales d’un vaisseau en provenance d’Amérique du Nord. Le botaniste Charles Plumier le baptisa ainsi en l’honneur de Pierre Magnol, directeur du jardin botanique de Montpellier. L’arbre mit 20 ans avant de dévoiler sa majestueuse floraison en forme de tulipes rose-carmin... Ce magnolia en provenance de Martinique fut baptisé M. plumeri. Quelques années plus tard, le botaniste Linnée décrivit le fameux Magnolia grandiflora, originaire de l’est des Etats-Unis et apprécié pour son feuillage persistant.

Magnolia blanc 5740 redimensionnerMagnolia x soulangeana à Quimper (29) (Photo Vavou)  


Magnolia 'Capeland' 5624 redimensionner

 

 

On compte aujourd’hui plus de 200 variétés de magnolias à feuillage caduc ou persistant. Leur taille varie entre 3 m (Magnolia stellata) et 30 m de haut (Magnolia grandiflora ‘Florida Géant’). Les hybridations sont très fréquentes ce qui explique la variété de feuillage et de fleurs existant dans la nature. (Photo Vavou ci contre : M. 'Capeland') 

 

 

Magnolia liliflora - les barres 142 redimensionnerLe Magnolia x soulangiana (5 à 7 m) connaît toujours un franc succès depuis sa création vers 1825 par le botaniste Soulange-Bodin dans sa propriété de Fromont en région parisienne. Il est issu d’un croisement entre M. liliiflora (Photo Vavou Ci-contre) et M. denudata et possède de nombreux cultivars. Il demeure le magnolia le plus répandu dans nos jardins avec son homologue, à feuilles persistantes, Magnolia grandiflora.

 

 Les magnolias à feuilles caduques

 

Magnolia sieboldii 21867 redimensionnerLeur floraison spectaculaire paraît dès le mois de mars chez les plus précoces et jusqu’en juin. L’arbre se couvre, généralement avant l’apparition des feuilles, de fleurs aux pétales épais ronds ou longilignes, rassemblés en forme de coupes dressées qui ressemblent à des tulipes. Il existe des magnolias moins connus à floraison estivale dont les fleurs plus petites, retombantes, dévoilent un cœur rouge comme Magnolia sieboldii (Photo ci contre: M. sieboldii en Ecosse, photo Vavou).

 

Magnolia grandiflora 13081 redimensionner

 

 

Le fruit du magnolia est typique ; il se caractérise par une spirale de capsules contenant chacune une graine écarlate.  

(Photo Vavou ci contre : fruit et graines de M. grandiflora)

 

 

 

 

 

Contrairement au M. x soulangeana, presque inodore, beaucoup de magnolias diffusent des effluves puissants de citron ou de fruits exotiques.

La dimension des fleurs peut atteindre 40 cm de diamètre. Les tons varient du jaune pâle (Magnolia x ‘Elysabeth’) au blanc immaculé (Magnolia denudata) en passant par différentes nuances pourpres.

 

Magnolia stellata 17280 redimensionnerLes Magnolia stellata et kobus présentent des fleurs aux pétales multiples, effilés faisant penser à une pluie d’étoiles blanches ou rosées. Attention l’espèce kobus est bien plus vigoureuse que stellata avec 9-12 m de haut au lieu de 3.

 

 

Magnolia stellata au Conservatoire botanique de Brest (29) Photo Vavou

 

Magnolia liliflora offre des fleurs en fuseau aux pétales blancs en dedans et pourpre intense à l’extérieur. La floraison apparait avant ou en même temps que les feuilles, et même souvent au cours de l’été, de façon sporadique.

 

Magnolia rose 17482 redimensionner

La plupart des magnolias à feuilles caduques résistent jusqu’à -20°C. Une gelée tardive peut entraîner toutefois le brunissement des pétales en une nuit. Préférez donc une exposition sud, au soleil ou mi-ombragée pour pallier ce risque. Les jeunes arbres ont des racines plus sensibles au froid et à la sécheresse. Prévoyez un bon paillage à base de feuilles mortes ou de tourbe dès la plantation. L’ombre dense projetée par le feuillage incite à le planter en isolé ou bien en compagnie de bulbes de printemps, au côté d’un cognassier du Japon.

  

Le magnolia à feuilles persistantesMagnolia grandiflora 8212 redimensionner

 

Le Magnolia grandiflora constitue une des rares espèces conservant ses feuilles avec M. delavayi. Il a donné naissance à beaucoup d’hybrides souvent méconnus. Sa floraison paraît moins grandiose que chez les espèces caduques du fait de son étalement durant tout l’été et de la présence permanente des feuilles formant une masse sombre. En revanche, elle diffuse des parfums puissants les soirs d’été.

 

 

Magnolia grandiflora à Bordeaux (33) (Photo Vavou)

 

Plantés souvent dans les demeures de bord de mer, du fait de leur prédilection pour les endroits chauds et humides, de nombreux cultivars présentent, malgré tout, une très bonne rusticité. Magnolia grandiflora ‘North,’ par exemple, résiste à –35°C. Un été long, chaud et ensoleillé permet au bois de se durcir davantage et de supporter de plus grands écarts de température.

Par ailleurs, sa résistance à la pollution a conduit certaines villes comme Nantes à planter M. grandiflora ‘Gallissoniensis’, au port étroit, en zone urbaine.

 

Dans les pays anglo-saxons, on le trouve souvent en bac ou palissé contre un mur sur une terrasse. Il existe des espèces à petit développement comme M. grandiflora ‘Little Gem’ qui ne dépasse guère 2 m. Ses fleurs blanc crème forment des coupes très parfumées entre juin et septembre.

 

Un arbre avec quelques exigences

 

Le magnolia préfère un sol profond, fertile, bien drainé et légèrement acide. Le sol peut être argileux à condition que l’eau ne stagne pas. Enfoncez le(s) tuteur(s) dans le trou de plantation avant de mettre l’arbre. Positionnez le sommet de la motte au ras du sol. Le magnolia déteste être déplacé en raison de la fragilité de ses racines.

 

Magnolia 5618 redimensionnerMagnolias à l'Arboretum Du Poërop à Huelgoat (29) Photo Vavou

 

Le feuillage a tendance à jaunir en présence de calcaire. Apportez de la tourbe ou de la terre de bruyère lors de la plantation et chaque année si les symptômes persistent.

Acer palmatum 'Dissectum Garnet' 5751 redimensionnerL’arbre est assez indifférent à l’exposition, pensez seulement à l’abriter des vents froids. Son large feuillage (surtout chez M. grandiflora) produit une ombre épaisse qui limite le développement de plantes sous sa frondaison. En climat sec l’été, les magnolias caduques à grandes feuilles ont tendance à se dessécher contrairement au M. grandiflora, résistant à la sécheresse avec l’épaisse cire qui recouvre ses feuilles.

 

Magnolia stellata et érable du Japon (Acer plamatum 'Dissectum Hornet') à Quimper (29)- Photo Vavou


Pour obtenir des arbres plus trapus, il est conseillé de pratiquer une taille de formation sur les jeunes sujets. Réduisez de moitié le bois de 1 an après la floraison pour les espèces caduques et au début du printemps pour les persistantes.

 

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 14:58

La fumure de fond crée une réserve durable en minéraux que la plante pourra puiser durant de longues années. Elle s’incorpore généralement au moment de la plantation car elle est constituée de minéraux stables comme le phosphore et le potassium qui se fixent aux particules du sol. Voici comment l’appliquer.

 

     Amendement fumure de fond Audenge (33) Lucasson 26577 redim

Epandage à la plantation- (photo Vavou)

     

1 - A quoi sert-elle ?

 

La fumure de fond est destinée à corriger les éventuels manques en minéraux de votre sol. Elle constitue une réserve d'acide phosphorique (symbole chimique : P) et de potasse (K) notamment, largement supérieure aux besoins immédiats des plantes. Elle est normalement basée sur une analyse de sol qui permet de dire si tel ou tel minéral est présent mais surtout s’il est disponible pour la plante. En effet selon la valeur du pH, certaines molécules demeurent indisponibles pour la plante comme l’acide phosphorique en sol fortement acide (pH de 5,5). Sa carence limite le développement racinaire et de ce fait la possibilité pour la plante d’aller puiser plus loin les minéraux. Parmi les éléments minéraux majeurs (azote, potasse, acide phosphorique, soufre, magnésie, calcium), l’acide phosphorique est aussi le plus difficile à extraire car il doit se trouver à une distance maximale de 2,5 mm de la racine. Ainsi, une carence minérale observée sur la plante est généralement le signe d’un mauvais développement racinaire et non pas de l’absence de cet élément dans le sol ! Souvenons-nous que le défaut de croissance des racines est dû en premier lieu à un sol trop compacté ou à un manque d’eau.

 

2 - L’absorption des minéraux

 

2.1 - La concurrence est dure !

Dans certains cas, la présence d’un élément en excès empêche qu’un autre soit assimilé comme la carence en fer observée en sol calcaire en raison d’une trop forte dose de calcium (Ca), le magnésium (Mg) face à un excès de potassium (K). En sol acide, le phosphore est bloqué, c’est pourquoi son apport sous forme de poudre d’os ou de scories de phosphoration peut avoir un effet coup de fouet en stimulant la croissance des racines.

 

2.2 - Pour une alimentation équilibrée

 

Dessin020La fertilité est limitée par l’élément nutritif le moins abondant à l’image de ce tonneau rempli jusqu’à la douve la plus courte –Photo Vavou

 

Il ne faut pas oublier qu’un équilibre entre la quantité de sels minéraux disponibles est indispensable pour que l’ensemble des apports bénéficie à la plante. En ce sens, la fumure de fond constituée d’acide phosphorique, de potasse, de calcium et magnésium doit être complétée par un apport régulier d’azote en surface, et de préférence, sous forme de matière organique. Cette dernière tout en apportant un supplément d’oligo-éléments, stimule en effet l’activité des vers de terre, avides de matière fraîche. Ces petites bêtes capables pour certaines d’entre elles de filer à plus de 2 m de profondeur se chargent d’une part, de creuser des galeries facilitant la pénétration des racines et d’autre part, de dissoudre des minéraux jusque là indisponibles, grâce à leurs enzymes digestives. Ainsi, les « tortillons » des vers de terre qui ne sont autres que leurs déjections, contiennent 2 à 10 fois la teneur en phosphore et potassium assimilables par la plante par rapport à celle du sol dans lequel ils évoluent !

 

  12B tortillon de lombric 5167 redimensionner

 

« Tortillons » de vers de terre- (Photo Vavou)

 

2.3 - le problème de l'azote

 

12C Fumier de cheval épandage 23774 redimensionnerApport du fumier en surface (Photo Vavou)

 

L’azote ne peut se stocker durablement dans le sol, c’est pourquoi son apport se fait avec une fréquence de 1 à 3 fois par an, sous forme de fumiers, d’engrais verts ou d’engrais azotés. A noter que les éléments azotés immédiatement disponibles pour la plante (cas des engrais à base de nitrates, guano,) doivent être apportés en pleine croissance des végétaux c’est-à-dire à la belle saison et de manière fractionnée car ils sont rapidement emportés par l’eau (pluie, arrosage), sources de pollution des nappes phréatiques. D’autres nécessitent une transformation opérée par les micro-organismes du sol plus ou moins lente et possèdent une action durable (fumier composté, corne torréfiée, sang desséché dans une moindre mesure …). Ils peuvent être apportés dès l’automne sans risque de lessivage ainsi qu’au moment de la plantation ou du semis car ils ne risquent pas de brûler les racines hormis le fumier frais.

 

3- Les engrais phosphorés et potassiques

 

3.1 - Le phosphore

 

Le phosphore est important au pied des fruitiers en particulier car il régule la mise à fleur et la fructification. On le trouve dans la poudre d’os (25%), dans les scories de phosphoration (15%) ou sous forme de phosphate naturel (20 à 30%). Ces engrais contiennent tous du calcium ce qui contribue plus ou moins à faire remonter le pH des sols acides. Les engrais phosphorés contenant du soufre (Superphosphate) sont au contraire utilisés en sol calcaire ainsi que le phosphate naturel du Sénégal (Phospal).

 

Fertilisants phosphorés

Condition de pH

Quantité à apporter pour 100 m²

Poudre d’os

Sol acide (5,5 à 6,5)

2 à 5 kg

Phosphate naturel

Sol acide (5 à 6,5)

2 à 4 kg

Scories de phosphoration

Sol acide ou neutre (5 à 7,5)

3 à 6 kg

Phospal

Sol calcaire (6 à 8)

2 à 4 kg

 

 3.2 - Le potassium

 

Le potassium augmente la résistance aux maladies, assure la formation des tubercules (pomme de terre) et des bulbes. Il complète l’action du phosphore chez les fruitiers en améliorant la saveur des fruits ainsi que la couleur des fleurs.

En terre calcaire, l’apport de potassium est fortement conseillé et doit se faire régulièrement. Dans les autres terres, le fumier pourvoit généralement aux besoins de la plante.

On trouve le potassium dans le Patenkali (30% de K, 10% de Mg), la vinasse de betterave (50% de K) et dans la cendres de bois (5% de K, 32% de Ca). Le Superpotassique est un engrais chimique qui apporte à la fois du phosphore et du potassium (20% P, 20% de K). Des fumures de fond contenant à la fois P, K et Mg sont proposées du style (0N-11P-26K + 3MgO).

 

 3.3 - Comment les apporter ?

 

Amendement fumure de fond 4068 redimensionnerEn absence d’analyse de sol, vous pouvez doubler la dose de K habituellement recommandée pour l’entretien et l’enfouir lors du labour pendant 2-3 années consécutives s’agissant d’un potager.

Pour des arbres ou arbustes, réalisez l’apport, directement dans le trou de plantation au contact des racines. Sur des fruitiers déjà installés, tracez un cercle tout autour de l’arbre à l’extérieur de l’aplomb de l’extrémité des branches et creusez des trous de 30 à 50 cm de profondeur selon la vigueur du porte-greffe, espacés de 50 cm, à l’aide d’une tarière ou barre à mine. Pour les fruitiers conduits en espalier, apportez l’engrais à 1,50 m du mur là où se situent les racines absorbantes.

 

Trous formés à la barre à mine autour d’un arbre (Photo Vavou)

 

Vous trouverez également des compléments sur les amendements organiques dans l’article intitulé « Comment améliorer son sol ? » dans la rubrique « techniques et santé

 

5 – Autres articles de saison

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 10:14

cornouiller cornus-alba-sibirica-vinterLes cornouillers blancs et sanguins sont des cornouillers à écorce décoratives (Cornus sp) qui accrochent le givre et la moindre lumière en hiver. Leur architecture nerveuse ajoute une note contemporaine au jardin. Ils sont beaux en toute saison et poussent sans souci... S’ils fleurissent peu à la différence des cornouillers à floraison printanière, ils conservent en revanche un port arbustif et constituent d’excellente haies libres.

 

 

1 – Des arbustes de haies rustiques

 

Les cornouillers blancs et sanguins brillent de tous leurs feux quand vient l’hiver. Les rameaux dénudés exposent au regard leur écorce fine colorée de rouge, d’orange ou de jaune selon les espèces. Ce sont des arbustes passe-partout le reste de l’année, plus ou moins vigoureux et qui s’adaptent dans tous les sols. Les feuilles opposées sont de forme ovale terminée en pointe. Le limbe est marqué de nervures bien apparentes et prend de belles tonalités rouge pourpre ou jaune d’or à l’automne. Les sélectionneurs ont privilégié des cultivars aux feuilles panachées de blanc ou de jaune afin d’accroître leur intérêt le reste de l’année.

 cornouiller Cornus sanguinea 'Winter Beauty', Brest (29) Co

Cornus sanguinea 'Winter Beauty', Brest (29) Conservatoire botanique national de Brest - Stangalarc'h

 

2 - Variations de rouge et d’oranger

 

cornouiller Cornus sanguinea 'Winter Flame' cornouiller 

Originaire de Chine du Nord et de Sibérie, le cornouiller blanc (Cornus alba) est d’une rusticité exemplaire. Ses rameaux dressés partent directement du sol du fait de sa tendance à drageonner. Il atteint rapidement 3 mètres de haut au bout de 5 à 7 ans mais les cultivars sont d’une moindre vigueur comprise entre 2 m et 2,50 m. Il supporte les sols humides. Des inflorescences aplaties couleur crème s’annoncent en mai, suivies de baies blanches ou bleutées qui persistent d’août à novembre. Les Cornus alba ont tous une écorce rouge qui peut être très foncé à l’instar de ‘Kesselringii’ dont le feuillage est pourpre. ‘Elegantissima’ a des feuilles panachées de blanc et ‘Gouchaultii’ un feuillage bordé de jaune. ‘Aurea’ offre un feuillage doré au printemps qui verdit en été pour finir dans les tons rosés avant de tomber. ‘Sibirica’ est peu drageonnant, ses feuilles sont plus petites et arrondies et sont accompagnées de baies bleues. Il présente une écorce rouge corail spectaculaire. ‘Sibirica Variegata’ au feuillage panaché de blanc est conseillé pour les potées.

Le cornouiller sanguin surtout apprécié pour ses couleurs automnales jaune d’or orangé a donné un cultivar exceptionnel Cornus sanguinea WINTER FLAME Ò‘Anny’ aux rameaux très lumineux jaune orangé mêlé de rouge, surnommé le « Cornus fluo ».

 

Les cornouillers à bois jaune originaires d’Amérique du Nord font partie de l’espècecornouiller cornus sericea flaviramea sericea anciennement baptisée stolonifera. A l’origine, l’espèce est à bois rouge, on retrouve ce coloris chez les cultivars ‘Kelseyi’ (bon couvre-sol et plante en pot), et ‘Baileyi’ (non drageonnant) dont l’écorce verte au départ vire au rouge sombre puis au brun en hiver. ‘Cardinal’ est un nouveau cultivar aux rameaux corail. ‘Flaviramea’ (photo de droite) enfin, est doté d'une écorce jaune clair qui offre un joli contraste avec des cornouillers rouges. Ses fruits sont blancs en automne et il a tendance à drageonner.

 

3 - Soins

 

En climat tempéré, une exposition au soleil direct leur convient très bien ; ils préfèrent la mi-ombre dans le Midi. Le seul soin à réaliser régulièrement pour mettre en valeur les jeunes rameaux est de pratiquer une taille courte au début du printemps, à 10 cm du sol. La souche émet alors des pousses de 1,50 m à 2 m dont la jeune écorce se distingue par ses coloris vifs.

Plantez-les en groupe de 3 à 5 et n’hésitez pas à mêler des teintes pour renforcer les contrastes.

cornouiller Cornus alba 'Elegantissima' 9096 redimensionner  cornouiller Cornus sericea Autumn color

        Cornus alba 'Elegantissima'

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Published by Vavou - dans Arbustes
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 09:52

Acacia dealbata 4751 redimensionner

Arbres du soleil, les mimosas nous font rêver avec leurs rameaux chargés de pompons jaunes parfumés au beau milieu de l’hiver. Appelés de leur nom scientifique Acacia, ce genre englobe des arbres présents sur les continents africain, américain mais surtout australien. Pour les amateurs, ajoutons que la collection nationale de mimosas se situe à Bormes-les-Mimosas chez les Pépinières Gérard Cavatore.

 

1- Mimosa, acacia, petite mise au point sur les termes

Le terme « mimosa » est le nom vernaculaire de l’arbre aux petits pompons jaunes parfois blancs, devenu symbole de la Côte d’Azur mais il désigne en latin la sensitive (Mimosa pudica), cette petite plante dont les feuilles composées se referment dès qu’on les touche. Ne confondez pas non plus le mimosa avec le robinier faux-acacia appelé communément « acacia » même s’ils font partie de la même famille des Fabacées. Le genre Acacia, auquel se rattache notre « mimosa d’hiver », compte plus de 1200 espèces dont la plupart ne résistent pas à nos climats tempérés. Les espèces cultivées en pleine terre chez nous proviennent des zones montagneuses d’Australie et de Tasmanie qui comptent à elles seules près de 800 espèces d’Acacia.


2- De l’Australie à Bormes-les-Mimosas

  Acacia dealbata 24075 redimensionner

L’introduction du mimosa en Europe est assez récente. Des graines de plus de 400 espèces d’Acacia sont ramenées d’Australie et de Tasmanie au jardin botanique de Kew entre 1788 et 1820. Les graines d’Acacia dealbata, notre Mimosa d’hiver, n’arriveront en Angleterre qu’en 1818. On le trouve en France en 1824. Cultivé en 1841 au Jardin des Plantes de Montpellier, il aurait été planté pour la première fois en pleine terre en 1847 à Angers. Il apparaît pour la première fois à Cannes en 1864 dans les jardins du Château de la Bocca. Puis il se propage dès 1870-1875 dans le massif de l’Estérel où il est désormais naturalisé. Aujourd’hui, cet arbre est cultivé pour ses fleurs qui sont utilisées en fleuristerie et en parfumerie notamment à Grasse dans les Alpes-Maritimes. On le trouve aussi sur le littoral atlantique et dans quelques endroits protégés de la région parisienne.

 

Acacia dealbata 'Rêve d'or' 24135 redimensionner

3- Une croissance fulgurante

Ces arbres persistants atteignent généralement une taille comprise entre 3 et 8 m, même si dans leur aire d’origine, ils peuvent dépasser 30 m. Des cultivars de plus faible vigueur comme ‘Rêve d’Or’ existent et sont recommandés pour la culture en pot.

Acacia dealbata fleurit au bout de 2 ans alors qu’il mesure déjà 2 m. En 5 ans, le plant est capable de mesurer 6 m de haut avec un houppier de même ampleur. On peut dire que cet avantage compense le risque que vous prenez en plantant un mimosa dans une région soumise à des hivers un peu rigoureux ! Les mimosas ont une longévité relativement faible de 20 à 50 ans.

 

Photo ci-contre : Acacia dealbata 'Rêve d'Or'

 

 

L’Acacia dealbata, considéré comme l’un des plus rustiques (-10 voire -12°C), rejette facilement de souche et drageonne même si ses parties aériennes ont totalement gelé. Cependant, n’hésitez pas à replanter les rejets dans un coin davantage protégé car les jeunes plants sont très sensibles au gel les trois premières années. Par précaution, la protection hivernale se fera vers le 15 novembre en couvrant le pied de 30 à 50 cm de paille ou de feuilles bien tassées sur 60 à 80 cm de diamètre. Ceci permettra de protéger le pied, la greffe (dans le cas d’un mimosa greffé) et une partie de l’espace racinaire.

 

 

Acacia dealbata 23860 redimensionner

4 - Belle mais invasive

Les mimosas sont si bien naturalisés dans le Sud de la France qu’ils sont même inscrits comme plantes invasives en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Languedoc-Roussillon. Un arbre est capable de produire des graines dès l’âge de 4 ou 5 ans. Celles-ci peuvent être transportées sur de grandes distances par l’eau ou les activités humaines. Elles ont une durée de vie de 50 ans. L’extension des peuplements est essentiellement assurée par le drageonnement et les rejets de souche. Ces deux types de reproduction végétative sont accentués lorsque le mimosa se trouve en état de stress (lésion des racines, taille, coupe…). Pour un effet paysager comparable, et pour une floraison en mars-avril, Sophora microphylla et Sophora tetraptera peuvent très bien se substituer à ces mimosas parfois bien envahissants.

 

5 - Les conditions d’une plantation réussie

Acacia dealbata et A baileyana 24074 redimensionner

 

La floraison s’étale de décembre à mars selon l’essence, la douceur du climat et l’exposition. Plante de soleil par excellence, choisissez un coin recevant 3 h de soleil par jour minimum et à l’abri des vents dominants.

La fosse doit être bien drainée afin d’augmenter la résistance au froid. Le mimosa apprécie nettement les sols acides, sableux ou caillouteux. Cependant, des plants greffés sur Acacia retinodes permettent au plant de mieux supporter le calcaire responsable du jaunissement du feuillage. La greffe limite aussi le drageonnage.

 

Magnolia liliflora 5011 redimensionnerSi vous achetez le mimosa en fleurs, il est préférable d’attendre le printemps pour le mettre en terre. Conservez le plant dans son pot en veillant bien à son arrosage, dans la partie la plus fraîche de la maison.

Creusez un trou 3 fois plus large et profond que la motte. Installez un lit drainant de graviers au fond si votre terre est lourde puis mélangez du terreau horticole (pas d’engrais) voire de la terre de bruyère si votre sol est calcaire. Plantez un tuteur puis positionnez l’arbre sans enterrer le point de greffe. Arrosez régulièrement les 2 premières années.

 

Acacia dealbata 4750 redimensionner

6 - Les mimosas de plein air 

On distingue les Acacia à feuilles composées bipennées comme l’Acacia dealbata de ceux à phyllodes tel que le « mimosa des 4 saisons » (Acacia retinodes). Ces derniers présentent en réalité de fausses feuilles formées par l’aplatissement du pétiole (la queue qui relie le limbe au rameau) et sont de ce fait plus résistants à la sécheresse. 

L’Acacia dealbata est apprécié pour ses généreuses grappes de fleurs très parfumées et sa bonne rusticité. Acacia retinodes brille en revanche par sa floraison, certes moins abondante, mais étalée de mai à novembre. Sa rusticité est moindre ( -8 à -10°C).

Des croisements entre différentes espèces ont donné des cultivars très intéressants comme ‘Le Gaulois’, utilisé en bouquetterie, qui offre une floraison dense jaune soufre en janvier-février. L’arbre mesure entre 4 et 6 m et possède un feuillage fin gris argenté. Sa résistance est - 10°C. A. dealbata ‘Mirandole’ est un cultivar assez vigoureux (8 m) à feuillage sombre, et plus précoce qui fleurit dès la fin décembre.

 

7 - Des mimosas plus rares mais rustiquesAcacia boormanii 24071 redimensionner

 

A. baileyana, introduit en France en 1905, est époustouflant par sa floraison jaune d’or de fin d’hiver. Il possède un cultivar ’Purpurea’ à port retombant dont les jeunes pousses sont carmin pourpre.

 

L’Acacia boormanii à phyllodes vert sombre, encore rare à trouver, s’est révélé plus résistant que dealbata. C’est un petit arbre arrondi de 3 m maximum et qui drageonne peu.

 

 

 

Photo à droite : Acacia boormanii

 

 

 

 

Acacia melanoxylon 24460 redimensionnerA melanoxylon est aussi appelé l’acacia à bois noir. C’est un grand arbre de 8 à 15m touffu et de forme pyramidale. Il supporte la proximité de la mer et peut croître en terrain humide. C’est un mimosa drageonnant. Ses phyllodes, denses, allongés, lancéolés sont vert foncé. Sa floraison, est dense, jaune pâle à blanche en février/mars. Il est assez rustique (-8° -10° C) et peut s’accommoder de sols calcaires.

 

 


Photo ci contre : Acacia melanoxylon
 



 




8 - Des mimosas en pot


Pour une plantation en pot, choisissez des arbres à petit développement comme Acacia dealbata 23834 redimensionnerl’Acacia ‘Le Gaulois’, l'Acacia decurrens aux fleurs jaunes très parfumées, l'Acacia howittii ‘Clair de lune’ à courtes phyllodes légèrement poisseuses, pour l'élégance de sa silhouette pleureuse et sa floraison jaune citron ou encore l'Acacia mearnsii ‘Aestivalis’ pour l'originalité de ses grappes toutes pâles écloses en avril-mai et ses fragrances mêlées de miel et de jasmin. Ce dernier résiste à -12°C.

Acacia dealbata ‘Rêve d’Or’ est aussi une espèce de faible vigueur qui possède un feuillage composé bleu qui contraste joliment avec sa floraison jaune d’or. Il est plus précoce que l’espèce type. A. retinodes PALME D’OR® est une nouvelle obtention idéale sur balcon qui ne dépasse pas 1 m en pot et semble résister en deçà de -10°C.

 

 

Rempotez tous les 2 ans dans un contenant un peu plus grand mais en rapport avec la taille de l’arbre. Un bac de 40 cm de côté convient pour un arbre âgé. Utilisez de la terre de bruyère de pH acide. Maintenez un sol frais surtout pendant la floraison. Effectuez la taille éventuelle des jeunes rameaux juste après la floraison. Ajoutez un engrais plantes fleuries de mars à septembre.

Hivernez dans une pièce lumineuse et fraîche maintenue hors-gel ou protégez la ramure avec un voile d’hivernage doublé si le coin est abrité et paillez la souche jusqu’au point de greffe.
 

Pour plus de renseignements, voir aussi : http://www.pepinieres-cavatore.fr/

 

8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 09:28

Les colorations du feuillage automnal font partie des plus belles scènes que nous offre la nature. Les conditions météorologiques, le sol, les températures et l’aptitude de la plante à se colorer sont autant de facteurs qui influencent l’intensité du flamboiement. Profitez de ce moment magique pour explorer parcs et pépinières à la découverte des plus beaux coloris.

 Acer japonicum 'Aconitifolium', Bordeaux (33) jardin botani

Acer japonicum 'Aconitifolium', érable du Japon au Parc botanique de Bordeaux (Photo Vavou)

 

Pourquoi les feuilles changent-elles de couleurs ?

Bordeaux (33) le Jardin public 36528 redimensionner

 

Ginkgo biloba et cyprès chauve (Taxodium distichum) au Jardin public de Bordeaux (33) (Photo Vavou) 

 

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la baisse des températures qui est responsable de l’embrasement du feuillage mais la diminution de la lumière. Avec la réduction de la durée du jour, la plante fabrique du liège qui vient boucher progressivement les vaisseaux conducteurs de sève au niveau du pétiole (« queue » de la feuille). Les feuilles finissent par épuiser leurs réserves de minéraux et le pigment responsable de la couleur verte, la chlorophylle, commence à disparaître. D’autres pigments – carotènes et xanthophylles – occultés par la chlorophylle pendant l’été révèlent alors leurs coloris jaune orangé. Le Gingko biloba, surnommé « l’arbre aux quarante écus » témoigne admirablement de ce phénomène.

Chez les érables en particulier, les vaisseaux conducteurs de la sève brute ne sont pas entièrement bouchés. Ceci induit une accumulation de sucres dans la feuille provoquant une réaction en chaîne qui aboutit à la production d’anthocyanes responsables de tons rouges très prononcés. Ce pigment a la propriété de varier de couleurs selon l’acidité du sol. En sol calcaire ou alcalin, il tourne au violet. Des nuits fraîches suivies de journées ensoleillées et sèches intensifient sa formation.

 

Les facteurs modifiant la coloration

 

Le choix de l’essence

 

Fraxinus angustifolia 'Raywood' 22868 redimensionnerFraxinus angustifolia 'Raywood' au Parc floral de Bordeaux Lac (Photo Vavou)

 

Le facteur génétique est important. C’est pourquoi certaines variétés d’arbres ou d’arbustes sont multipliées par bouturage afin de conserver ce caractère. Au sein d’une même espèce de chêne rouge d’Amérique par exemple, les différences de colorations sont notables. Afin de mieux se rendre compte de l’aptitude à se colorer, il est préférable d’effectuer votre achat à l’automne. Il faut savoir cependant que le substrat dans lequel l’arbre a été élevé influe sur la coloration de même que l’âge de la plante. Un arbre jeune, à croissance vigoureuse, aura moins de temps pour décliner sa parure d’automne.Fraxinus americana 13090 redimensionner

 

  

  

  

  

  

  

  

Les variétés sélectionnées portent des noms évocateurs tels que Evonymus europaeus ‘Red Cascade’, Cotinus coggygria ‘Flame’, Liquidambar ‘Worplesdon’, Fraxinus angustifolia ‘Raywood’, etc.

 

Frêne blanc (Fraxinus americana) à Pessac (33) (Photo Vavou)

 

 

 

Le terrain

 

Acer campestre 22891 redimensionnerAcer campestre, érable champêtre, Bruges (33) Parc floral de Bordeaux Lac (Photo Vavou)

 

En sol sec, certaines essences développent des coloris plus intenses comme chez l’arbre à perruques (Cotinus coggygria), l’érable plane (Acer platanoides) et champêtre (Acer campestre), le sumac de Virginie (Rhus tiphyna). Attention toutefois à la sécheresse excessive qui provoque une chute prématurée du feuillage après avoir été grillé.

En revanche, les arbres qui apprécient les terres fraîches offrent les plus belles couleurs dans ces conditions-là comme le Liquidambar, les chênes d’Amérique, les érables japonais, les pruniers du Japon (Prunus sargentii…), le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), le Gingko biloba, etc.

 

Le climat

 

Cercidiphyllum japonicum 25029 redimensionnerCercidiphyllum japonicum, arbre au caramel, Nancy (54) Conservatoire botanique national de Nancy (Photo Vavou)

 

La protection contre le vent et le gel associée à un temps humide et calme tend à prolonger le spectacle. Une atmosphère brumeuse aspire en outre à diffuser les parfums dégagés par le feuillage de certaines espèces comme celui de l’arbre au caramel (Cercidiphyllum japonica). Un minimum d’ensoleillement de 4-5 heures par jour est toutefois nécessaire pour prolonger le flamboiement du feuillage.

Vous n’êtes cependant pas à l’abri d’un accident climatique survenu bien avant l’automne tel qu’un gel printanier ou une sécheresse estivale. Ces phénomènes accélèrent le brunissement des feuilles et leur chute.

Ainsi les colorations automnales ont un caractère aléatoire qu’il est difficile de contrôler. Toutefois, le choix des espèces permet de s’assurer d’un beau tableau plus ou moins éphémère.

 

 

Palmarès des couleurs automnales rouge et orangé

 

Le copalme d’Amérique

Liquidambar styraciflua, Bordeaux (33) le Jardin public 365Le Liquidambar styraciflua est un des arbres les plus remarquables à l’automne. Choisissez un sujet plutôt jeune, élevé en conteneur. Même si sa croissance est lente les 2-3 premières années, il ne tardera à faire des pousses de 50 cm par la suite. Son port pyramidal est d’une rare élégance lorsqu’il est planté en isolé. Il atteint une vingtaine de mètres en culture pour 3 à 5 m d’étalement. Le froissement de ses feuilles étoilées dégage une odeur caractéristique de térébenthine.

‘Moraine’, ‘Burgundy’ ont des teintes rouge pourpre sombre à l’automne tandis que ‘Worplesdon’ décline une palette de jaune orangé à pourpre. ‘Festival’ demeure dans les tonalités rose jaune.

Son cousin de Turquie, le Liquidambar orientalis est un arbre de plus petite taille de 6 m de haut, tout aussi décoratif à l’automne.

 

Liquidambar styraciflua au Jardin public de Bordeaux (Photo Vavou ci-dessus)

 

Les chênes rouges d’Amérique

 

Quercus palustris 13465 redimensionnerQuercus palustris, chêne des marais, Pessac (33) Parc du  Bourgailh (Photo Vavou)

 

Les chênes rouges d’Amérique rivalisent de splendeur à l’automne. Ce sont des arbres moyens à croissance rapide, ne dépassant pas 25 m de haut. Leurs feuilles plus ou moins échancrées prennent des tons écarlates variables selon les sujets. Leur plantation en espaces verts est fréquente car ils supportent l’atmosphère polluée des villes.

·       Le Quercus palustris (chêne des marais) pousse dans des sols humides, limoneux ou sableux. Son enracinement est assez superficiel et sa reprise facile.

·       A l’inverse, Q. coccinea (chêne écarlate) demande un sol Quercus rubra 14068 redimensionnerparfaitement drainé et non calcaire. Il forme un arbre de petite taille (10 m). Le cultivar ‘Splendens’ est un des plus spectaculaires à l’automne.

·       Quercus rubra est le plus vigoureux (25 m) et le plus rustique des trois car il supporte les froids canadiens. On le trouve en sol graveleux ou sableux, au sommet des falaises. Le cultivar ‘Aurea’ présente des jeunes feuilles jaune vif au printemps.

 

Quercus rubra, chêne rouge d'Amérique, Cestas (33) Pierroton (Photo Vavou)

 

 

 

 

Le parrotia de Perse

 

Parrotia persica 22874 redimensionnerParrotia persica, Bruges (33) Parc floral de Bordeaux Lac (Photo Vavou)

 

Pour allonger l’instant magique de l’embrasement automnal, adoptez le parrotia de Perse (Parrotia persica). Assez peu répandu, c’est pourtant un arbre de petit développement (10 m) au port évasé, capable de pousser en tout sol. Sa ramure ploie majestueusement jusqu’au sol révélant les nuances de son feuillage pourpre, jaune d’or, orangé, rouge cramoisi, dès la fin du mois d’août. Il semblerait que l’éclat du feuillage soit renforcé en sol légèrement acide et en exposition ensoleillée. Il pousse bien en terre sèche, froide l’hiver, en sol compacté et fertile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les arbres à feuilles d’or

 Les érables aux éclats de feu

  Acer palmatum 'Ozakazuki' 22985 redimensionnerAcer palmatum 'Ozakazuki' dans mon jardin près d’Arcachon (Photo Vavou)

 

Pour un certain nombre d’érables, la teinte jaune des feuilles représente seulement un état passager avant de poursuivre sa course vers un déploiement de nuances orange, rouges et brunes. Pour apprécier longuement cette parure d’or, les espèces les plus communes de nos régions sont de mise comme l’érable plane (Acer platanoides) dont les feuilles rappellent celles du platane. Ces dernières prennent une teinte jaune très brillante à l’automne mis à part chez les cultivars pourpres.

 

Acer platanoides 13860 redimensionnerL’érable sycomore (Acer pseudoplatanus) offre ses limbes dorés au pétiole rouge vif. De taille plus modeste (4 à 9 m), l’érable champêtre (Acer campestre) fait figure de proue en cette saison, planté au sein d’une haie libre. Ses teintes d’or virent parfois au rouge.

L’érable de Cappadoce (Acer cappadocicum), originaire d’Asie, présente des feuilles étoilées dorées à l’automne, ainsi qu’au printemps chez le cultivar ‘Aureum’. Très ornemental, ce petit érable est très apprécié en alignement ou comme sujet isolé dans les collections ou les grands parcs. Les cultivars atteignent rapidement 10 à 15 m sur 5 à 7 m d’étalement (25 m de haut chez l’espèce sauvage).

 

Acer platanoides, érable plane, Nérigean (33) Moulin de la Souloire (Photo Vavou)

 

 

 

 
Le tulipier de Virginie

Liriodendron tulipifera-DSCN3410  Liriodendron tulipifera près d’Arcachon (Photo D. Duquet)

 

Le tulipier (Liriodendron tulipifera) qui constitue des peuplements forestiers au pied des Appalaches est considéré depuis longtemps comme un arbre ornemental de premier ordre. Sa silhouette élancée (35 m en culture), sa longévité exceptionnelle (400 à 500 ans) et sa place très ancienne dans l’évolution des végétaux méritent que l’on réserve une place de choix à un tel spécimen. Ses feuilles, au contour unique dans le règne végétal, adoptent une pigmentation jaune d’or à l’automne et se mettent à virevolter au moindre souffle. Au bout d’une douzaine d’années, vous pourrez admirer ses fleurs en forme de tulipes orangées en juin.

 

 

 

 

 

 Nyssa sylvatica 22898 redimensionner 

 

Une autre fois (dans quelques semaines, quelques mois, c’est la surprise), je vous parlerai aussi d’autres espèces d’arbres qui ont de très belles couleurs automnales comme le Nyssa sylvatica, le robinier ‘Frisia’, les cornouillers, etc. Pour l’instant, voici quelques photos afin de patienter.

 

Le tupélo (Nyssa sylvatica) au Parc floral de Bordeaux Lac (Photo Vavou)

 

 

 

 

Robinia pseudoacacia 'Frisia' 22160 redimensionner

 

 

 

Robinia pseudoacacia 'Frisia', Conservatoire botanique national de Nancy (Photo Vavou)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zelkova serrata 22875 redimensionner

 

 

  

 

Zelkova serrata, au Parc floral de Bordeaux Lac (Photo Vavou)

 

 

 

 

 

 

 

Hêtre (Fagus sylvatica) en forêt de Rambouillet (78) (Photo Vavou)Fagus sylvatica, Rambouillet (78) 36396 redimensionner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cercis canadensis 'Forest Pansy' au Mount Usher Garden (Irlande)

 

Cercis canadensis 'Forest Pansy' au Mount Usher Garden (Irlande), pourpre bronze en saison puis rouge pourpre à l'automne !

Cercis canadensis 'Forest Pansy' au Mount Usher Garden (Irlande), pourpre bronze en saison puis rouge pourpre à l'automne !

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 08:20

 Avoir de beaux massifs de fleurs vivaces n’implique pas forcément de s’y atteler tous les jours pour les rendre impeccables. Il suffit de composer un décor dans un style champêtre où se mêlent des vivaces et quelques annuelles dans un fouillis dirigé. Le choix des plantes est primordial pour s’assurer de leur robustesse et de leur bonne santé. A travers les quelques exemples que nous allons étudier, à vous de jouer pour en tirer les grands principes !

 Lythrum salicaria, La Romieu (32) Jardin de Coursiana 53551

 

Bien préparer le terrain

 

1- Quelques considérations préalables...

 

L’observation des jardins mais aussi des fossés alentours vous donnera une indication sur les plantes qui ne posent pas de problème pour s’installer ou se disséminer. Il est important de savoir quel type de terrain vous avez, à tendance acide (ph <7) comme le sable ou les sols formés sur un massif granitique, neutre (pH =7) ou plutôt basique (pH>7) comme les sols calcaires. D’autre part, la texture du sol influe sur sa capacité à retenir l’eau et les éléments nutritifs. Sur un sol sableux, la plantation de végétaux résistant à la sècheresse est une priorité alors qu’un sol très argileux, gorgé d’eau l’hiver, conviendra à des plantes de berge et ne craignant pas le froid humide. A noter que le sable n’empêche pas que le terrain soit noyé à certaines périodes de l’année, lorsqu’une couche imperméable comme l’alios ou l’argile se situe en dessous. L’apport de matière organique sous forme de compost, de fumier ou d'engrais vert est recommandé dans presque tous les cas, pour fertiliser mais aussi pour améliorer la capacité de rétention des sols sableux et pour alléger les sols lourds (argileux) souvent compacts.

 

2- Installez une base solide

 

Travaillez bien le sol à la bêche ou la fourche-bêche en désherbant soigneusement. Incorporez un engrais de fond, organique de préférence, riche en phosphate et potasse (poudre d’os, vinasse de betterave…) à 10 cm de profondeur puis commencez à installer les vivaces au printemps ou à l’automne, en les espaçant d’environ 50 cm. Etalez du compost, du fumier décomposé ou un paillis de feuilles mortes tout autour et attendez que le sol soit réchauffé pour mettre en place vos annuelles.

Chacune des scènes décrites ci-dessous couvre environ une surface de 1 m², vous pouvez les répéter à l’infini en jouant sur la couleur des fleurs et les essences.

 

Scène 1 : harmonie de pourpres

 

09B Cleome, Lythrum salicaria, Nicotina 9482 redimensionnerScène composée de 3 vivaces peu exigeantes comme la salicaire (1) (Lythrum salicaria), aux inflorescences pourpres dans le fond, l’Agastache foeniculum (2) aux épis bleuâtres et le géranium des prés (Geranium pratense) (3) à fleurs bleues. Quelques annuelles judicieusement installées viennent combler les trous et compléter l’harmonie des tons. Un grand cléome blanc (4) domine la scène accompagné d’un tabac (Nicotiana alata) (5) à fleurs rouges parfumées qui vient se mêler au géranium tandis que les petites fleurs bleu ciel du Lobelia erinus (6) papillonnent çà et là.

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jardin Alexandre Godron à Nancy (54) (Photo Vavou))

 

 

 

 

 

 

Lythrum salicaria, La Romieu (32) Jardin de Coursiana 53551

1-Lythrum salicaria variées au jardin de Coursiana (32) - Photo Vavou

 

Cette vivace de près de 1 m de haut et 60 cm de large, peuple généralement les lieux humides mais pousse aussi parfois dans les fossés. Elle s’adapte à toute terre ordinaire pas trop sèche. Ses tiges imposantes prennent naissance sur un rhizome noueux et se terminent en spectaculaires épis magenta, fleuris de juin jusqu’à l’automne. Plantez la salicaire en plein soleil en fond de massif ou bien en vue sur les berges d’un plan d’eau.

      

2 -Agastache foeniculum - Photo Vavou 09C Agastache foeniculum 19513 redimensionner

Cousine de la menthe, cette vivace herbacée mesurant de 0,50 à 1,20 mètre se cultive comme plante ornementale, mais aussi comme aromatique et condimentaire. Son parfum anisé génère un miel apprécié. Ses épis violacés ou blancs fleurissent sans arrêt de juin aux gelées. Elle convient à la plupart des sols bien drainés (y compris calcaires ou argileux) et se plait au soleil comme à mi-ombre. Protégez le pied avec des feuilles mortes en cas de fortes gelées. La plante se ressème facilement.

 

 

 

 

09E Geranium%20pratense%20'Plenum%20Caeruleum' redimensionn3-Geranium pratense

Plantes couvre-sol de remplissage par excellence, les géraniums vivaces sont très utiles pour occuper l’espace et faire le lien entre les plantes plus imposantes. Leur robustesse, la variété des couleurs, des dimensions et des exigences permetttent de les implanter dans n’importe quelles conditions. Geranium pratense avec son feuillage très découpé à lobes étroits et ses fleurs azurées veinées de pourpre, fait sensation dans un sol riche et frais. Plantez-le au soleil ou à mi-ombre.

 

 

 

 

Petite astuce

La salicaire peut être remplacée par d’autres vivaces moins vigoureuses mais tout aussi florifères comme la coquelourde (Lychnis coronaria) ou le Gaura rose et le cléome par des lys (plantés au printemps).

 

 

Scène 2 : transparence et légèreté pour un coin champêtre

 

09G Cordes-sur-Ciel (81) Jardin des Paradis 21089 redimensiLes tiges anisées du fenouil (Foeniculum vulgare) (1) soutiennent quelques ombelles jaunes qui modèrent les tons pourpres des épis de persicaire (Persicaria amplexicaulis ‘Speciosa’) (2) et des capitules d’Echinacea purpurea (3). Tout se joue dans la transparence et la légèreté du feuillage et des fleurs. Quelques pieds d’origans (Origanum vulgare) (4) clôturent en beauté le massif qui ne manque pas d’attirer une myriade d’insectes butineurs.

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 1- Persicaria amplexicaule ‘Speciosa’- Photo Vavou 09H Persicaria amplexicaule 19515 redimensionner

La touffe lâche, bien feuillue de la persicaire occupe un espace de 1,20 m en tout sens, tout en laissant percer les tiges des autres vivaces. Elle arbore d’élégantes inflorescences rouge carminé de juillet à septembre tandis que son feuillage vert franc prend une vive coloration dorée à l’automne. Plantez-la en sol plutôt frais, à exposition ensoleillée ou mi-ombragée.




     

 

 

 

 09I Echinacea purpurea 20002 redimensionner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2- Echinacea purpurea - Photo Vavou

Cette robuste vivace aux feuilles rugueuses dresse des hampes florales jusqu’à 80 cm de haut. Les capitules pourpres, blancs (comme ‘White Swan’), oranges ou jaunes (présents chez les récents cultivars comme E. ‘Art’s Pride’ ou ‘Sunrise’) sont reconnaissables à leur cœur proéminent brun orangé. Plantez-les dans une terre plutôt lourde et fraîche même s’ils résistent bien à la sécheresse.

 

 09J Origanum vulgare 8203 redimensionner3- Origanum vulgare - Photo Vavou

Champion des situations sèches assommées de chaleur, l’origan ou marjolaine est davantage connu pour ses vertus aromatiques qu’ornementales. Avec leur allure modeste, les touffes restent cependant décoratives très longtemps grâce aux myriades de fleurettes roses ou violacées qui les recouvrent. Pour former des bordures, utilisez des cultivars à forme compacte comme ‘Herrenhausen’ (30 cm) ou bien, ‘Aureum’ (15 cm de haut) et ‘Thumbles Variety’ (40 cm) dont les feuillages sont dorés.

 

Petite astuce

En sol plus frais, l’origan peut être remplacé par une bordure d’alchemilles (Alchemilla mollis) à la floraison jaune chartreux. Semez quelques cosmos de taille moyenne en avril-mai pour étoffer les pieds d’Echinacea assez timides durant la première année de plantation.

 

Scène 3 : dans le style des prairies américaines

     09K Helenium 'Rotgold' 21814 redimensionner2Helenium 'Rotgold' (syn. Helenium 'Red and Gold'), Eupatorium maculatum, Chelone obliqua au Geilston Garden Dumbarton  en Ecosse près de Glasgow (Photo Vavou)

 

 Cette composition réunit de grandes vivaces typiques des prairies américaines, fleurissant du milieu de l’été jusqu’à l’automne. Le fond de la scène est coloré par les panicules vieux rose de l’eupatoire (Eupatorium maculatum) (1) tandis que plusieurs touffes d’Helenium (2) apportent leurs différentes nuances de rouge, de jaune et de bronze. Pour finir, le Chelone obliqua (galane) (3) aux fleurs en forme de casque, étoffe le massif avec ses tiges moyennes. D’autres vivaces que nous ne détaillerons pas ici achèvent le tableau comme l’Helianthus.

 

 

09L Eupatorium cannabinum 'Flore Plenum 21167 redimensionne1- Eupatorium cannabinum ‘Flore Pleno’, proche cousine de E. maculatum - Photo Vavou  

Cette grande vivace dresse des tiges pourpres de 1 m à 1,50 m de haut, terminées par de grands bouquets de capitules rose pourpré, de juillet à septembre. Les feuilles dentelées en forme de lance sont réunies par 4 ou 5 sur chaque nœud. L’eupatoire malgré sa préférence pour les lieux humides, pousse dans tout sol même lourd et calcaire. Plantez-la au soleil ou sous une ombre légère.

 

 

09M Helenium x 'Waltraut 9557 redimensionner2- Helenium hybrides ‘Waltraut’- Photo Vavou

Ses « marguerites » aux tons chauds mesurent entre 0,80 et 1,50 m selon les cultivars et la fertilité du sol. Leurs capitules bien ronds fleurissent en masse en extrémité de tige, de fin juin à septembre selon les variétés. Il existe beaucoup d’hybrides dont les tons se déclinent du jaune pur au rouge en passant par toutes les nuances de brun cuivré comme ‘Moerheim Beauty’. 'Rotgold' n’a pas de teintes bien fixées et ses capitules oscillent entre le jaune et le rouge. Divisez la touffe tous les 3 ans.

 

   

09N' Chelone obliqua 21814b redimensionner3- Chelone obliqua - Photo Vavou  

Cette vivace voisine du Penstemon porte également le nom de galane. D’exigences assez similaires, elle offre un bon développement même en sol pauvre. La touffe atteint 60 à 70 cm en tout sens. Ses feuilles lancéolées et dentées ont un aspect lustré qui met en relief la floraison vieux rose. Les fleurs paraissent en épis terminaux d’août à octobre et sont comparées à de petites tortues (son nom vient du grec kelone, tortue). ‘Alba’ est une forme à fleurs blanches. Plantez la chélone en sol sec à humide et au soleil.

 

 

5- Autres articles de saison

 

Pour les travaux du mois ou pour vous inscrire à la newsletter, c'est dans la colonne à droite, sinon il y a peut-être quelques articles de saison susceptibles de vous intéresser ci-dessous. 

 

Plantes d’ornement

 

 

15C-1-2007Citrus aurantium var myrtifolia 4422         

Oranges, citrons et agrumes rustiques

Cryptomeria japonica 'Broom', Huelgoat (29) Arboretum du Po

Cryptomeria japonica, cèdre sacré du Japon

Metasequoia glybstroboides

Metasequoia, le sapin chinois

  Magnolia liliflora - les barres 146 redimensionner

Les magnolias, roses et blancs

Rosa 'Hyde park' 6999 redimensionner

Roses et rosiers de charme

 08B Campanula portenschlagiana (syn muralis) 7185 redimensi

Les campanules

  Magnolia 'Daphne' (photo du site Internet du jardin de Caer

Les magnolias jaunes

Forsythia 16799 redimensionner

Forsythia

Primula vialii, Gradignan (33) Pépinières le Lann 28747 r

Primevères des jardins

Jardins d’ici et d’ailleurs

Techniques

Potager

  Boulogne-Billancourt (92) Jardin Albert Kahn 24954 redimens

Le jardin Albert Kahn

09CPhalaenopsis--orchid-e-papillon_1865_redimensionner.jpg

 La culture des orchidées

 Niveau de fertilité212

Fumure de fonds

  echium-pininana.jpg

Le Conservatoire botanique de Brest        

Atelier Osier, Mios (33) Salix, Osier 42271 redimensionner         

Osier, le saule de vannerie

Lactuca 'Loloroassa' 19375 redimensionner

Ail, échalotes, salades et radis, à vos semis !

Divers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 15:20
A vos sécateurs !

Le mois de mars est un moment idéal pour la taille des arbustes à floraison précoce ainsi que ceux à floraison estivale ou à fruits décoratifs l’hiver. Dès que les arbustes à écorce décorative commencent à éclore, il est également temps de pratiquer la taille pour favoriser le renouvellement de leur bois coloré.

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1- Taille des arbustes à floraison estivale

Les arbustes à floraison estivale peuvent être taillés assez courts, en hiver et jusqu’au démarrage de la végétation : Buddleia davidii, Fuchsia, Caryopteris, Perovskia, lavatères, tamaris d’été, Clerodendron bungei, Leycesteria, etc.

 

Soyez moins sévères avec les céanothes caducs comme 'Gloire de Versailles', le lilas de Indes (Lagerstroemia) et l'althéa (Hibiscus syriacus) : raccourcissez simplement les rameaux secondaires nés sur les charpentières, à environ 3 yeux.

Cas des rosiers

Finissez la taille des rosiers remontants avant qu’ils ne démarrent de façon trop intensive.

Attention, les rosiers n'ayant qu'une seule floraison au printemps (non remontants) comme la plupart des rosiers anciens sont taillés uniquement après leur floraison car une taille d'hiver aurait pour effet de supprimer tous leurs boutons ! Bien entendu si vous souhaitez profiter des fruits, vous vous contenterez de supprimer les branches les plus anciennes à la base.

Les rosiers rugueux aux gros fruits très décoratifs se taillent légèrement en mars pour ôter les fruits noircis, les tiges sèches ou grêles. 

Taille d'un rosier buisson remontantTaille d'un rosier buisson remontant

Taille d'un rosier buisson remontant

Cas des hortensias

Les hortensias macrophylla sont un cas à part. Ils doivent conserver leurs pousses de l’année précédente quasi entières pour bien fleurir l’été suivant. Vous supprimerez simplement les fleurs terminales avec le bourgeon juste en dessous si ce dernier n'est pas bien formé, et quelques vieilles branches à leur base. 

En revanche, vous pouvez tailler à ras Hydrangea arborescens ‘Annabelle’ en laissant éventuellement les pousses les plus fortes rabattues de 2/3 ou 3/4 de leur longueur. Les hortensias paniculata  sont  rabattus en ne laissant que 2-3 bourgeons sur des branches fortes, sauf si vous souhaitez former un arbuste élevé. Les variétés très précoces de paniculata ('Praecox, 'Sparkling', 'Early Sensation' ou 'Wim's Red')  sont juste nettoyées de leurs fleurs fanées.

 

Note : Les espèces aspera, involucrata, serrata, scandens sont traitées comme les macrophylla ou un peu plus court. 

Suppression des fleurs fanées sur hortensia macrophylla.Suppression des fleurs fanées sur hortensia macrophylla.Suppression des fleurs fanées sur hortensia macrophylla.

Suppression des fleurs fanées sur hortensia macrophylla.

2- Les arbustes venant d'achever leur floraison

Les arbustes les plus précoces comme le cognassier du Japon, le forsythia ou le groseillier à fleurs bénéficient d’une bonne taille juste après la fin de la floraison. N’oubliez pas de supprimer en totalité les plus vieilles branches afin de favoriser le départ de nouvelles pousses depuis la souche.

 

Cognassier du Japon

Cognassier du Japon

3- Les arbustes à fruits ou à écorces décoratifs

Afin de profiter le plus longtemps possible de leurs fruits décoratifs en hiver, patientez le mois de mars pour rabattre les rameaux même s’il n’en reste pas grand chose en cette période. Les oiseaux sont souvent passés par là ! Sont concernés le Pyracantha, le Cotoneaster, la symphorine, le Callicarpa, le Leceysteria, etc.

Les arbustes à écorce ou à bourgeons décoratifs comme les cornouillers ou le saule marsault ont tout intérêt à être taillés au début du printemps, après l’éclosion des fleurs pour le saule. Les jeunes pousses émises après la taille feront l’attrait de l’arbuste l’hiver prochain.

 

A vos sécateurs !
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:05

Traitement pulvérisateur, oidium sur vigne, Audenge (33) L

(photo Vavou)

 

 

Rares sont les jardins exempts de tout ennui de santé. Comme tous les maux, il faut les prendre à temps pour minimiser leur nocivité. Grâce à une identification précoce de la maladie, des mesures légères permettent de s’en défaire rapidement ou de rendre acceptable la contamination. Voici les principales maladies dues à des champignons, des virus ou des bactéries que vous pouvez observer au potager et au verger et les moyens de s’en prémunir.

 

 

1 - Taches, moisissures, flétrissements, marbrures…

 

 

Les symptômes des maladies fongiques sont souvent l’œuvre d’organismes microscopiques qui envahissent les cellules des végétaux : champignons (cas des maladies cryptogamiques), bactéries ou virus. Ceux-ci ont adapté leur mode de prolifération de manière à subsister pendant l’hiver dans les tissus morts, dans le sol ou chez une autre plante hôte. Leur éradication demande une observation attentive des jeunes feuilles, fleurs ou fruits, un traitement préventif dès le réveil de la végétation et parfois l’arrêt total de la culture pendant plusieurs années. C’est le cas de la hernie du chou qui subsiste plus de 40 ans dans le sol !

Les champignons prolifèrent souvent par temps humide et chaud hormis l’oïdium qui préfère une atmosphère sèche. Les bactéries contaminent les tissus en profitant de blessures induites par la taille ou par des ravageurs. Les virus sont transmis d’une plante à l’autre par les piqûres d’insectes (pucerons, thrips...).

 

2 - La rouille

 

Rouille sur Alcea rosea 8640 redimensionnerC’est un champignon facilement reconnaissable lorsqu’il libère ses spores au dos des feuilles. Ces dernières apparaissent sous la forme d’une fine poussière couleur rouille (photo Vavou ci-contre) . Mais il est souvent trop tard pour prévenir la maladie lorsque les spores sont lâchées. Dans la phase qui précède, le dessus des feuilles comporte des taches rouge orangé, parsemées de petites pustules noirâtres.

Cette maladie est fréquente chez beaucoup de végétaux entre mai et septembre : rosiers, roses trémières, pruniers, poiriers, poireaux…

• Traitez avec un fongicide (type manèbe, mancozèbe) dès l’apparition des taches sur la face supérieure des feuilles.

• Eliminez les déchets végétaux car les spores survivent dans les feuilles mortes mais aussi à la surface du sol.

• Evitez de mouiller le feuillage en arrosant.

• Sur les arbres, traitez au cuivre juste avant la chute des feuilles et avant l’éclosion des bourgeons.

• Choisissez des variétés résistantes à la rouille.

 

3 – La moniliose

Moniliose-sur-Malus--Belle-de-Boskoop-_1467_redime-copie-1.JPG 

Moniliose sur pomme (Photo Vavou)

 

La moniliose est provoquée par un champignon capable d’infecter presque tous les organes d’un arbre : les jeunes pousses, les fleurs, les fruits et les rameaux sous-jacents. Cette affection est souvent associée à la pourriture brune et aux attaques de pucerons ce qui finit par nuire fortement à la récolte des fruits et à la santé de l’arbre. Pratiquement tous les fruitiers de la famille des Rosacées sont victimes de la moniliose : pommiers, pruniers, abricotiers, poiriers, cerisiers, nectarines, pêchers, cognassiers…

En hiver, le champignon (Monilia fructigena ou Molinia laxa) se repère par la présence de chancres sur les branches : des rameaux sont desséchés et des lésions à rides longitudinales marquent les branches plus grosses. Des fruits momifiés pendent encore aux rameaux.

Un second champignon Sclerotinia fructigena ou laxa se greffe sur les fruits, reconnaissable à ses anneaux concentriques de duvet blanc associés à une pourriture brune de la chair. Le fruit finit par noircir, se déshydrate et reste attaché à l’arbre comme une momie durant tout l’hiver ! La pourriture brune peut apparaître bien après la récolte des fruits et nuire à la conservation de tout le stock.

 

La contamination se fait dès janvier à partir des chancres ou des fruits momifiés restés sur l’arbre. Le champignon fructifie en janvier en petits coussinets gris qui libèrent des spores. Transportées par le vent ou les insectes, ces spores infectent les fleurs en mars-avril et les jeunes pousses feuillées qui flétrissent 2 semaines après la floraison. Les jeunes fruits sont à leur tour infectés en mai.

Un chancre vient à se développer sur les rameaux dont les fleurs ont flétri ou qui portent des fruits momifiés. Il abritera les formes hivernantes du champignon et le cycle pourra se poursuivre !

• Profitez de la taille d’hiver pour éliminer les chancres et les rameaux blessés ou flétris. Eliminez les branches porteuses de fruits momifiés. Pensez à bien désinfecter le sécateur à l’alcool ou à l’eau de javel le plus souvent possible ;

• Supprimez soigneusement tous les fruits momifiés qui pendent encore aux branches ainsi que ceux tombés au sol. Il est fortement déconseillé de mettre ces déchets au compost, brûlez-les. Pensez aussi à prélever tous les fruits qui brunissent en cours de conservation ;

• Effectuez un traitement fongicide à base de cuivre (bouillie bordelaise) avant le départ de la végétation sur toute la ramure ;

• A la chute des pétales des fleurs, renouvelez le traitement fongicide.

• Surveillez ensuite l’apparition de la pourriture sur les fruits en formation car un simple contact peut contaminer les fruits sains

 

4 - L’oïdium

 

Oïdium sur vigne 9809 redimensionner  Oïdium, Audenge (33) Lucasson M Rouge 41813 redimensionner

 

Oïdium sur feuilles de vigne et sur courgettes (photo Vavou)

 

Presque tous les végétaux sont sensibles à l’oïdium qui se manifeste par un feutrage blanchâtre sur les feuilles. Les rosiers exposés contre un mur sud sont plus souvent atteints car le champignon affectionne les conditions chaudes et sèches la journée et froides la nuit. Chez la vigne, il provoque en outre, le brunissement puis l’éclatement des grains de raisin.

• Arrosez correctement le pied des végétaux et paillez le sol pour maintenir l’humidité.

• Coupez les parties atteintes en hiver et au printemps car le champignon hiverne dans les bourgeons ce qui provoque un débourrement tardif.

• Traitez au soufre ou à la triforine. Chez la vigne, faites 3 applications de soufre, lorsque les pousses ont 2 ou 3 feuilles développées, au moment de la floraison et juste avant que les grains de raisin ne se colorent.

 

5 - Les chancres

 

 6E-06-2006 Chancre sur cerisier 4889 redimensionnerChancre sur tronc de cerisier (photo Vavou)

 

Cette affection se manifeste chez les arbres fruitiers à noyaux (cerisiers et pruniers) par un décollement de l’écorce, associé à un suintement de gomme. Les bourgeons ont souvent du mal à éclore, des pousses se dessèchent, les feuilles sont perforées suite à l’envahissement des tissus par des bactéries. Le chancre européen sur pommier et poirier est l’œuvre, quant à lui, d’un champignon. Le parasite pénètre dans les tissus en automne et en hiver, à l’occasion de blessures, de coupes ou simplement de la chute des feuilles.

L’écoulement de gomme est une réaction de défense face à une attaque parasitaire mais elle n’est pas suffisante pour combattre la maladie. Les cerisiers doux comme ‘Van’, ‘Reverchon’ ou ‘Napoléon’ sont particulièrement sensibles au chancre bactérien.

• Pulvérisez trois fois un produit à base de cuivre avant, pendant et après la chute des feuilles et un quatrième avant le départ de la végétation.

• Eliminez toutes les branches déprimées, noircies, avec un sécateur désinfecté régulièrement à l’alcool.

 

 

 

 6 - Le mildiou

 

Mildiou sur tomate 19616 redimensionner  Mildiou sur Tomate, Primelin (29) Keramu 28296 redimensionn Mildiou feuille pdt2 redimensionner

 

Mildiou sur tomate et pomme de terre (photo Vavou)  

 

Ce champignon infecte notamment la pomme de terre et la tomate mais d’autres formes de mildiou s’attaquent aux oignons, à la laitue, à la vigne... Par temps chaud et humide, des taches noires apparaissent sur les extrémités et les bords des feuilles ainsi que sur les tiges, accompagnées d’une moisissure blanche sur le revers. Cela conduit à l’affaissement de la plante entière. Chez la pomme de terre, les spores, tombées au sol contaminent également les tubercules qui présentent des zones noirâtres, déprimées devenant sèches à la longue qui finissent par pourrir.

La contamination du mildiou se fait à partir de tubercules laissés en terre d’une année sur l’autre ou de plantes qui poussent à proximité. Des spores survivent également dans le sol pendant l’hiver.

• Evitez de cultiver les variétés sensibles comme ‘Bintje’ et ‘Sirtema’.

• Buttez les pieds ou posez un paillage afin d’isoler les parties souterraines et aériennes de la plante.

• Traitez avec un fongicide (bouillie bordelaise, extrait de prêles…) dès que le feuillage sort de terre.

La tomate offre des symptômes similaires sur les feuillages mais un peu moins spectaculaires. Les fruits verts et les tiges brunissent puis deviennent secs et coriaces.

• Espacez suffisamment les plants pour assurer une bonne ventilation autour des feuilles.

• Traitez avec un fongicide. 

• Optez pour des variétés résistantes comme F1 ‘Maestria’ou F1 ‘Fandango’.

 

 

7 - La cloque du pêcher

6A-06-2006 Cloque du pêcherIMG 4910 redimensionner  Symptômes de la cloque, en mai, sur pêcher (photo Vavou)

 

Très fréquent chez le nectarinier et le pêcher, ce champignon se manifeste notamment après un printemps frais et pluvieux. Dès le mois de mars, les feuilles s’épaississent, prennent un aspect cloqué, s’enroulent puis virent au rouge orangé en juin en se couvrant d’un feutrage blanc. Elles finissent par tomber prématurément provoquant l’affaiblissement de l’arbre.

Le champignon hiverne sous les écailles des bourgeons, c’est pourquoi un traitement au cuivre (hydroxyde de cuivre) des rameaux, avant le gonflement des bourgeons au printemps et à la chute des feuilles à l’automne est important. Par la suite, le cuivre agissant par contact, il faut traiter toutes les 2 à 3 semaines selon la rapidité de croissance du végétal et les conditions climatiques.

 

 

8 – La tavelure

Tavelure sur Malus, Primelin (29) Keramu 35260 redimensionnLa tavelure se manifeste sur pommiers, poiriers, amandiers¸ pêchers et pruniers par des taches olivâtres qui s’étendent et deviennent liégeuses. Ces symptômes débutent sur les feuilles avant de d’apparaître sur les fleurs et les fruits. Si ces derniers ne sont pas tombés avant leur maturité, la peau présente des croûtes liégeuses, voire des crevasses noirâtres. La tavelure se manifeste sur pommiers, poiriers, amandiers¸ pêchers et pruniers par des taches olivâtres qui s’étendent et deviennent liégeuses. Ces symptômes débutent sur les feuilles avant de d’apparaître sur les fleurs et les fruits. Si ces derniers ne sont pas tombés avant leur maturité, la peau présente des croûtes liégeuses, voire des crevasses noirâtres. Le traitement au cuivre s’effectue juste avant la chute des feuilles et un second avant le gonflement des bourgeons. La maladie est favorisée par un temps humide accompagné de températures clémentes. Par la suite traitez 1 ou 2 fois avec un fongicide (captane ou mancozèbe) à 2 semaines d’intervalle si le temps est pluvieux.

 

9- Autres articles de saison

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

·        Le potager et le verger

o   Arbres fruitiers pour climats froids : pommier, poiriers, pruniers, etc

o   Economiser l'eau et les arrosages

o   Tomates et basilic ou l’art d’associer les légumes

o   Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o   Les légumes perpétuels

o   Les semis de tomate

o   Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

·        Les plantes d’ornement :

o   Roses et rosiers de charme, quelle classification et comment les utiliser ?

o   Fleurs et feuillage pourpre

o   Les agapanthes aux fleurs d’azur

·        Des idées de visites de jardins pour cet été

o   Les Tropiques au Conservatoire botanique de Brest

o   Le Val Rahmeh, un jardin d’acclimatation à Menton

o   Le jardin botanique de Montréal

o   Le jardin Albert Kahn à Boulogne-Billancourt

  

Outre cet article sur les maladies et traitements des arbres fruitiers, vous pouvez également consulter la page des travaux du mois (colonne à droite) ou vous abonner à la newsletter pour être averti de la publication de mes nouveaux articles de conseil pour le jardin (dans la même colonne).

 

 

21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 19:39

 L’agapanthe (Agapanthus sp.) est une plante luxuriante à ombelles violacées que l’on nomme encore « tubéreuse bleue ». Son nom vient du grec et signifie ‘fleur d’amour’. Jadis familier des jardins, il met du temps à reconquérir nos plates-bandes excepté dans les îles bretonnes où il constitue des massifs entiers. Toujours est-il qu’il suscite l’engouement des passionnés à la recherche de bleus lumineux et de formes originales.

 Agapanthus umbellatus, Primelin (29) Keramu 28307 redimensi


Agapanthus umbellatus dans un jardin du Finistère (photo Vavou)


Agapanthus inapertus 'Cyan' 21762 redimensionnerDes clochettes bleutées

L’agapanthe est originaire d’Afrique du Sud. Il est apprécié pour son feuillage rubané d’un vert brillant qui persiste dans les régions à hiver doux. Appartenant à la famille des Liliacées, il forme un rhizome aux racines charnues que l’on trouve en vente au rayon « bulbes » au printemps. En début d’été, la plante est présentée en pot prête à fleurir.

Les clochettes de fleurs bleu pâle à bleu intense forment une boule rayonnante jusqu’à 20 cm de diamètre sauf chez les agapanthes du groupe inapertus où elles conservent une allure retombante très gracieuse.

Le nombre de tiges florales varie avec l’importance de la touffe (entre 3 et 6). Notez que la floraison n’a pas toujours lieu la première année de plantation.

 

Photo ci-contre : Agapanthus inapertus 'Cyan' (photo Vavou)

    

 

Des rusticités variablesAgapanthus 'Storms River' 20790 redimensionner

- L’Agapanthus campanulatus est le plus rustique (-15°C), il perd ses feuilles avec le gel. Les tiges de 1 m portent des fleurs bleu ciel de juillet à octobre. La forme à fleurs blanches ‘Alba’ ou ‘Storm River’ est aussi très courante.

- Un peu moins rustique (-12°C), Agapanthus umbellatus (syn. africanus) est persistant. Son feuillage vert foncé est surmonté d’une tige trapue de 45 cm. L’ombelle forme une masse de 10 à 30 clochettes bleu porcelaine à bleu intense en juillet-août. On le cultive généralement dans un pot que l’on rentre en hiver.


 

Agapanthus 'Storm River’ (photo Vavou)

 

Une gamme souvent méconnue et inexploitée

 

Il existe énormément de cultivars du fait d’une hybridation très fréquente et de l’engouement que cette plante suscite depuis le 18ème siècle. Mais il est très difficile de les reconnaître car les descriptions sont souvent incomplètes. La plupart des fournisseurs les vendent sous l’appellation « Agapanthe bleu » ou « blanc ». Il est alors intéressant de les acheter fleuris pour apprécier la subtilité des bleus et la grosseur des fleurs. Leur floraison a lieu en juillet-août.

 

Agapanthus caulescens subsp angustifolius en bouton et en fleur (photo Vavou)

   

Agapanthus caulescens subsp angustifolius 9816 redimensionn

 

Agapanthus caulescens subsp angustifolius, Audenge (33) Luc

 

  - ‘Bressingham Blue’ rappelle le groupe des inapertus avec ses clochettes pendantes d’un bleu profond aux reflets argentés, juchées au bout d’une tige gracile.

 

- Des variétés au port compact (30 cm) ont fait leur apparition avec ‘Peter Pan’ et ‘Pinocchio’. Plantez-les dans une rocaille ou en bordure de massif.

 

L’agapanthe est une excellente fleur à couper qui tient plusieurs semaines en vase. On le cultive pour cet usage notamment dans le Var.

 

Agapanthus 'Mood Indigo', Audenge (33) Lucasson 34354 redim

 Agapanthus 'Mood Indigo' -Photo vavou

Audenge--33--Lucasson-M-Triangle_45712.jpgAgapanthus 'Pinocchio' dans mon jardin sur la bassin d’Arcachon

(photo Vavou)

       

Ses exigences

 

Plante de soleil ou de mi-ombre, elle s’accommode de tous les sols à condition qu’elle ait de l’eau au printemps et en été.<!--[endif]-->

 

Un sol argileux très humide en hiver peut occasionner une pourriture des feuilles et du rhizome. Drainez le sol en posant un lit de cailloux sur 5 cm d’épaisseur au fond du trou et n’hésitez pas à pailler la souche juste avant les grands froids.

Protection hivernale de Agapanthus 13992 redimensionner 

Paillage d’agapanthe juste avant les premiers froids (photo Vavou)

Agapanthus umbellatus 1284 redimensionner

Composition de pots d’agapanthe au Domaine de Trévarez (29)

(Photo Vavou)

 

1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 23:00

Avec la fin des grands froids et malgré quelques gelées matinales, les plantations et les semis de printemps peuvent commencer au potager. Cela vaut particulièrement pour l’ail, les échalotes, les laitues et les radis. Ces semis sont très faciles à réaliser, y compris pour les jardiniers débutants. Le respect de quelques règles de base et de petites astuces peut vous y aider.

 

Potager de Greignac 18879 redimensionner

Potager du jardin de Greignac dans le Limousin (photo Vavou)

 

1 – Ail, échalotes et oignons, des valeurs sûres

 

Allium sativum 23044 redimensionnerLe début du printemps (février-mars) est l’époque idéale pour planter les caïeux d’ail rose et disposer ainsi d'une récolte en juillet-août. Facile à réaliser, la culture de l’ail nécessite malgré tout deux conditions. Premièrement, l’ail apprécie les sols un peu lourds (siliceux ou calcaire) où l’eau ne stagne pas. Ensuite il préfère être planté dans une parcelle qui n’a pas reçu de fumier ou de compost depuis au moins 1 an. Pour la plantation elle-même, détachez les gousses périphériques de la tête d’ail (photo Vavou ci- contre) et plantez-les dans des sillons espacés de 20 cm en laissant 12 cm entre chaque bulbe. Placez la pointe vers le haut et recouvrez de 1 cm de terre seulement. Arrosez de temps en temps si le printemps est sec.

 

Allium ascalonicum , échalote, Audenge (33) 29661 redimenSi votre sol est sableux, l’ail ne poussera pas très bien. En revanche, c’est un type de sol qui convient parfaitement à l’échalote (hormis la grise) car son bulbe est particulièrement sensible à la pourriture. Si votre sol est argileux, l’échalote poussera aussi, mais il est peut être préférable, dans ce cas, de la planter au printemps plutôt qu’à l’automne. Le mode opératoire pour la plantation de l’échalote est le même que pour l’ail, il faut juste laisser affleurer la pointe des bulbes.

 

A partir du 15 février, vous pouvez aussi mettre en place les bulbilles d’oignon ‘Jaune de Mulhouse’ pour récolter de très gros oignons en juillet. Jusqu’en avril, c’est aussi l’époque des semis d’oignons jaunes et rouges. Pour réussir son semis, il convient de semer le plus clair possible en lignes ou sur bandes, directement en place, en pépinières ou sous tunnel. Ratissez légèrement et tassez en montant sur une planche. Eclaircissez lorsque les plants ont 4 ou 5 feuilles et repiquez les plus beaux qui arriveront à maturité un peu plus tard. Arrosez puis binez régulièrement entre les plants. Il est inutile d’arroser par la suite.

 

Allium cepa, oignon 19972 redimensionner

Oignons blancs chez Biaugerme à Montpezat d'Agenais (47), (Photo Vavou)

 

2 – Les laitues, une large gamme de variété possibles

 

Lactuca, Doubs (25) Arc-et-Senans 27017 redimensionner

Mélanges de laitue aux Salines d'Arc-et-Senans dans le Doubs (25) (Photo Vavou)

 

La fin d’hiver est aussi le moment de semer les laitues pommées de printemps pour uneLactuca sativa, laitue sous tunnel P17 16077 redimensionner récolte fin avril-mai : vous pouvez vous essayer à la laitue batavia ‘Dorée de printemps’, ‘Rossia’, ‘Marsala’, la laitue ‘Reine de Mai de pleine terre’. La laitue romaine comme ‘Verte Maraîchère’, à la pomme allongée et aux feuilles croquantes, se sème un peu plus tard à partir de fin mars jusqu’en juillet.

  

Il n’est pas inconsidéré de penser d’ores et déjà aux semis des laitues pommées d’été et d’automne des variétés ‘Appia’, ‘Verpia’ ou ‘Elsa’. Vous pouvez aussi mettre en place directement des plants hivernés sous châssis.

Quelles que soient les variétés choisies, semez le plus clair possible en lignes, directement en place, en pépinières ou sous tunnel. Eclaircissez lorsque les plants ont 4 ou 5 feuilles et repiquez les plus beaux qui arriveront à maturité un peu plus tard. Arrosez et binez régulièrement entre les plants.

 

3 – Les radis, faciles à réussir

 

Raphanus sativus, radis 16080 redimensionnerLa campagne de semis des radis débute dès février sous abri et dure jusqu’à fin septembre. C’est l’occasion d’essayer les radis longs, les ronds, les rouges, les violets, les blancs… Lors du semis, veillez simplement à enterrer davantage les graines des radis longs (à 2-3 cm de profondeur). Choisissez des variétés pour culture hâtée sous châssis tant que le sol n’est pas bien réchauffé comme le radis ‘Kiva’, ‘Gaudo’, ‘Gaudry’, ‘Flamino’…

Maintenez un sol frais tout le long de la culture pour éviter le « piquant » de la chair. Cela limitera aussi les invasions d’altises, ces petits coléoptères noirs qui rongent les feuilles.

Comme pour le radis, le navet se sème le plus clair possible, en ligne ou en rang large mais à mi-ombre.

 

L’astuce du jardinier :

Sous un châssis ou tunnel bien exposé, semez en mélange des graines de carottes à forcer, courtes ou demi-longues (type ‘Buror’ ou Nancor’), des radis et plantez de jeunes laitues distantes de 25 cm. Vous obtiendrez une récolte échelonnée des différents légumes.

 

Chassis, Pessac (33) Chez Mr Pin 43007 redimensionner   Potager Lespinasse 16800 redimensionner

 

Plantation de salades sous châssis et légumes en plantation surélevées sur banquette, chez Jean-Marie Lespinasse (auteur du livre Le jardin naturel) Bordeaux (33), (Photo Vavou)

 

4- Autres articles de saison

 

Vous trouverez également sur mon site des articles de saison qui vous intéresseront peut-être et qui concernent :

 

• Soit le potager

o Vertus des légumes de saison (tomates, aubergines, courgettes, poivrons)

o Les légumes perpétuels

o Les semis de tomate

o Le pincement et la taille des tomates, poivrons et melons

 

• Soit les plantes d’ornement :

 

o Les magnolias à fleurs blanches et rose

o Les magnolias à fleurs jaunes

o Le Forsythia, des fleurs de soleil pour le printemps

o Les primevères de jardins

o Les arbustes à fleurs précoces au printemps

o En Jaune et Blanc, les floraisons arbustives printanières

o La taille raisonnée et l’élagage des arbres d’ornement

o L’Hamamelis, l’arbuste aux fils d'or

o La taille des rosiers (il n’est pas encore trop tard pour le faire)

 

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Published by Vavou - dans Potager
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  • Ingénieur horticole et journaliste indépendante, passionnée de plantes et de jardins, je suis à disposition de la presse professionnelle pour leur écrire des articles de fond et mettre à leur disposition une photothèque de 50 000 clichés.
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